17 janvier 2007

Dette, Droits de l'homme et Migrations






















Selon le credo de l'économie mondialisée et libérale, les marchandises doivent pouvoir circuler librement dans un monde "ouvert". Il n'en est pas de même pour les humains et l'actualité nous en donne la preuve régulièrement. La dette et les plans d'ajustement structurel qui en ont été la conséquence, ont déstructuré les économies et la vie sociale des pays qui en sont les victimes, au mépris des plus élémentaires droits de l'Homme. Dans cet exposé nous établissons le lien entre la dette et les migrations et, si nous demandons une annulation totale et inconditionnelle de la dette, nous nous positionnons aussi fermement pour la liberté de chacun de circuler et de s'installer à l'endroit de son choix.
Par Roseline Péluchon, Véronique Racine


HISTORIQUE DE LA DETTE
Qu'est-ce que la dette, quel est le rôle des institutions financières internationales et des Etats du Nord ? La dette est un outil dont se servent les institutions financières internationales et les Etats du Nord pour imposer une même logique économique et financière qui génère et maintient dans une extrême pauvreté des régions entières qui possèdent pourtant d'énormes richesses. Elle est la conséquence de choix géopolitiques ou géostratégiques des pays riches afin de subordonner les pays pauvres à l'idéologie dominante.

La dette totale de l'ensemble des pays en voie de développement est de 2800M$, pour 85% de la population mondiale, c'est à dire 5 milliards d'individus. Il faut mettre cette somme en parallèle avec le montant de la dette des USA qui est 36 000 Milliards $ pour 300 millions d'individus, et la dette totale mondiale est de 60 000 milliards de dolloars. On voit donc que la dette des pays en voie de développement est une somme dérisoire en matière de finance mondiale et pourtant la dette et les institutions financières internationales tuent en masse : selon le PNUD, 30000 enfants meurent chaque jour de causes qui auraient pu être évitées s'ils avaient eu accès aux soins. Les pays du Sud ont été poussés à s'endetter dans les années 60 et 70 sous la pression de 3 acteurs : les banques, les institutions financières internationales et les Etats du Nord. Chacun d'eux avait intérêt à ce qu'ils s'endettent.

Dans les années 60, les banques occidentales regorgent d'eurodollars issus du plan Marshall,pour lesquels elles recherchent des débouchés : les Pays du Sud sont justement à la recherche de fonds pour financer leur développement, notamment les pays d'Afrique qui viennent d'acquérir leur indépendance et les pays d'Amérique latine. Au moment du choc pétrolier de 1973, les pays producteurs de pétrole placeront leurs dollars dans les banques occidentales qui prêteront aussi ces pétrodollars aux pays du Sud. Ces prêts des banques privées aux pays du Sud constituent la part privée de la dette. Au même moment, le choc pétrolier provoque une période de récession dans les pays du Nord. Le chômage et la baisse du pouvoir d'achat font que les marchandises produites au Nord ont du mal à trouver des acheteurs. Les pays riches décident alors de prêter aux pays du Sud afin de trouver des débouchés à leurs marchandises. C'est le plus souvent une aide liée : un pays du Nord prête à un pays du Sud qui en échange lui achète ses marchandises. C'est la part bilatérale de la dette, dette d'Etat à Etat. Enfin, le troisième acteur de la dette est la Banque Mondiale. Fondée en 1944, elle passe en 1968 sous la présidence de Robert McNamara. Celui-ci va utiliser la Banque Mondiale pour contrecarrer l'influence soviétique et les tentatives nationalistes que l'on voit naître dans certains pays nouvellement indépendants.De 1968 à 1973, la Banque mondiale va accorder davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968. Ces prêts sont accordés pour soutenir les alliés stratégiques des Etats Unis(Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, les dictatures au Brésil puis en Argentine et au Chili), ou pour soumettre les pays qui tenteraient d'obtenir leur indépendance économique (Nasser en Egypte, Sukarno en Indonésie...). Ils constituent la part multilatérale de la dette.

Au tournant des années 80, les règles du jeu vont changer et précipiter les pays du Sud dans la crise de la dette. Fin 1979, Paul Volcker, le directeur de la Réserve Fédérale américaine,décide une forte augmentation des taux d'intérêt américains afin de relancer la machine économique américaine en attirant les capitaux. Les pays du Sud avaient emprunté à des taux faibles, mais indexés aux taux américains, et voient brusquement leurs taux d'intérêt passer de 4-5% dans les années 70 à 16-18%. A la même période, les cours des matières premières s'effondrent. Afin de rembourser les prêts, les pays du Sud doivent se procurer des devises par leurs exportations. Ils produisent de plus en plus pour exporter plus : café, cacao, coton, sucre, minerais, etc... arrivent en masse sur le marché mondial, en même temps que la récession au Nord diminue la demande provoquant une baisse des cours. La hausse des taux d'intérêt décrétée unilatéralement au nord et l'effondrement des cours des matières premières, ont précipité les pays endettés dans la crise de la dette. Dès 1982, 14 pays se déclarent en cessation de paiement, c'est à dire incapables à la fois de gérer leur quotidien et de rembourser leur dette. A ce moment les 7 pays les plus riches de la planète mandatent le Fond monétaire international, institution financière issue des accords de Bretton Woods comme la Banque mondiale, pour qu'il mette en place les moyens pour assurer les remboursements : ce sont les fameux Plans d'ajustement structurel. Il est important de noter qu'au sein des institutions financières internationales, les 9 pays les plus riches ont 50% des voix (dont plus de 15% pour les USA, ce qui leur octroie une minorité de blocage) tandis que les 45 pays africains se partagent à eux tous environ 5% des voix ! Les Etats du Nord sont donc bien les vrais décideurs au sein des institutions financières internationales. La dette a été le prétexte pour imposer aux pays du Sud les plans d'ajustement structurel qui ont semé misère et pauvreté et ont déstructuré toute organisation collective et sociale.
PRINCIPALES MESURES CONTENUES DANS LES PLANS D'AJUSTEMENT STRUCTUREL ET CONSEQUENCES SUR LES DROITS DE L'HOMME
Rappelons d'abord 3 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Article 25
Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Article 26
Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet. Les objectifs poursuivis par les programmes dits d'ajustement peuvent se résumer ainsi : assurer le paiement régulier de la dette, ouvrir tous les domaines d'activité d'un pays aux relations marchandes et au capitaux étrangers, prémunir les transnationales contre toute mesure de nationalisation et contre toute contrainte spécifique imposée par un pays donné. Mais nulle attention à la satisfaction des besoins élémentaires des citoyens concernés. De plus, les mêmes "recettes" sont appliquées à l'échelle planétaire, sans tenir compte des différences de conjonctures, économique, historique, ou politique des pays concernés. Nous allons détailler ces mesures.

1. Abandon des subventions aux produits et services de première nécessité
Le Fond monétaire international et la Banque mondiale exigent la suppression des subventions qui permettent de maintenir à un prix abordable pour les plus pauvres la nourriture de base et d'autres biens et services vitaux. Le prix des aliments de base (huile, sucre, riz, lait, etc...) augmente, ainsi que celui du combustible servant à leur préparation mais aussi à l'acheminement vers les marchés des produits agricoles dont les prix de vente répercutent cette hausse. Cela compromet donc le droit à l'alimentation et l'accès à l'eau potable. On a ainsi assisté en 91 au Pérou à une multiplication par 12 du prix du pain en une nuit ; en Zambie en 86, le prix des denrées alimentaires a été augmenté de 120%. Ces mesures sont à l'origine de nombreuses "émeutes de la faim",en 89 au Venezuela ou en Jordanie, en 91 au Pérou, en 99 en Côte d'Ivoire, en 2005 au Niger.

2. Diminution drastique des dépenses publiques afin d'atteindre l'équilibre budgétaire
C'est ce que l'on appelle en France "mesures d'austérité budgétaire", frappant toutes les catégories de dépenses publiques : coupes franches dans les budgets sociaux (éducation, santé, logements, infrastructures), gel des salaires et licenciements dans la fonction publique. Les institutions financières internationales insistent sur le principe de "recouvrement des coûts" auprès des utilisateurs des services publics et au désengagement de l'Etat par rapport aux services de base, la santé et l'éducation. Un rapport de l'UNESCO de 1996 montre qu'en Afrique Subsaharienne, le pourcentage d'enfants de 6 à 12 ans scolarisés est tombé de 55% en 79 à 45% en 95. Et pourtant l'article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme stipule que toute personne dispose du droit à l'éducation. Réduction donc des budgets sociaux, mais pendant ce temps, les Etats continuent à payer la dette, et l'on arrive à des répartitions budgétaires telles que 40% du budget des pays en voie de développement sont consacrés au service de la dette contre 4 à 15% aux services sociaux de base. Cela compromet aussi le droit à la santé, au logement et à un emploi. De plus, en imposant leurs choix économiques aux pays, les institutions financières internationales privent leur population de leur droit à la souveraineté.

3. Dévaluation de la monnaie
La dévaluation a pour fonction de rendre les produits locaux qui sont exportés moins chers et donc plus compétitifs sur le marché mondial. Cependant, pour récupérer la même quantité de devises, il faut vendre davantage, ce qui profite surtout aux grandes plantations commerciales ou aux exportateurs agro-industriels. D'autre part, il se peut que plusieurs pays effectuent la même opération en même temps, se mettant en concurrence et gommant les gains qui auraient pu être obtenus. Dans le même temps, la dévaluation fait que les produits importés deviennent plus chers, les rendant inabordables aux plus démunis. De plus, on a pu voir que ces dévaluations constituent un encouragement à la spéculation contre la monnaie nationale : les riches vendent la monnaie nationale pour acheter des devises ou placent les capitaux à l'étranger avant la dévaluation, pour les rapatrier après, engrangeant les bénéfices.

4. Augmentation des taux d'intérêt pour attirer les capitaux étrangers
Le problème est que, le pays étant en crise, les capitaux étrangers ne viennent pas, ou alors viennent en vue d'une spéculation à court terme,ce qui peut entraîner, en cas de spéculation immobilière, une hausse des prix des logements ou des terrains, limitant encore l'accès au logement. D'autre part, les petits producteurs ou les petites entreprises qui empruntent pour acheter leurs semences, herbicides, machineries,etc... voient leur capacité d'emprunt diminuée, ce qui entraîne une chute de la production, ou se voient étranglés par des prêts impossibles à rembourser, ce qui entraîne des faillites et donc augmente le chômage.

5. Production agricole tournée vers l'exportation au détriment des cultures vivrières
Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les pays en voie de développement doivent accroître leurs exportations et sont incités à abandonner les cultures vivrières traditionnelles destinées à l'alimentation des populations. Elles sont remplacées par un ou quelques produits agricoles d'exportation (soja, café, cacao), ou une ou quelques richesses minières ou l'exploitation d'une activité primaire comme la pêche. Dans 20 pays africains, 1 seul produit de base compte pour 60% des exportations. La fragilité de l'économie s'en trouve accrue car dépendante du cours de cette ressource sur le marché mondial. Et localement, l'abandon des cultures vivrières traditionnelles accroît les déséquilibres alimentaires. Il est frappant de noter que selon le dernier rapport de la FAO, les paysans sont les plus touchés par la malnutrition (« 70% de ceux qui ont faim dans le monde vivent en milieu rural » selon la FAO).D'autre part la recherche d'un accroissement continu de la production (pour faire entrer les devises, pour rembourser la dette) entraîne des dégâts écologiques tels la déforestation, l'érosion des sols et l'atteinte à la biodiversité, ceci constitue une atteinte au droit à un environnement sain. Les taux moyens de croissance annuelle de la production vivrière par habitant ont été négatifs entre 1979 et 1997. Un exemple l'illustre parfaitement : au Malawi, qui était autrefois un exportateur net de produits alimentaires, la production de maïs a chuté de 40 % en 1992, mais la production de tabac a doublé entre 1986 et 1993.

6. Ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières
Le but officiel est de favoriser les consommateurs en faisant baisser les prix sur le marché local. Mais en fait cela permet surtout aux multinationales étrangères mieux armées financièrement et technologiquement, souvent subventionnées dans leur pays d'origine, de conquérir des parts de marché et de s'imposer, provoquant la disparition des producteurs locaux. Un exemple : depuis 1999, les importations de poulets congelés en provenance d'Europe augmentent chaque année de près de 20% en Afrique, entraînant la ruine des petits producteurs locaux. Le mouvement paysan international Via Campesina réclame le droit des populations à définir leur politique agricole et alimentaire, incluant le choix d'une agriculture respectueuse des besoins des populations et de l'environnement.

7. Libéralisation de l'économie, suppression du contrôle des mouvements de capitaux et du contrôle des changes
Elle vise à ouvrir totalement les économies des pays en voie de développement aux investissements, aux produits et services des multinationales des pays du Nord, afin de répondre à leurs desiderata de produire ce qu'elles veulent, où elles veulent et de rapatrier leurs bénéfices sans aucun obstacle et sans aucune retenue. Rapatriements vers les banques du Nord des profits par les multinationales implantées dans les pays en voie de développement, mais aussi "délocalisations" des capitaux des riches des pays en voie de développement vers les pays du Nord, au lieu de les investir dans les économies locales, création de "bulles" spéculatives boursières ou immobilières comme en Asie du Sud Est dans les années 90. Dès les premières difficultés économiques, les capitaux repartent, en déstabilisant le pays qu'ils fuient. Elles favorisent aussi les mouvements de fonds en rapport avec les activités illégales et criminelles (et parmi elles, le trafic des êtres humains dont le chiffre d'affaire annuel est estimé à plus de 12 millions d'euros). Le blanchiment de l'argent sale est facilité par ces réformes. Bel exploit pour des institutions financières internationales qui prônent la lutte contre la corruption ! A titre de comparaison, en 2003, ces rapatriements de profits par les filiales de multinationales installées en Afrique subsaharienne vers leur maison mère se sont élevés à presque autant que l'ensemble des investissements étrangers sur le continent (8,5 milliards de dollars). Elles reprennent d'une main ce qu'elles donnent de l'autre... Ceci revient à l'appropriation des matières premières par les multinationales : pour citer un exemple, la compagnie TOTAL FINA ELF rapporte 12 milliards d'euros à l'Europe, ce qui représente le double des subventions de l'aide au développement.
8. Adoption d'une TVA élevée qui aggrave encore les inégalités
La suppression de barrières douanières diminue les recettes fiscales de l'Etat, qui adopte alors une fiscalité élargie : abandon de la progressivité de l'impôt, TVA généralisée pénalisant une fois encore les plus pauvres et baisse de l'impôt sur les sociétés. Les augmentations de la TVA sont régulièrement à l'origine d'émeutes anti-FMI [ 1].
9. Privatisation massive des entreprises publiques et en particulier les secteurs dits rentables
Cette privatisation est toujours liée à la renégociation de la dette. Elle consiste surtout en une vente à prix bradés des entreprises publiques, profitant aux multinationales ou aux proches du pouvoir. L'argent récolté passe directement au remboursement de la dette au lieu d'être mis au service des besoins de la population. Ces ventes au privé s'accompagnent de licenciements massifs et de réduction des services essentiels auxquels les populations avaient accès (chemins de fer, soins de santé, eau potable...).
Point crucial, l'État perd le contrôle d'éléments stratégiques pour le développement et pour le bien-être des populations locales. En conclusion, citons un extrait du rapport de Fantu Cheru, expert indépendant à la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU en 1999 : "Il y a près de deux décennies que l'application à grande échelle de Plan d'ajustement structurel a débuté d'un bout à l'autre du Sud, et 20 ans constituent une période assez longue pour qu'on puisse avoir une idée de leur efficacité en terme de développement socioéconomique global. L'expérience montre que les politiques d'ajustement structurel ne sont pas compatibles avec les impératifs du développement à long terme des pays en développement. Les faits réfutent l'argument de la Banque mondiale et du Fond monétaire international selon lequel les Plans d'ajustement structurel font reculer la misère et renforcent la démocratie. Au contraire, les Plans d'ajustement structurel ont été conçus selon les principes du laisser-faire qui privilégient, au détriment des libertés civiles et de l'autogestion, l'efficience, la productivité et les groupes participant au commerce d'exportation et à l'échange international. D'un continent à l'autre le bilan est le même : malgré deux décennies de politiques d'austérité, aucun des pays qui s'y sont soumis n'a connu de retournement ; les niveaux de vie de la majorité a fortement diminué. La réforme était nécessaire pour donner satisfaction à des créanciers extérieurs qui exigeaient que le service de la dette soit assuré mais n'a pas profité à un développement axés sur l'être humain. La plupart ont au contraire replongé dans des inégalités croissantes, la dégradation écologique, la désindustrialisation et la misère. "

Malgré les objectifs officiels des prêts d'ajustement, la dette a augmenté et les données recueillies montrent que les Plans d'ajustement structurel compromettent les droits humains fondamentaux sociaux, économiques et politiques (dont le droit au travail, à l'alimentation, au logement, à la santé ,à l'éducation et au développement). La dette et les Plans d'ajustement structurel ont donc des effets désastreux sur les conditions de vie des populations du sud et alimentent ainsi les flux migratoires.

MIGRATION ET MODELE ECONOMIQUE
Même si les migrations ont aussi d'autres motivations, culturelles par exemple, elles sont essentiellement liées au modèle économique qui résulte de l'action des institutions financières internationales, par l'intermédiaire de la dette. Voici comment : Les migrations existent depuis l'aube de l'humanité et l'économie mondiale ne serait pas ce qu'elle est sans les migrations : migrations de peuplement d'abord, migration forcée de l'esclavage, migration « chair à canon » dans la lutte contre le nazisme par exemple et migration des travailleurs enfin, que l'on allait chercher dans leurs villages pour servir l'agriculture, l'industrie ou reconstruire l'Europe après la guerre.
Ce n'est qu'avec la récession économique mondiale que les migrations ont été considérées comme un problème.
Nous rappelons que l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme stipule :
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat,
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Principaux mouvements migratoires :
régions d'origine, régions de destinationNous nous sommes appuyées sur le rapport de la Commission Mondiale sur les Migrations Internationales 2005 (dont le travail a servi de support à Kofi Annan pour l'ONU) et le dernier rapport du Haut-Commissariat aux Réfugiés intitulé "Réfugiés - Tendances mondiales en 2005", du 9 juin 2006. En 2005, le nombre de migrants atteindrait, dans le monde, 200 millions, soit 2 fois plus qu'il y a 25 ans mais à peine 3% de la population mondiale.Ce chiffre est en augmentation très rapide (82 millions en 1970, 175 millions en 2000), et plus rapide que celle de la population mondiale, ce qui signifie que le fait migratoire n'est pas lié à la seule démographie.
La proportion de femmes a considérablement augmenté ces dernières années, elles représentent actuellement 50% des migrants. Si 60% d'entre eux vivent dans les régions développées, 40% restent donc dans des régions peu développées ; cela signifie que « nous n'accueillons pas toute la misère du monde » contrairement à ce suggérait un homme politique français il y a quelques années pour justifier sa politique d'immigration.L'Europe est le premier continent d'immigration (UE 18% des migrants plus ancienne URSS 17%) mais la proportion vivant en Amérique du Nord augmente, l'attraction de l'Europe diminue. Les migrants se répartissent de la façon suivante : 56,1 millions vivent en Europe (y compris ancienne URSS) ; ils représentent ainsi 7,7% de la population européenne 49 millions en Asie 40 millions en Amérique du nord, représentant 13% de la population 16 millions en Afrique 6 millions en Amérique latine 5,8 millions en AustralieLe pourcentage de migrants vivant en Amérique du Nord et dans l'ancienne URSS a augmenté de 1970 à 2000 mais a baissé dans les autres régions du monde (passant de 23% à 18% des migrants en Europe).
Les principaux pays d'émigration sont la Chine (35 millions d'émigrants), l'Inde (20 millions) et les Philippines (7 millions). Les principaux pays d'accueil sont les USA (20% des migrants du monde), la Fédération de Russie et l'Allemagne.

Principaux motifs de migration
"Officiellement, on distingue trois motifs de migrations : le regroupement familial, l'asile politique et le travail. Dans la pratique, les raisons familiales, économiques et politiques se mélangent souvent. Et il ne faut pas oublier que les populations les plus pauvres des pays les plus pauvres ne migrent pas car elles n'en n'ont pas les moyens. " Il faudrait ajouter un autre motif qui n'est pas encore reconnu comme une cause « officielle » de migration mais qui ne manquera pas de l'être hélas, dans les années à venir : ce sont les causes écologiques.

1. Le regroupement familial
C'est un droit stipulé dans l'article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat ». L'article 8 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme dispose pour sa part que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ». Ces personnes viennent donc rejoindre le plus souvent, un membre de leur famille qui a migré pour une raison économique ou politique.

2. Les migrations pour motifs politiques, liées à des régimes répressifs, à des guerres ou à des déplacements forcés
Selon le HCR, le nombre de personnes déracinées a approché en 2005 les 21 millions. Au cours des 20 dernières années, c'est l'Afghanistan qui a produit le plus grand nombre de réfugiés et c'est l'Iran qui a accueilli le plus grand nombre de demandeurs d'asiles (4,5 millions), suivi par le Pakistan. Fin 2005, à eux deux, ces pays hébergeaient 1 réfugié sur 5 dans le monde. Beaucoup de demandeurs d'asiles viennent de pays en voie de développement et sont accueillis pour les 3/4 par d'autres pays en voie de développement. Le dernier rapport du HCR note une baisse de 14% des demandes d'asile dans les pays industrialisés par rapport à l'année dernière. L'Europe ne reçoit qu'1/3 des demandes d'asile, mais reste en tête des demandes dans les pays industrialisés, devant l'Amérique du Nord. Les demandeurs sont principalement originaires de Chine, d'Irak, de Serbie-Monténégro, de Russie, et de Turquie. Deux points à noter : on voit d'une part que ces demandeurs d'asile sont originaires de zones de conflits armés ou de dictatures et ne sont pas des migrants économiques comme les discours officiels voudraient nous le faire croire, et d'autre part on constate aussi qu'ils ne sont pas originaires des zones de conflits situés dans les régions les plus pauvres comme la République démocratique du Congo ou l'Angola. Disons le une fois encore, nous n'accueillons pas toute la misère du monde !
Le rapport du HCR signale une augmentation du nombre de "déplacés internes", personnes vivant dans des situations similaires à celles des réfugiés mais dans leur propre pays : 6,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leurs frontières nationales. La Colombie à elle seule compte 2 millions de déplacés. Et on pense bien entendu au Soudan, où fin 2005 le HCR dénombrait 842 000 déplacés. Il faut rappeler ici le soutien des Institutions financières internationales aux dictatures, que ce soit en Amérique latine (Argentine, Chili...) en Afrique (Mobutu) ou en Asie. En Indonésie, la Banque mondiale a soutenu le projet de transmigration de Suharto qui a déplacé plusieurs millions de personnes, provoquant d'irréversibles dégâts humains et écologiques [ 2].

3. Les migrations économiques ont deux origines La dégradation des conditions de vie
d'abord : avec les programmes d'ajustement structurel, le démantèlement des services publics, les privatisations, les "restructurations", toutes ces mesures entraînent une augmentation massive du chômage dans les pays concernés. Les dévaluations, augmentation de la TVA, suppression des subventions aux produits de bases, entraînant une hausse importante du coût de la vie, rendant inaccessibles un certain nombre de biens de premières nécessités. De plus, la dégradation du système scolaire détruit tout espoir pour les familles de voir leurs enfants accéder à une vie meilleure et enfin, la dégradation des systèmes de santé réduit considérablement l'espérance de vie.
Pour absorber la main d'oeuvre rurale, la CNUCED (Conférence des nations Unies pour le Commerce et le Développement) insiste sur l'appropriation des technologies. En 2000, on estime que les adultes des PMA avaient été scolarisés trois ans en moyenne. Moins que dans les pays en développement en 1960.

L'accroissement des inégalités
entre le Nord et le Sud ensuite : il est démontré, même à partir des indices économiques dominants. Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), en 1975, le PIB par habitant dans les pays industrialisés était de 41 fois celui des pays à faible revenu, en 2005 il est de 66 fois supérieur !
En 2000, le PIB/habitant était de :
Asie du Sud : 2 740$
Europe de l'Est : 7 500$
Amérique Latine : 6 990$
Afrique du Nord : 5 370$
Afrique Subsaharienne : 1750$
Pays industrialisés : 28 500$
D'autre part, les 20% les plus riches possèdent 74% du revenu mondial tandis que les 20% les plus pauvres se partagent 2% du revenu mondial. Enfin, soulignons aussi que plus de 550 millions de travailleurs vivent avec moins de 1$ par jour (au nord, malgré le coût élevé de la vie, les migrants gagnent 20 à 30 fois plus que chez eux). On ne peut parler des migrations économiques sans évoquer le trafic des êtres humains, qui concernerait entre 700 000 et 2 millions de victimes et comprend les trafics de femmes et de mineurs, le proxénétisme ainsi que la traite de main d'oeuvre illégale. Il constituerait l'une des activités les plus rentables du crime organisé, avec des recettes appréciées à 12 milliards de dollars par an, trafic facilité bien entendu par le maintien des paradis fiscaux et du secret bancaire.

4. Les migrations écologiques
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe se penchait récemment sur la question et estimait que "les migrations des réfugiés écologiques pourraient devenir l'un des plus grands défis démographiques du XXI siècle", avançant des chiffres de 25 millions de personnes concernées d'ici 2010. Parmi les dégradations de l'environnement qui génèrent des déplacements de population on trouve : la déforestation, la désertification et la pollution qui sont le résultat, entre autre, d'une agriculture productiviste destinée à l'exportation. Certains dirigeants acceptent même les déchets toxiques des multinationales du Nord et empoisonnent ainsi l'avenir de leur population alors même que celle-ci est déjà privée des moyens de se soigner. Ensuite, il y a les catastrophes dites « naturelles » dont le nombre a augmenté car elles sont en partie liées au modèle de développement actuel.
On constate qu'elles font plus de victimes et de dégâts dans les pays pauvres car ils sont privés des différents moyens de prévenir et de se protéger de ces évènements. Parmi les causes de déplacements, il y a aussi la construction de certaines infrastructures énergétiques (grands barrages, oéloducs...) qui sont des aberrations écologiques, financés là aussi par la Banque mondiale. Ces désordres écologiques sont liés aux choix politico-économiques mondiaux. Ils sont donc aussi les révélateurs de l'échec de ce modèle néolibéral.

CONCLUSION
L'évolution des migrations est pour l'essentiel liée au modèle économique néolibéral imposé au monde par les institutions financières internationales et la dette est l'outil dont elles se servent pour soumettre les populations à cette logique perverse. La preuve est que pour 1 dollar emprunté par les pays en voie de développement en 1980, ils en ont remboursé 11 à ce jour et en doivent encore 4 !
Par ailleurs, nous tenons à rappeler que les migrants ont envoyé 167 milliards de dollars vers leurs pays d'origine en 2005 ce qui représente une fois et demie l'Aide Publique au Développement mondiale. Il faut donc annuler totalement et inconditionnellement la dette et les Plans d'ajustement structurels afin de redonner aux populations les moyens de se développer et de s'épanouir comme elles le désirent et là où elles le désirent. Notre propos n'est pas d'annuler la dette en vue de lutter contre les migrations que nous réaffirmons être un droit humain fondamental.
Le phénomène migratoire est un thème sensible car il soulève des questions complexes identitaires et sociétales, et c'est la raison pour laquelle il est instrumentalisé par le personnel politique, en particulier à chaque campagne électorale. La trop fameuse « maîtrise des flux migratoires » sert de prétexte à des pratiques discriminatoires, xénophobes et racistes mais, ne tombons pas dans le piège : la convergence entre la mondialisation, la dette et l'accroissement des migrations doit nous amener à nous interroger en priorité sur la logique même de ce système économique.
Notes:
[1] comme au Ghana où son introduction au printemps 1995 a entraîné une hausse des prix de 60 % environ, ou au Niger en 2005
En cas de reproduction de cet article, mentionnez s'il vous plaît la source.

Par Roseline Péluchon, Véronique Racine

MRE : attention aux dérives du « Nous » et « les autres »




















Le réflexe professionnel du sociologue, précise Pierre Bourdieu, « est de rappeler que les divisions entre les âges sont arbitraires » (1). C’est cette réponse de bon sens que j’ai estimé utile de soumettre à la réflexion de certains internautes qui, ne partageant pas une analyse (2) consacrée aux droits civiques des MRE, développent une argumentation qui m’inquiète et m’interpelle. Ils nous suggèrent, en fait, à partir d’un critère biologique, l’âge, un « Nous » et « les Autres » porteur de désunion et de confusion.

En effet, l’un (Sami) de ces internautes commence son commentaire en précisant que « cette actualité, (il s’agit ici, rappelons le, du droit de vote et de la création d’un CSCME), n’ « intéresse que certaines personnes d’un certain âge en mal de reconnaissance en France et qui rêvent de pouvoir, de conseil ou d’expertise dans le cadre du Haut Conseil des MRE ». ». Cet argument devient plus explicite lorsque cet internaute ajoute : « Il s’agit pour nous, jeunes, de défendre nos acquis en France car c’est en France que nous vivons et que c’est en France que notre avenir se joue… ».

Ce point de vue, corroboré par d’autres commentaires, soulève des questions de fond et mérite qu’on y accorde toute l’attention requise. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé utile d’essayer d’y répondre sans détour.
En premier lieu, il me semble important de souligner l’importance de cette opportunité de dialogue et d’échange que nous offrent les différents forums internet dédiés aux MRE. Car, en effet, épurés de quelques excès de langage et d’une certaine dose d’agressivité (voire des injures) ces forums, qui s’imposent de plus en plus comme de véritables outils d’information et espaces d’expression, peuvent nous permettre d’instaurer entre nos concitoyens marocains éparpillés à travers le monde des liens de dialogue et d’échange très forts et utiles. D’antant plus que la franchise et la spontanéité qui caractérisent généralement les opinions qui s’y expriment dénotent avec une certaine pratique de la langue de bois en vogue de nos jours. Par conséquent, il n’est pas exagéré de dire qu’aucun décideur sérieux et aucun chercheur averti ne peut aujourd’hui ignorer ces espaces ou négliger les avis qui s’y développent quotidiennement, car ils ne manquent pas de pertinence.

La deuxième raison qui me pousse à réagir aux déclarations des différents internautes s’explique surtout par le fait que quelques unes des idées qu’ils défendent au sujet des l’exercice des droits civiques m’inquiètent. La lecture des commentaires qu’a suscités l’un de mes articles, ou d’autres articles (entretiens) abordant ce thème (3), laisse apparaître, effectivement, deux tendances alarmantes. La première tendance est au fond une posture de renoncement et de résignation doublée d’une manière très particulière de concevoir la nature des liens et des rapports des MRE avec le Maroc. Quand l’un (Sami) de ces internautes, abordant (le 26-12-06) la question de la participation des MRE aux échéances politiques de 2007, affirme que « le Maroc a déjà pensé à ses "représentants" comme il sait le faire ! », il ne fait qu’admettre un fait accompli et cautionner une pratique peu démocratique qui ne correspond ni à l’idée que nous faisons tous d’un Maroc moderne, débarrassé de tous ces grands maux qui gênent son évolution (corruption, clientélisme, abus d’autorité…), ni à l’esprit des initiatives prises dans ce sens depuis le début des années 2000. Cette attitude de renoncement est partagée par un autre internaute (Raouf) qui déclare (28/12/06) sur le même registre que « Rabat a déjà donné le ton du model de représentativité qu’elle souhaite » et que le reste n’est, je le cite, que « spéculation » et « gesticulation ». Un certain Amazigh (pseudo) écrit pour sa part (26/12 à 17:05) à propos d’un autre article (4) : « Moi, je trouve cela complétement dangeureux de "rappeler" aux jeunes qu’ils sont marocains alors que l’environnemment dans lequel il faut qu’ils se battent et se défendent est ici...Ce constat fait partie des enjeux nouveaux dont il faut tenir compte. Mais, bon… » (la déclaration est reproduite textuellement).

Devant ce flot de pessimisme et face à cette attitude défaillante, il n’est pas inutile de rappeler quelques vérités. La revendication par les MRE d’une participation politique juste et entière dans le pays d’origine est avant toute chose une question de droit et d’égalité devant la citoyenneté. La renier équivaudrait à commettre un déni de droit et une injustice à l’égard de 3 millions de MRE. Cette revendication n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement d’un long combat mené depuis des années par quelques ONG et une poignée de personnes visionnaires. Elle s’est imposée progressivement pour prendre, surtout depuis novembre 2005 (Discours de SM le Roi), une dimension particulière : le droit de vote et d’éligibilité des MRE s’impose désormais comme un droit fondamental reconnu et affirmé par l’autorité suprême du pays. Par conséquent, quoi de plus normal et de plus démocratique que de continuer à militer pour que ces 3 millions de marocains puissent exercer d’une manière effective leurs droits civiques dans leur pays d’origine ?

De nombreux indices (enquêtes et sondages) confortent cette idée. Ils montrent à quel point les MRE sont désireux de prendre part au processus de modernisation de leur pays et, en même temps, ils nous révèlent l’étendue des contraintes et obstacles qui empêchent la concrétisation de ce désir. En effet, à la question « qu’elle est la raison principale qui vous empêche de retourner vivre au Maroc ? 72 % de nos compatriotes établis à l’étranger désignent l’injustice (34 %) et la corruption (38 %) comme étant les deux fléaux qui entravent l’évolution de notre pays et contrarient leur volonté de retour et d’installation (définitive ou provisoire). Ce ne sont donc pas les attaches, ou l’absence d’attaches (familiales et sentimentales) avec le pays d’origine qui constituent l’obstacle premier à ce retour ; elles ne sont citées que par 7% des personnes interrogées. La thèse de l’effondrement du mythe du retour a donc du plomb dans l’aile.

Par conséquent, et afin de réduire ces inquiétudes et de lever ces obstacles (réels ou imaginaires), il me semble impératif que les MRE puissent exercer leurs droits civiques et bénéficier d’une représentation réelle au sein des principales institutions nationales (Parlement, fondations, Conseils d’Administration des Banques et grandes entreprises…). C’est également pour ces mêmes raisons que la mise en place d’un CSCME, apparaît indispensable, car cette structure peut à la fois fournir, sous certaines conditions de fond, le cadre idéal pour mener une vraie réflexion sur la question de la participation des MRE au développement de leur pays et pour permettre, en même temps, une meilleure compréhension des problèmes qui les concernent directement que ce soit dans le pays d’accueil ou dans leur pays d’origine. Refuser, pour une raison ou une autre (stratégique, politique), d’admettre cette réalité, continuer à ignorer l’importance de cette relation étroite entre l’exercice de droits civiques et l’amélioration des conditions de vie des MRE, ici et ailleurs, s’obstiner à décourager les MRE et les inciter à renoncer à revendiquer l’exercice de ces mêmes droits (vote et éligibilité), sont certainement les plus piètres services à leur rendre et à rendre au pays.

La deuxième tendance qui caractérise le discours et l’argumentaire de ces « jeunes » internautes, et qui mérite que nous y prêtions attention, consiste à ranger les marocains établis à l’étranger dans deux catégories distinctes presque en opposition : jeune et « personne d’un autre âge ». Cette classification qui prend comme critère de base un élément d’ordre exclusivement biologique : l’âge, pose de nombreuses interrogations.

Les commentaires et les positions que j’ai retenus pour les besoins de la démonstration, reflètent effectivement une tendance dangereuse qui vise à créer de nouvelles cassures au sein de la communauté MRE : « On ne fait pas du neuf avec du vieux ! Par contre ce qui est vieux peut prendre conscience qu’il n’est plus utile ! », estime une internaute (Loubna). Ce passage, qui peut être retenu comme thème d’un débat philosophique sur « l’utilité du vieux » dans une époque où la perte de repères et la dilution des valeurs dans les eaux troubles de modes sociales et culturelles éphémères, porte les germes de la désunion et de l’affaiblissement.

D’autres commentaires, adoptant la même tonalité, franchissent un pas de plus dans cette dérive en ces termes : « De quel droit ce monsieur se permet de parler des jeunes……. Nous ne sommes plus dans les années 60 et nous n’avons plus besoin de porte-parole et notre avenir est en France ! Autrement on serait déjà au Maroc !!! » (Faiçal le 27/12 à 19/55). Prenant la personne interviewée (5) à partie ce même internaute poursuit : « Cessez Monsieur de rêver et les personnes de votre âge devront par humilité s’abstenir de parler au nom des jeunes sur lesquels vous ne savez rien……….. »

Deux autres internautes surenchérissent en ces termes : « Monsieur (…) rentrez au Maroc il y a quoi faire pour vous au niveau des prochaines élections législatives ! Les jeunes franco-marocains ont d’autres attentes et ne se retrouvent plus dans vos débats qui n’intéressent personne ou du moins ceux de votre génération » (Nassr le 26/12 à 17:43).
« Moi, je trouve cela complètement dangereux de "rappeler" aux jeunes qu’ils sont marocains alors que l’environnement dans lequel il faut qu’ils se battent et se défendent est ici...Ce constat fait partie des enjeux nouveaux dont il faut tenir compte...Mais, bon.. » poursuit un certain Amazigh (26/12 à 17:05).

Ces jeunes ( ?) qui s’expriment sous des pseudonymes (qu’on retrouve sur plusieurs forums) et qui visiblement ne partagent pas l’acharnement de certains MRE « d’un autre âge » à défendre les droits les plus légitimes des MRE, se placent dans une position étrange de confrontation directe et de rupture avec les « Autres » MRE, parce qu’ils sont, tout simplement, d’un « autre âge » ou des « années 60 ». En tout cas, ces « jeunes » ne semblent pas saisir toute la portée de leurs déclarations et les risques que comporte cette attitude fataliste et ce discours défaitiste qu’ils véhiculent à travers les forums MRE à moyen et à long terme .
En réalité ces déclarations doivent nous alarmer. Elles contribuent à favoriser, d’une manière insidieuse et diffuse, l’avènement d’un « Nous » et « les Autres » d’un genre nouveau que je traduirai, pour l’instant, par un JME (Jeunes Marocains de l’Etranger) et un VME (Vieux Marocains de l’Etranger). Ces deux catégories de MRE sont, dans le discours des internautes cités en exemple, en totale opposition. Et c’est là le vrai danger et la raison profonde de mon inquiétude.

Certainement. Il faut impérativement et le plus rapidement possible, prendre au sérieux et en considération les mutations profondes que connaît la communauté MRE. C’est une question de bon sens et de bonne gouvernance. En effet, si pour un « ancien » immigré les questions de son isolement dans des foyers délabrés, du transfert (de plus en plus cher) de sa pension de retraite et des ses économies au pays ou de son retour définitif à son village, constituent des questions prioritaires, ce sont des attentes, et des aspirations d’un autre ordre qui préoccupent et déterminent l’action d’un jeune issu de l’immigration. Mais, pour répondre aux problèmes qui lui sont posés dans le pays d’accueil ou de naissance en termes d’insertion, de promotion sociale, d’emploi, de formation, de citoyenneté, d’égalité des chances, ce jeune n’a nul besoin d’instaurer des cloisons entre lui et ses « aînés » ou ceux, que certains se plaisent à désigner par personnes d’un « autre âge » ou des « années 60 ».

S’interroger sur les raisons et les effets de ces mutations pour y apporter les réponses les plus adaptées est non seulement l’affaire des sciences sociales (la recherche universitaire sur cette thématique reste déficitaire) et des ONG, mais elle doit être l’une des priorités majeures des autorités marocaines. Les pays d’accueil ont, bien entendu, leur rôle à jouer et leur part de responsabilité à prendre dans l’accompagnement de ces mutations et la mise en place de politiques efficientes susceptibles d’y apporter les réponses les plus adaptées.
Cependant, si certains aspects de cette mutation doivent être revendiqués par les jeunes issus de l’immigration, il n’est ni pertinent ni constructif d’en faire une ligne de rupture ou de séparation entre les immigrés marocains : d’un côté les « JME » et de l’autre les « VME ». Car, tenter de construire d’une manière arbitraire à partir d’un aspect particulier qui est l’âge, des lignes de séparation entre un « Nous » jeune (naturalisé ou né sur le sol du pays d’accueil) et les « Autres » MRE d’un « autre âge » ou d’une « autre époque », est non seulement une aberration, c’est une attitude irresponsable et dangereuse. Pour revenir à Pierre Bourdieu qui écrit que « la jeunesse n’est qu’un mot », il me semble plus sain de replacer les réactions des « jeunes » internautes cités dans leur contexte tout en soulignant avec force l’idée mise en évidence par cet éminent sociologue qui consiste à montrer que « les classifications par âge (mais aussi par sexe ou, bien sûr, par classe...) reviennent toujours à imposer des limites et à produire un ordre auquel chacun doit se tenir, dans lequel chacun doit se tenir à sa place » . Malheureusement, le « Nous » et « les Autres » que les jeunes internautes proposent aujourd’hui ne peuvent conduire qu’à cet « ordre » très particulier souligné par Bourdieu.

Il y a, sans doute, des ruptures, nécessaires et salutaires, qui doivent être réalisées très rapidement pour inscrire l’image, les actions, les projets et les revendications des MRE dans les réalités d’aujourd’hui. En revanche, il serait nuisible de créer en leur sein des lignes de partage sur la base de critères arbitraires et artificiels tels que l’âge ou la condition sociale et professionnelle. En revanche, il serait plus pertinent et plus constructif d’établir un vrai cahier de doléances qui tient compte des intérêts des MRE dans leur ensemble. Cet « Ensemble », qui doit se construire sur la base de critère rationnels et réfléchis, avec et pour tous les MRE, pris dans leur diversité et leur pluralité, doit être promu et défendu farouchement par tous.

Ce travail, auquel les ONG doivent prendre une part importante, apparaît aujourd’hui, pour des raisons objectives, comme nécessaire et même urgent. C’est, en premier chef, aux autorités nationales qu’incombe la responsabilité de prendre en charge le dit travail et de proposer les initiatives les plus fortes et les plus concrètes pour éviter que le fossé ne se creuse entre les différents tendances qui composent la communauté MRE et entre cette dernière et le Maroc. Quid des centres culturels, de l’ELCO, des échanges culturels, du co-développement, de la formation et de la lutte contre les discriminations (emploi, logement ) qui frappent nos concitoyens sans distinction ; « jeunes » ou « d’un autre âge », des « années 60 » ou de ce millénaire.

1) P. Bourdieu (Entretien avec Anne-Marie Métailié, paru dans Les jeunes et le premier emploi, Paris, Association des Ages,1978),
2) Article : « Le CCDH et le CSCME : entre confiance et suspicion » dec. 2006…
3/4) article intitulé « débat transnational sur l’immigration marocaine » (déc .2006)
Mohammed Mraizika
Chercheur en Sciences Sociales et en droit International Humanitaire.
Président d’almohagir .

16 janvier 2007

L’Espagne favorise les transferts financiers des immigrés

L’Espagne a décidé d’encourager les transferts financiers des immigrés vers leurs pays d’origine afin de contribuer au financement du co-développement.

Deux accords dans ce sens viennent d’être signés entre le gouvernement et les fédérations de banques et caisses d’épargne espagnoles, destinés à amplifier l’impact des transferts sur le développement des pays de destination.

Le gouvernement et les entités financières s’engagent à adopter des mesures pour améliorer les systèmes d’envoi d’argent par les immigrés et promouvoir les mécanismes adéquats pour que ces transferts aient le plus grand impact en terme d’amélioration de la vie dans les pays d’origine des immigrés.

Cette initiative s’inspire de la propre expérience de l’Espagne, qui a été jusqu’à une date récente, un pays d’immigration dont les expatriés avaient largement contribué à l’essor du pays.
Des projets pilotes sont en cours de réalisation au Maroc, au Sénégal et en Equateur, ’’pays prioritaires’’ de la coopération espagnole et destinataires importants des transferts à partir de l’Espagne.

Au Maroc le projet vise à établir un diagnostic participatif destiné à évaluer les éventuelles actions de co-développement entre les résidents Marocains en Catalogne et leurs régions d’origine, à faire connaître davantage les canaux d’envois d’argent vers le Maroc, à sensibiliser les personnes concernés et à élaborer une stratégie d’action’.
L’Espagne compte environ 4 millions d’immigrés qui envoient vers leurs pays quelque 5 milliards d’euros.

14 janvier 2007

Non à la répression des migrants subsahariens au Maroc !




















La rafle nocturne, principalement à Rabat, de centaines de migrants subsahariens, exécutée le 23 Décembre 2006 - période de festivités et donc à l’abri du regard des observateurs internationaux et des consciences critiques marocaines- et leur déportation collective vers la frontière algérienne constitue une atteinte grave aux Droits Humains ainsi qu’une violation flagrante de la Convention de Genève relative au statut des
réfugiés pourtant ratifiée par le Maroc.
Les Autorités marocaines arguent de leurs engagements vis-à-vis de l’Union Européenne pour justifier l’expulsion collective de centaines d’hommes, femmes et enfants en dehors de tout cadre légal et dans des conditions –notamment climatiques- fortement préjudiciables à leur santé physique et
mentale. La presse internationale fait également échos de viols et de sévices perpétrés par des agents marocains.
Nous, citoyens du Maroc, de Belgique et d’Europe, interpellons les autorités marocaines, belges et européennes afin de réclamer :
- La prise en charge immédiate des besoins et soins de premières nécessités ainsi que l’identification de toutes les personnes déportées;
- L’assurance que les auteurs d’actes criminels, ceux-ci devant être confirmés par une enquête indépendante, notamment ceux portant sur la violation de l’intégrité physique des personnes raflées, soient poursuivis
par la justice marocaine ;
- Le respect intégral et immédiat de toutes les conventions internationales protégeant les migrants et réfugiés déjà ratifiées par le Maroc, dont notamment la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et la
Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille;
- Que l’Europe cesse de détourner les principaux outils de coopération financière du partenariat euro-méditerranéen de leur vocation première, à savoir le développement économique et social du Maroc, en les subordonnant à l’obligation pour le royaume marocain de jouer un rôle de premier plan dans la répression de l’immigration clandestine.
En effet, nous rappelons que les migrants subsahariens ne constituent que 0.05% d’une population marocaine dont 10% vit à l’étranger et qu’ils ne comptent pas même pour 3% du total du flux migratoire annuel vers l'Espagne.
Il est donc inacceptable de les représenter comme une menace pesant sur l’ordre social du Maroc ou celui de l’Union Européenne. La répression dont ils sont victimes ne peut trouver aucune justification.
Par ailleurs, conscients que la condition des migrants subsahariens fournit un excellent indicateur de l’évolution vers l’Etat de droit au Maroc, nous invitons, non seulement les défenseurs des droits humains mais également l’ensemble des personnes soucieuses du devenir politique du Maroc à relayer et amplifier notre interpellation.

Bruxelles, le 30/12/06.

Premiers signataires :
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Souhail Chichah Chercheur ULB Belgique
Fouad Lahssaini Président CNCD-11.11.11 Belgique
Serge Noël Ecrivain Belgique
Said El Amrani Espace Culturel Nord-Sud Belgique
Aziz Mkichri S.O.S. Migrants Belgique
Fatima- Zahra Haraka Militante des droits humains Belgique
Dhaibi Youssef Militant PSU Belgique
Mohammed Boukourna Député Fédéral Belgique
Mustapha Bentaleb Conseiller communal Belgique
Chérifa Saddouk Citoyenne Belgique
Julia Becker Amnesty International Belgique
Mohammed Belmaïzi Militant pour les droits humains Belgique
Françoise De Clays Oxford University UK
Jean-Claude Defossé Journaliste RTBF Belgique
Thierry Delforge Militant associatif Belgique
Sam Touzani Comédien-Metteur en scène Belgique
Driss El Korchi Militant associatif Belgique
Suzanne Mousset Ecolo Belgique
Hassan Bousetta CADRE A.S.B.L Belgique
Jean-Claude Englebert Ecolo Belgique
Benoît Van der Meerschen Prés.de la Ligue belge francophone des droits del'Homme Belgique
Véronique Rigot Experte Afrique Centrale CNCD-11.11.11 Belgique
Marie Catherine De Coster Responsable régionale CNCD-11.11.11 Belgique
Mariejo Sanchez Ligue des droits de l'homme Belgique
Georges Henri Beauthier Avocat à Bruxelles Belgique
Thomas Englert Université Libre de Bruxelles Belgique
Rachid Barghouti Responsable associatif Belgique
Amina Bakkali Citoyenne Belgique
David Jamar Université Libre de Bruxelles Belgique
Joëlle Baumerder Maison du Livre Belgique
Guy Badoux Militant des droits de l'homme Belgique
Chorok Chichah Economiste Belgique
Fachantidis Tasso Employé Belgique
Rachid Oulad Citoyen Belgique
Michèle Thomas Na'oura Belgique
Abderrahmane Cherradi AMBDH Belgique
Olivier Bony Comédien Belgique
Fiston Massamba Conseil des Migrants Subsahariens Maroc
Jamal Ryane Plate forme Intercontinentale des MRE Hollande
Marie Catusse Présidente de la Fédération de la Libre Pensée Aveyron France
Hafid Hachimi Amnesty International Section Fes Maroc
Nicole Mayer Membre du MRAX Belgique
Mamadou Diakité Militant Associatif du Mali Mali
Nadia Khrouz Militante France
René Plaetevoet Direcdteur December 18 ASBL Belgique
Arnaud Zacharie Directeur de recherche CNCD Belgique
Nicolas Spann Travailleur social Belgique
Ali Guissé UDEP Belgique
Céline Delforge Députée bruxelloise ECOLO Belgique
Alain Daems Député bruxellois ECOLO Belgique
Abdellatif Maroufi Consultant Pays-Bas
Xavier Löwenthal éditeur, auteur, La 5e couche éditions Belgique
Luc Malghem Auteur, membre du MRAX Belgique
Jacky Degueldre Coordinateur PAC (campagne Terre d’asile) Belgique
Véronica Rocha Chargée de Communication CNCD-11,11,11 Belgique
Colette Draguet Maison des enfants d'Anderlecht Belgique
Marc Kerckhove CNCD-11.11.11, chargé Afrique centrale Belgique
Ait mhamad Ijja Comptable Belgique
Rachida Mokhtari Citoyenne Belgique
Placide Nzeza Prés. de L'Association des Migrants Africains en Suède Suède
Merouane Touali Chercheur Belgique
Noredine Saidi Citoyen Militant Belgique
Barbara Laitem Auteur citoyenne Belgique
Tamimount Essaïdi Echevine à Schaerbeek, Bruxelles Belgique
Braeckman Dominique députée régionale Belgique
Nouzha Bensalah Citoyenne Belgique
Peternotte Valérie Militante socialiste Belgique
Bénédicte DABIN Logopède Belgique
Josy Dubié Sénateur Belgique
Hamel Puissant Animateur-formateur, Bruxelles Belgique
Alima Boumediene-Thiery Parlementaire France
Jérémie Tojerow Citoyen Belgique
Alessandra Capodanno ARCI Italie
Nouria Ouali Chercheure ULB Belgique
Anaik Pian Chercheur France
Francisco Padilla Chercheur Belgique
Janine Le Docte Fonctionnaire Belgique
Fatiha Saidi Députée régionale Belgique
Ilan Tojerow ULB Belgique
SADDIK LAHRACH Pres.de la sect.reg.de Rabat,du Forum Verité et Justice
Adel Lassouli Citoyen Belgique
Pierre Galand Sénateur Belgique
Emmanuel Twagilimana Citoyen Belgique
Bart De Waele Conseiller Belgique
Brigitte Ernst Conseillère Communale Liége Belgique

13 janvier 2007

حول الحوار عبر- وطني المنعقد بالمغرب حول موضوع الهجرة

وأشرفت على تنظيم هذه المناظرة أساسا مجموعة من المنظمات الموجودة في بلدان أوربية مختلفة بالتعاون والاشتراك مع مؤسسات وخاصة المجلس الإستشاري لحقوق الإنسان وتنظيمات وأطر في المغرب وبعض المهتمين الأجانب. وإذا كان ليس غريبا أو جديدا على ساحة الفعل بالمغرب أن تناقش أو تعالج مسألة الهجرة في شكل ندوات، أيام دراسية، أبحاث أكاديمية، تبادل الخبرات ..الخ. فإنّ ما يميز هذه المناظرة التي نحن بصدد الحديث عنها عما سبقها من أنشطة متعلقة بنفس الموضوع، هي نوعية المضامين التاريخية، السياسية الاقتصادية، والثقافية التي يعطيها المناظرون لمسألة الهجرة وكذا المشاكل المترتبة عنها و الطرق المقترحة لمعالجتها .ولعل ظرفية انعقاد هذه المناظرة يشكل عنصر تميز آخر إن لم يكن سر التميز نفسه. سنوضح هذا لاحقاً
من خلال اطلاعنا على الوثائق التي جرت مناقشتها تمهيدا لتقديمها إلى المناظرة بغية إقرارها، ومن خلال نقا شاتنا مع العديد من أقطاب المناظرة نستطيع أن نستنتج بأن المناظرين "العبر-وطنيين" يعتبرون مناظرتهم من المحطات الكبرى على الطريق الذي اجتازته كل المقاربات الهجروية إلى حد الآن ويعقدون بالتالي أمالا تحويلية عظيمة عليها. فهل ستتحقق آمال هؤلاء أم ستتبخر أمام أحكام المنطق والتاريخ؟ في اعتقادنا أن الاحتمال الثاني هو الأرجح مادامت المنطلقات ال"عبر-وطنية" غير سليمة وغير واقعية
أن ما يلفت النظر أن الخط العام المشترك لدى "العبر-الوطنيين" تحكمه رؤية تحنيطية للهجرة وأحادية الجانب لما ينتظر أن تلعبه الهجرة من دور في مسار الفعل الديمقراطي في المغرب. أي رؤية الهجرة في استقلالية مطلقة عن تاريخيتها وهذه الرؤية تغفل -عن قصد أو غير قصد- العلاقة الواقعية الموضوعية بين الهجرة كمعطى تاريخي وبين القوانين العامة لحركة الواقع الاجتماعي الذي أنتجها من جهة و الواقع الذي أحتضنها من جهة أخرى
فتاريخ "العبر-الوطنيين" هو تاريخ ذاتي سكوني منقطع الصلة بالجذور الاجتماعية للمهاجرين و تركتهم وتاريخهم الحقيقي الموضوعي خصوصا في ما يتعلق بموقعهم الطبيعي في دائرة الصراع الاجتماعي في بلدان إقامتهم من خلال الوثائق التي سبق ذكرها والتي يتعلق بعضها بالنظرة العامة إلى الهجرة و يتعلق بعضها الآخر بالتعاطي مع المشاكل و الإشكالات التي تطرحها، لم نرى أي عمل تعامل مع الهجرة في حركيتها وتحولاتها الكمية والكيفية تعاملا عقلانيا وعلميا. فانتماء المهاجر للوطن الذي هاجر أو هُجِّر منه هو بالنسبة "للعبر-الوطنيين" انتماء أزلي بالرغم من كل عوامل التأثير و التأثر في محيطه عيشه الجديد. وهذا يعني لديهم التماثل المستمر بين ماضي و حاضر المهاجر في كل زمان و مكان وجوده ينتج عن هذا الفهم اعتبار المواطنة المغربية المُحدِّد القوي والدائم للشخصية التاريخية للمهاجر. أما واقعه الموضوعي الجديد في المهجر فلا فعل له، أو على الأقل لا تأثير لفعله على هويته المغربية، و كأن المغربي استثناء و حالة شاذة في ما يخص قوانين التطور و فعل و تفاعل الإنسان في الوسط الذي يعيش فيه من المعروف أن المغربي المهاجر يعيش – بالرغم من أنفنا- في ظروف تختلف تاريخيا، جغرافيا ، بيئيا، اقتصاديا، سياسيا و ثقافيا على الظروف التي عاشها في المغرب ولهذه الظروف بالضرورة تأثيرها على أسلوب عيشه، سلوكه الاجتماعي، ثقافته و نمط تفكيره. واصبح هذا التأثير يطال حتى "الصفاء" الإثني والديني للمهاجر. نقصد بهذا أن عدد لا يستهان به من المهاجرين المغاربة ارتبطوا بعلاقات زوجية مع شركاء يختلفون معهم اثنيا وثقافيا وحتى دينيا. وأنجبت هذه العلاقات أطفالا لهم هوية ليست بالضرورة هوية آبائهم وأمهاتهم بالرّغم من روابط الدم واللحم التي تربط بينهم. هؤلاء الأطفال لا يصح حتى تسميتهم بالمهاجرين، لأنهم لم يهاجروا يوما ما إلى البلد الذي يعيشون فيه، وإنما ولدوا فيه. هذا ينطبق كذلك إلى حد بعيد علي أبناء المهاجرين المغاربة (من أم و أب مغربيين) الذين ولدوا في بلدان إقامة أمهاتهم وآبائهم، فهم يعيشون وجودهم الحاضر وحاضر وجودهم بما له وما عليه ولا يعيدون معايشة ماضي أوليائهم بما له وما عليه كذلك. ومعايشتهم لواقعهم على هذا النحو تجعلهم يهتمون أكثر بمصالحهم في هذا الواقع ذاته وليس بمصالح واقع نوستالجي المعالم يمليه عليهم سلفهم. وما انتفاضة أبناء المهاجرين في ضواحي باريس وبعض المناطق الفرنسية ألاخرى في العام المنصرم إلا تأكيد على الدفاع عن هويتهم الطبيعية كمواطنين فرنسيين وعلى تثبيت هذه الهوية على الخارطة الاجتماعية لفرنسا. وهذا تعبير صارخ عن وعيهم لواقع موضوعي حقيقي هم جزء منه وهو جزء منهم إذن ليس صحيحا الزعم بأن الهوية المغربية للمهاجر الذي ولد وترعرع في المغرب أو لمن انحدر من أصل مغربي، هوية أزلية لا تزول إلا بفناء الشخص " الحامل " لها بل في بعض الأحيان لا تزول حتى بعد موته
بناء على كل ما سبق أن ذكرناه نرى أن النظر إلى " مشكلة " العلاقة بين الهجرة و بين بلدها الأصلي نظراً علميا بين حاضرها بكل أبعاده السياسية والاقتصادية والاجتماعية والثقافية وبين الماضي الذي أنتجها يتوقف على توفر الوضوح العلمي عن حقيقتين الحقيقة الأولى هي حقيقة الوجود الموضوعي للهجرة في حاضرها وفي آفاق تطورها المستقبلي، والحقيقة الثانية هي حقيقة الترابط الجوهري بين موضوعية هذا الوجود وأشكال التعبير عنه. بمعنى ضرورة كون الموقف من الهجرة منطلقا من الحاضر نفسه وليس ناتج عن رغبات ذاتية واملاءات خارجية فيما يتعلق بالحقيقة الأولى فان النظر الأولي إلى مسار الهجرة العام يوضح ويؤكد إن المهاجر ملتصق بصفة يومية بواقع مادي في بلد إقامته يختلف أساسا على الواقع الذي تركه خلفه حين هاجر أو هُجِّر كما أسلفنا الذكر. فميكانيزمات العيش اليومي في واقع معين يجعل الإنسان يتفاعل بشكل واعي أم غير واعي مع منطق الحركة في هذا الواقع. ومن هنا نتوصل إلى الحقيقة الثانية. ونعني بها بأن الترابط الذي نقصده ترابط واقعي موضوعي، وليس عاطفي مثالي أي أنه حقيقة بالفعل. إذا فإنه من غير الطبيعي – إن لم نقل من غير الممكن – أن نتعاطى مع هاتين الحقيقتين من خلال مقاربات " عبر – وطنية " تدعي حل المشاكل التي يطرحها واقع الهجرة عبر بوابة الرباط. بل يجب الفعل المباشر في هذا الواقع لفهمه أولا ثم تغييره لصالحنا وذلك لا يتحقق في نظرنا إلا بالانخراط في الحركة العامة للتغيير فيه إن التعامل مع مسالة الهجرة على هذا الأساس لبس أمرا نفرضه نحن على الواقع قسرا، كما يفعل ال"عبر-الوطنيون" في تعاطيهم مع الأمور، وإنما هو من طبيعة الواقع نفسه. فالواقع المشهود يضع أمامنا إذن أشكالا متعددة للنظر إلى مسالة الهجرة والمواطنة، وهذا الاختلاف في النظر ليس شخصي تتحكم به عناصر ذاتية مزاجية، بل انه صادر من منطلقات اجتماعية لا فردية، وموضوعية لا ذاتية
فإذا كان الأمر كذلك فما سر إصرار العديد من المهاجرين المغاربة وحتى بعض أبنائهم على التمسك ب"مواطنتهم" ؟
للإجابة على هذا السؤال نستطيع القول منذ البدء بأن هذه "المواطنة" لا وجود فعلي وموضوعي لها. وإنما "وجودها" يكمن في ذهنية وأفكار وأحاسيس أصحابها فقط. فباستقرائنا للواقع استطعنا أن نصنف هذه المواطنة بشكل عام إلي أربعة أصناف تحضر كليا و جزئيا عند البعض وتغيب جزئيا أو تتداخل فيما بينها عند البعض الآخر. وهذه الأصناف هي
المواطنة الحنينية أو النوستالجية، ونجدها غالبا لدى المهاجرين الأوائل الذين هاجروا في الستينات من القرن الماضي بحثا عن العمل ولكسب الرزق السريع تم العودة بعد ذلك إلى أرض الوطن لتحقيق ما كانوا يهدفون إليه من مصالح مادية. ولما أتيحت لهم فرصة استقدام أسرهم وعائلتهم في إطار ما يسمى بالتجمع الأسروى وبعد أن ثبتت أقدامهم وأقدام أسرهم على أرض واقعهم الجديد، تبخر حلم العودة. من هنا فان هؤلاء- وهم الآن في طريق الانقراض- مازالوا يتوهمون بأن وجودهم في المهجر وجودا مؤقتا. وبسبب هذا الوهم يعيشون على ماضيهم أكثر مما يعشنا واقع حاضرهم. ويلعب العامل الديني كذلك دوره في تصبير هذه العقلية. ويمكن أن يندرج ضمن هذا الصنف من "المواطنة" إلى حد ما، حتى بعض الشباب الذين هاجروا منذ الثمانينات من القرن الماضي
المواطنة الانفعالية وهي بمثابة ردة فعل على ميكانيزمات العزل والتهميش، وعدم الاعتراف بالمكونات الثقافية والحضارية وكذا تنامي التيارات اليمينية والعنصرية في أوربا نتيجة لهذا بدأت تتشكل مشاعر القومية لدى بعض الفئات بشكل من الاعتزاز القومي والديني يصل أحيانا إلى التعصب والتفاخر على نحو من المبالغة المفرطة. وأحيانا أخرى إلي بذل قصارى الجهود للتبوء بمواقع مهمة في المجتمع ولفرض تميز الشخصية هذه"المواطنة" يتسم بها أساسا أبناء المهاجرين سواء الذين ولدوا في بلدان إقامتهم أو الذين ترعرعوا فيها. فعلاقة هؤلاء بالمغرب على المستوى الثقافي والديني خصوصا هي علاقة يمكن تشبيهها بعلاقة الغريق بخشبة الإنقاذ
المواطنة" البرغماتية وهي تعني الارتباط الشديد بالمغرب لما يتيح من فرص لتوسيع المصالح الاقتصادية وللتسلق السريع في السلم الاجتماعي. وكذلك لما يوفره من تسهيلات وامتيازات للمواطنين ذوي العملة الصعبة سواء تعلق الأمر بالاستثمارات أو الخدمات أو لقضاء عطلة الصيف. والصفة التي تميز المواطنة البرغماتية هي السعي المستمر ولكل الطرق على التقرب من كل رموز السلطة المغربية في الداخل والخارج لتحصين مصالحهم وتوسيع شبكة معارفهم ونفوذهم.
مواطنة النوستالجيا السياسية وهي تخص بالتحديد أولائك الذين كان لهم رصيد نضالي معين على المستوى السياسي، النقابي والثقافي في المغرب قبل هجرتهم. ومن هؤلاء من يظن أن نضالهم اتجاه ما يجري في المغرب لم يستنفذ زخمه بعد ويسعى بالتالي إلى إيجاد مكان له على ساحة الفعل السياسي بالمغرب. وتجدر الإشارة أن الكثير منهم مازالت لديهم انتماءات لتنظيمات وتيارات سياسية في المغرب وقد لعب هؤلاء دور العمود الفقري في تهيئ وتنظيم المناظرة التي نحن بصدد الحديث عنها. والمفارقة هنا هو أن هؤلاء هم الذين رفعوا في أوساط الثمانينات من القرن الماضي شعار "من الهجرة إلي المواطنة" في مواجهة السياسة التي تنتجها جل الدول الأوربية اتجاه الأجانب. فأين هم اليوم من هذا الشعار.؟

عودة الآن إلي المناظرة وخلفيات و أهداف " العبر-وطنيين" من خلالهامن الواضح جدا أن تنظيم هذه المناظرة في هذه اللحظة الزمنية بالتحديد ليس من قبيل الصدفة وليس من فعل ضرورة تاريخية آنية ارتبطت بحاجة موضوعية لهذه "الهجرة" التي يتحدثون عنها. إن هذه المناظرة في تقديرنا تأتي كحلقة جديدة في سلسلة من المحاولات التي ظهرت في أواسط التسعينات والهادفة إلى خلق منافذ نحو المغرب بغية صنع مواقع على خشبه المسرح السياسي فيه، وذلك بخلفيات تتراوح بين حسن النية والتطلع النفعي الانتهازي. فليعذرنا أصحاب حسن النيات وحسن النية لا يمكن أن يكون شفيعا لصاحبه في مسألة التعاطي مع القضايا السياسية فمدبجي المناظرة الأوائل يعرفون جيدا أن مناظرتهم في عمقها تجاوب مباشر لرغباتهم الذاتية مع الخطاب الملكي 6 نوفمبر 2005 والذي تم الإعلان فيه لأول مرة على إتاحة الفرصة للمهاجرين المشاركة في الانتخابات البرلمانية ترشيحا وتصويتا. وكذا خلق مجلس أعلى لشؤون الهجرة. حتى لا يساء فهمنا فأننا نرى أن للمغرب الحق كل الحق أن يتخذ التدابير والقرارات والإجراءات التي يراها مناسبة بخصوص الهجرة. ونأمل أن ينصب الاهتمام اكثر على حاضر هذه الظاهرة وخصوصا ظاهرة الهجرة السرية وتبعاتها المأساوية. وذلك بالعمل على تحسين الظروف السياسية والاقتصادية والاجتماعية المنتجة لها. وكذلك شن سياسة قارة، يكون المنطلق الإنساني مبتداها ومنتهاها، اتجاه المهاجرين الأفارقة الموجودين بالمغرب. عوض الإجراءات الجزرية والأمنية الرامية إلى ترحيلهم فقط أما تمثيلية المهاجرين في البرلمان المغربي فلا يرجى منها نفع. لأنه مهما كانت حدة النقاشات وصرامة القرارات المتعلقة بالهجرة وبتحسين الظروف المادية والمعنوية للمهاجرين في بلدان إقامتهم. فان الدول الأوربية المضيفة ستعتبر ذلك تدخلا خارجيا في شؤونها الداخلية ولا تعير لها أي اعتبارأما "العبر- وطنيين" أو العقول المدبرة في أوساطهم فان مقارباتهم تحمل طابع الالتقاء على واقع وهمي ناتج عن تخبط في التوجه بعد استنفاذ الدور الجمعوي الذي كان يلعبونه في أوساط الهجرة منذ السبعينات. وهذا الوضع دفعهم لإعطاء تقييمات وتقديرات متفائلة جداً حول الموقف الحقيقي لشركائهم السياسيين في المغرب، وحول النتائج السياسية التي ستتمخض عن هذه الشراكة إن عدداً كبيرا من أصحاب هذا الاتجاه لن يحيدوا عن المسار الذي يسلكونه لاعتبارات سياسية وسسيو-إنتهازية. بل سيدعون إلى طرق بوابات جديدة للعبور إلى المسرح السياسي بالمغرب. ورهاننا كله ينصب اليوم على أولائك الذين انخدعوا بهذا الاتجاه، واعتقدوا أن "الهجرة" ستتمكن من خلاله من إحقاق حقوقها العادلة حيث وجودها الفعلي على أرض غير المغرب إنّ "العبر-وطنيين" بالرغم من حشدهم للعديد من القضايا لمناقشتها خلال مناظرتهم، فإن بيت القصيد عندهم هو بكل صراحة البحث عن كراسي في البرلمان وعن مواقع جديدة في المجلس الأعلى للهجرة المزمع خلقه
هنا نطرح عليهم بعض الأسئلة في صميم الموضوع: هل المغاربة الأوربيين على علم واطلاع بحقيقة ما نوقش في المناظرة باسمهم؟
هل تمّ إشراكهم بشكل واسع في صياغة الورقيات المقدمة للنقاش؟
وإذا حصل أن ُسمح لهم أن يرشحوا أنفسهم للانتخابات البرلمانية، فما هي المقاييس المعتمدة لتمثيل"قواعدهم"؟
وهل هناك قواعد بالفعل ملتفة حول روح المناظرة؟
ثم ما هي طبيعة الاستشارات التي ينوون تقديمها في المجلس الأعلى الذي يصبون إليه؟ وماذا ستكون فاعليتها وتأثيراتها؟
سنستبقهم ونجيب بدورنا على بعض هذه الأسئلة بالقول بأنّ "المناظرة" منذ ميلادها كفكرة، وعبر اللقاءات الماراطونية التي عرفتها بعض العواصم الأوربية للتحظير لها وصولا إلى انعقادها أيام 8-9-10 من الشهر الماضي بالرباط في أفخم الفنادق، كانت عملا نخبويا محصوراً في أوساط يعرف فيها البعض البعض الآخرأما "القواعد" المعنية بالأمر فلا علم لها بما جرى أو يجري باسمهاوفي قضية
البرلمان والتمثيلية النيابية فلا أحد يمكن له أن يدعي تمثيلية الهجرة لأن هذه الأخيرة ليست كل متجانس كما وضحنا آنفا وتفضل إجمالا
اختيار ممثلين لها في مواقع الفعل والقرار المباشر في البلدان التي تعيش فيها حتى ولم يكن هؤلاء الممثلين من أصل مغربي
لأن المهاجرين يعرفون أن مصالحهم هنا والآن لا يمكن الدفاع عنها بطرق الالتواء والالتفاف السياسي والدبلوماسي. علاوة على هذا فإن زرع مثل هذه الأوهام التمثيلية في أوساط الهجرة يعرقل نمو الوعي الاجتماعي لضرورة الانخراط في عملية الصراع الطبقي مع الحلفاء الطبيعيين في بلدان الإقامة ويساهم في تعميق الانعزال والاتكال والتقوقع على الذات. فهل يقتنع "العبر- الوطنيون" بأن البرلمان المغربي يمكن أن يجد حلولاً ناجعة وقابلة للتنفيذ لقضايا مثل العنصرية والتهميش والبطالة في صفوف المهاجرين؟. وحتى إذا وجدت هذه الحلول فعلا، فإنها لن تكون ملزمة لدول لها برلماناتها ومؤسساتها التشريعية والتنفيذية. فليسألوا "عقا الغازي" عن مغزى التمثيلية البرلمانية من خارج المغرب يبقى لنا أن نشير أن القضايا الإدارية والقانونية للمهاجرين وذويهم يمكن أن تصاغ في ملفات مطلبية وتعالَج بشكل مباشر مع التمثيليات الدبلوماسية والقنصلية المغربية في الخارج. وفي حال انعدام هذه الإمكانية فيجب فرضها نضاليا انطلاقا مما قلناه نستطيع أن نستخلص بأن هناك طموح واضح لربط المصالح الذاتية لبعض أقطاب المناظرة بالمغرب رغم ادعائهم بالدفاع عن مصالح الهجرة وبالشعور بروح المسؤولية اتجاه بلدهم الأصلي وما يجري فيه من تطورات، وبإرادة تحويل هذا الشعور إلى ممارسة عملية في مسار التحول الديموقراطي بالمغرب، فان الواقع يؤكد أن هذا الادعاء الذي يبدو ديموقراطيا في ظاهره هو انتهازي في عمقه. نقول هذا لان الممارسات العملية لهذه العقلية تقترن بمواقف لا تتناسب مع مرماها "التقدمي" إطلاقا. أو هي تتناسب بشكل عكسي معه، لأنها اتخذت الوجه العدمي الساذج في نظرتها إلى قضية الهجرة من جهة والى قضية التطورات التي يعرفها المغرب من جهة ثانية إذا كان "العبر الوطنيون" يؤمنون حقا بأن المغرب يعرف الآن مرحلة انتقال ديموقراطي، وهم الذين تركوا المغرب هجرا أم تهجيرا لسبب ما هو بصدد التحقق فيه الآن، فلماذا لا يرفعون شعار العودة إليه أو على الأقل أن يعودوا هم أنفسهم للإسهام المباشر في تعجيل وتيرة هذا الانتقال الذي كان يحلمون به ويناضلون من أجله ؟ لو حدث هذا – ولن يحدث – سيكون خطوة جريئة ومنسجمة تماما مع ما قطعوا على أنفسهم من عهد والتزام اتجاه الوطن حين غادروه إن ظهور هذه الاتجاهات وأمثالها في عصر تراجعت فيه حتى بعض القوى
التي كانت بالأمس أكثر جذرية، عن إستراتيجيتها المتعلقة بمسألة التغيير السياسي والاجتماعي بالمغرب، يضع في واجهة القضايا المطروحة في المغرب قضية المصداقية النضالية لمن يستبدل الصراع الطبقي بالمعالجات المؤسساتية فقط للقضايا السياسية، الاقتصادية والاجتماعية بل يكشف كذلك عن الإفلاس الإيديولوجي لكل المنبطحين سياسيا، وعلى إخفاقهم في تحقيق ما كانوا يحملونه من شعارات

ملاحظة أخيرة
إن كلمة المهاجرين في هذا المقال عنينا بها أحيانا المهاجرين الرجال فقط، وأحيانا أخرى عنينا بها الرجال والنساء معاً ولم نعني بها أبناء المهاجرين الذين ولدوا خارج المغرب

جمال أوفتيح
ناشط جمعوي
أمستردام

هولاندة

11 janvier 2007

REVOLTE DES MRE DE L´EST DE LA FRANCE

ASSOCIATIONS MAROCAINES
Strasbourg



Monsieur le Président
du CCDH, Monsieur Driss BENZEKRI

Place Ach-houhada, B.P. 1341, 10000, Rabat - Maroc




Nous sollicitons votre haute bienveillance pour vous informer d’une part de l’importance géopolitique que peu jouer l’Est de la France entre autre la ville de Strasbourg concernant le Conseil consultatif des marocains résidents à l’étranger ( à ce jour nous constatons qu’il n y a aucune consultation dans cette région), et d’autre part pour tirer un signal d’alarme concernant les imposteurs et les arrivistes qui prétendent représenter cette région sans aucune consultation ni concertation avec les différentes composantes associatives marocaines sur place.
Monsieur le Président
Nous vous annonçons qu’ un des membres de l’instance « CCDH » que vous présidez est un ancien amicaliste (des années 90), comment ne pas traiter avec tout le monde « à beau mentir celui qui vient de loin », des personnes qui prétendent être spécialistes ou experts de l’immigration marocaine, alors qu’il ne pratiquent que « nikach salounates » et ignorent totalement la réalité et les vrais problèmes de la communauté marocaine à l’étranger et se contentent d’écrire des articles et de philosopher…

Recevez, Monsieur le président du CCDH, Monsieur Driss BENZEKRI, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.


Association des parents d’élèves marocains de Strasbourg
Représenter par Monsieur KASSAOUI
Association des mères marocaines de Strasbourg
Représenter par Madame CHENKIR Aziza
Collectif des associations marocaines d’alsace et de lorraine
Représenter par Monsieur HAJIA Miloud

10 janvier 2007

La question du droit de vote des MRE refait surface

Plusieurs pétitions pour l’octroi du droit de vote aux MRE circulent actuellement.
l’une d’entre elles a recueilli 10 000 signatures.
Les associations de MRE veulent saisir le souverain à ce sujet.
Qui a dit que les Marocains résidents à l’étranger (MRE) n’avaient pas, eux aussi,
une rentrée politique ? Le mois de septembre a connu le lancement d’une nouvelle pétition en faveur du vote des MRE. Lancée par un collectif de résidents à l’étranger au début septembre, elle n’est pas la première du genre, mais elle a tout de même l’avantage d’exister sur internet, et de s’adresser à ses signataires potentiels en cinq langues pour atteindre un public aussi large que possible. «L’idée n’est pas neuve, reconnaît Moustapha Budchich, un des organisateurs de la pétition, mais le débat à ce sujet reste important, d’autant que le statut des MRE a évolué depuis quelques années pour devenir celui d’une cible à tous les niveaux (commercial, politique, économique voire stratégique, ...)».Soutenue par les principaux sites web de la communauté marocaine expatriée, dont wafin.com, bladi.net et yabladi.com, la nouvelle pétition est présentée avec un argumentaire visant à répondre point par point aux opposants au vote des MRE. Les arguments sont nombreux, allant de la déclaration classique comme «la loi s’applique aux MRE donc ils ont voix au chapitre aussi», à la référence à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, en passant par l’article 5 de la constitution qui prône l’égalité entre les Marocains. «Quant à la date [de sa remise aux autorités marocaines], elle est naturellement liée à l’ampleur du soutien. Dans tous les cas, nous remettrons la pétition avant les élections législatives de 2007...», continue M. Budchich. Il faut dire qu’aussi bien conçue qu’elle soit, cette pétition, en près d’un mois d’existence, n’a réussi à réunir que 72 signatures. Nos quelque trois millions de MRE auraient-ils abandonné l’espoir d’avoir un jour le droit de vote ? L’arbre qui cache la forêtPas si vite. Cette pétition n’est qu’une parmi beaucoup d’autres, au point qu’il arrive parfois que deux pétitions se fassent concurrence. Ainsi, du côté de la Plate-forme intercontinentale des MRE, une autre pétition, plus ancienne, circule depuis le mois de juillet. Elle aurait, selon ses initiateurs, déjà réuni 10 000 signatures aux Pays-Bas, en Belgique, France, Espagne, dans les pays scandinaves, en Italie, Australie, Afrique, Amérique et au Canada. De quoi lui donner du poids auprès de l’Etat marocain.
Jamal E. Ryane, qui se présente comme le président et porte-parole de la Plate-forme intercontinentale des MRE, temporise toutefois : «La pétition n’a pas encore été remise car nous voulons organiser un grand événement concernant les problèmes des MRE et les perspectives d’avenir, ensuite, nous demanderons une audience royale pour transmettre à sa Majesté le Roi la pétition», ajoute-t-il. Et d’insister: «Notre but, ce n’est pas seulement la signature d’une pétition, c’est aussi de protester contre la situation des MRE».Contactée à ce sujet, Nezha Chekrouni se montre peu convaincue : «Je n’ai jamais entendu parler de pétition», déclare-t-elle, tout en laissant entendre que son ministère n’est pas inactif non plus.Mais une chose est sûre : contrairement aux apparences, nos émigrés semblent bien décidés à militer pour ne plus être de simples «citoyens économiques» et bénéficier des mêmes droits que leurs compatriotes qu’ils appellent aujourd’hui les «Marocains résidents à l’intérieur» (MRI). Il faut dire qu’un argument de taille penche en leur faveur, puisque, déjà habilités à donner leur voix à l’occasion des référendums, ils ont déjà participé aux élections législatives il y a une vingtaine d’années déjà...Les MRE ont perdu le droit de vote en 1992
Flash-back. En 1984, les MRE participent aux élections législatives. Bien que beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui, ils sont représentés par cinq parlementaires issus de circonscriptions aux découpages désordonnés, qui relèvent plus du nombre d’habitants que de la logique géographique. En effet, selon le spécialiste de l’émigration, Abdelkrim Belgendouz, auteur du livre Marocains des ailleurs et Marocains de l’intérieur, leurs électeurs se répartissaient en cinq circonscriptions(*).Contrairement aux craintes souvent exprimées aujourd’hui, selon lesquelles leurs votes pourraient déstabiliser le fragile équilibre entre les partis, les élus MRE étaient alors distribués sur l’essentiel du spectre politique : Akka Ghazi (Paris) représente l’USFP ; Brahim Berbache (Lyon) le Parti du centre social ; Marzouk Ahaïdar (Bruxelles) l’Union constitutionnelle ; Abdelhamid Naïm (Tunis) le RNI, et Rachid Lahlou (Madrid) l’Istiqlal. Tout va bien jusque-là, sauf qu’en 1990, deux ans avant les élections suivantes, la majorité de ces élus changent de parti : MM. Ghazi, Berbache et Ahaïdar rejoignent le MNP de Mahjoubi Aherdane. Un quatrième parlementaire, Rachid Lahlou Parti de (Istiqlal), est nommé ambassadeur à Belgrade : son siège restera vacant.
En 1992, les MRE perdent leur droits de vote.Les partis politiques font la sourde oreilleRevanche des partis abandonnés ? Crainte de l’être à nouveau ? Dès 1993, seuls le Mouvement national populaire de M. Aherdane et le Parti national démocrate du défunt Arsalane El Jadidi sont en faveur de la reconduction de l’expérience, explique M. Belguendouz. Même scénario en 1997 : le MNP et le RNI défendent l’idée dans le cadre de la commission de préparation des élections. L’expérience ne sera pas reprise. En 2002, le collectif des MRE de France, représentant plusieurs associations marocaines basées en France, saisira la cour suprême, accusant le leader de l’alternance, Abderrahmane Youssoufi, d’abus de pouvoir. Cependant, le collectif, défendu par Me Abdelmjid Choufani, se verra opposer des réponses négatives avant et après les élections pour différentes raisons. Une réponse très mal perçue par ces Marocains à l’étranger qui se considèrent relégués à un rôle de citoyen de seconde classe. Peu importe la défaite : les MRE auront au moins montré jusqu’où ils sont prêts à aller pour être reconnus par leur pays. Mais pour l’instant, si plus d’un parti marocain affirme disposer de propositions concernant la participation des MRE à la vie politique de leur pays, les concernés critiquent ces derniers qu’ils accusent de multiplier les fausses promesses. «Il serait intéressant de connaître véritablement la position des partis (notamment ceux du gouvernement) sur cette question et leur capacité réelle à vouloir avancer sur cette question...», ironise M. Budchich. M. Ryane est pour sa part plus sévère : «Dernièrement, un groupe parlementaire est venu aux Pays-Bas. Mais quand il est retourné au Maroc, nous n’avons plus rien entendu sur les promesses qui nous avaient été faites. Avant le retour des MRE pour les vacances, au Parlement, ils commencent à poser des questions sur les MRE et je considère ça comme du théâtre. Les MRE ont besoin d’un Parlement et d’un gouvernement qui traitent les problèmes et cherchent les solutions, et pas qui font du théâtre». Des critiques, on en trouve également envers le gouvernement marocain, accusé d’être à l’origine de l’abandon de l’idée. Il faut dire que le ministère délégué chargé des MRE a progressivement fondu jusqu’en 1998 avant de refaire son apparition en 2002. Les MRE sont-ils donc condamnés à rester sans représentation au Maroc, contrairement aux ressortissants tunisiens et algériens vivant à l’étranger ?Pour le moment, rien n’est perdu, d’autant plus que le vote MRE en lui-même ne va pas à l’encontre de la constitution marocaine.
Côté Plate-forme intercontinentale, on annonce que la pétition sera remise à l’occasion du lancement d’un débat national sur les MRE au printemps prochain. Une rencontre est d’ailleurs prévue dès le 18 décembre 2005, selon M. Ryane. «nous voulons organiser une discussion avec les représentants des partis politiques marocains et les représentants de la société civile à l’occasion de la Journée mondiale du migrant. Cette discussion se fera dans le cadre des préparations du débat national», explique-t-il. Trop tard ? Selon M. Belguendouz, il faudrait que le débat soit lancé au plus vite, les changements discutés en même temps que le code électoral et les circonscriptions étrangères déterminées au même moment que les circonscriptions électorales. Question majeure : les partis politiques se sentiront-ils assez sûrs d’eux-mêmes pour laisser entrer sur la scène politique des dizaines de milliers de votes MRE dont les sympathies sont aujourd’hui mal connues ? Faudra-t-il, comme dans d’autres cas, une intervention royale pour résoudre le problème ? Une alternative pourra-t-elle être trouvée avec l’établissement d’un organisme capable de représenter ces MRE en dehors de toute influence politique ?
Que la solution apportée au problème de la non-représentativité des MRE vienne du gouvernement ou du Parlement, le débat gagnerait à être soulevé au plus tôt, ne serait-ce que pour clarifier les choses envers une communauté vitale pour l’économie du Maroc
Pas nécessairement une représentation parlementaire...
La représentation politique des MRE doit-elle forcément passer par le Parlement ? Cinq propositions, plus ou moins réalistes, se sont dégagées jusqu’à présent. La première consiste à travailler de concert avec des groupements associatifs de MRE tels que Congress ou la Plate-forme inter-continentale des MRE. Malheureusement, cette option a ses limites, manque de coordination et éloignement géographique oblige. «Certaines associations, comme Congress ou la plate-forme intercontinentale des MRE, notamment, ont pour objet la défense et les intérêts des MRE. Ces associations - hélas - ne sont pas suffisamment bien (re)connues auprès des MRE (notamment des jeunes) et ont souvent tendance à n’exprimer que leurs propres idées, voire leurs propres revendications... Le décalage est donc souvent réel entre les MRE et les organisations qui se sont (souvent) autoproclamées “défenderesses des MRE”» ..., prévient Mustapha Budchich. Une option plus réalisable semble plutôt s’appliquer au territoire marocain puisque l’on considère une représentation des MRE au sein du Parlement, que ce soit à la chambre des députés ou à celle des conseillers. «Il est possible de décomposer le Maroc en grandes circonscriptions et d’y ajouter des circonscriptions qui comprennent certaines régions du monde, ou alors on peut envisager le recours au vote par liste nationale», explique M’hammed Grine, membre du bureau politique du PPS.
Mais le salut existe également en dehors du Parlement, avec la création d’un haut conseil des MRE ou encore la désignation d’un certain nombre de MRE au sein du Conseil économique et social. Ces deux options semblent être des alternatives valables. Quoi qu’il en soit, le Maroc ne manquera pas de modèles étrangers pour s’inspirer, même si spécificités politiques et culturelles ne lui permettront pas de suivre ces derniers à la lettre.
«Nous voulons le droit de vote et non pas un quota au sein du Parlement»
La Vie eco : Vous faites circuler actuellement une pétition pour le vote des MRE. Que pouvez-vous nous en dire ?
La pétition, adressée à sa Majesté le roi, a été lancée au mois de juillet 2005 et nous l’avons diffusée dans la plupart des pays. Grâce au soutien des organisations, des associations et des MRE, nous avons réuni des milliers des signatures : 10 000 selon nos estimations puisque la pétition circule encore et il ne faut pas oublier les adhérents des organisations.
Elle est soutenue aux Pays-Bas, en Belgique, France, Espagne, dans les pays scandinaves, en Italie, Australie, Afrique, Amérique et au Canada.
L’avez-vous déjà remise aux autorités ?
La pétition n’a pas encore été remise parce que nous voulons organiser un débat national sur les MRE et nous pensons le faire au printemps prochain, à Marrakech, au Maroc.
Nous voulons aussi organiser une discussion le 18 décembre 2005 avec les représentants des partis politiques marocains et ceux de la société civile, à l’occasion de la journée mondiale du migrant.
Cette discussion aura lieu dans le cadre des préparations du débat national.Le 10 août 2006, nous voulons également organiser un grand spectacle avec la participation des artistes MRE et MRI (Marocains résidents à l’intérieur) à l’occasion de la journée nationale du migrant.
Ce sera une occasion pour les jeunes Marocains de rencontrer les MRE de la 2e et 3e générations, qui représentent l’avenir.
Nous demanderons ensuite une audience royale pour remettre à sa majesté le roi la pétition.
Quelle représentation des MRE voyez-vous pour le Maroc ?
Je suis contre la représentation au Parlement parce qu’elle est impossible à réaliser, la dernière expérience l’avait bien montré. Nous voulons le droit de vote et non pas un quota au sein du parlement.
Les MRE peuvent être représentés au sein du conseil économique et social qui est le seul organe constitutionnel où les MRE peuvent avoir un quota.On peut aussi avoir une instance où les MRE seront représentés, mais pas comme le veut le parti de l’Istiqlal, qui avait mis en avant l’idée d’un conseil supérieur des MRE. L’initiative aurait dû venir des MRE et le parti de l’Istiqlal a lancé son projet sans consulter les représentants des MRE. L’instance des MRE doit être neutre et loin de n’importe quel parapluie politique pour ne pas tomber dans la polémique.
Jamal E. Ryane
président de la plate-forme intercontinentale des MRE, consultant auprès de Global Migration and Gender Network.
Houda Filali-Ansary
Publié le : 21/10/2005

Le CCDH et les MRE

الاتحاد الأوروبي: رد على إيذاء المهاجرين في المغرب








تحث منظمة العفو الدولية المفوضية الأوروبية بشدة على إعادة النظر في تعاونها مع المغرب في مجال محاربة الهجرة غير النظامية عقب وقوع سلسلة من المداهمات العنيفة التي أُلقي القبض فيها على مئات الأشخاص – ومن ضمنهم النساء والقصَّر واللاجئون وطالبو اللجوء – وطُردوا إلى الحدود مع الجزائر

ويساور المنظمة درجة شديدة من القلق على مصير زهاء مائة شخص باتوا في عداد المفقودين نتيجة لهذه المداهمات التي وقعت في 23 و25 و29 ديسمبر/كانون الأول
وتنفي السلطات المغربية تهجير أشخاص يحملون وثائق من المفوضية العليا لشؤون اللاجئين التابعة للأمم المتحدة، لكن منظمة العفو الدولية تملك معلومات موثوقاً بها تفيد أن عشرة لاجئين على الأقل وستين طالب لجوء أُرسلوا إلى الحدود. وفي هذه الأثناء سُمح لبعض هؤلاء بالعودة إلى الرباط. واشتكى عدد منهم من السرقة والانتهاكات الجنسية التي ارتكبها أفراد قوات الأمن في الجزائر والمغرب على السواء
ولا يستطيع الاتحاد الأوروبي أن يظل غير مبالٍ بهذه الأفعال، وبخاصة لأن السلطات المغربية تبررها كاستجابة لطلبات الاتحاد الأوروبي بالتعاون في مجال محاربة الهجرة غير الشرعية، متذرعةً بمؤتمر الرباط الأخير الذي عُقد في يوليو/تموز 2006 بين الحكومات الأفريقية والأوروبية والمفوضية الأوروبية
وقال ديك أوستينغ، مدير مكتب منظمة العفو الدولية لدى الاتحاد الأوروبي، إن "هذه الانتهاكات المرتكبة ضد المهاجرين، والتي تذكِّرنا بما شاهدناه في سبتة ومليلية العامين 2005 و2006، غير مقبولة"
وأضاف أنها "تؤكد مخاوفنا من عدم تطبيق المعايير الدنيا لحقوق الإنسان في إدارة الهجرة، بما يتعارض مع واجبات الاتحاد الأوروبي"

ولمزيد من التعليقات/ الخلفية والمقابلات اتصلوا بـ
مكتب منظمة العفو الدولية لدى الاتحاد الأوروبي بروكسيل
هاتف رقم: 5482773-2-32
فاكس رقم: 5025686-2-32
بريد إلكتروني: AmnestyIntl@aieu.be
الموقع الإلكتروني: http://www.amnesty-eu.org/

08 janvier 2007

نزوح 35 شابا مغربيا نحو الجزائر

تظاهر الأحد 7 يناير حوالي 800 شخص من ساكنة منطقة عين الشعير أمام قيادة المنطقة التي تبعد بـ62 كيلومتر عن مدينة بوعرفة بعدما نزح 35 شاب من سكان المنطقة نحو الجزائر احتجاجا على تردي الأوضاع الاجتماعية التي يعيشونها، كما تم منع مجموعة ثانية كانت تود اللحاق بالنازحين حسب ما أكد مصدر من عين المكان. ورفع المتظاهرون شعارات تعبر عن احتجاج الساكنة عن التهميش والأوضاع المزرية التي يطالها، ومطالبة بتطبيق مبادرة التنمية البشرية في حق ساكنتها، كما طالب المتظاهرون الدولة بالعمل على إرجاع المهاجرين إلى بلدتهم التي تركوها يوم الجمعة الماضية في اتجاه مدينة بوكايس أو موغل الجزائريتين التابعتين لولاية بشار. وقام المتظاهرون بقطع الطريق الوطنية رقم 10 الرابطة ما بين بوعرفة وأكادير مرتين الأولى يوم الجمعة الماضي من الساعة الحادية عشرة ليلا إلى الرابعة صباحا، والثانية أول أمس السبت من الثالثة زولا إلى السادسة مساء وذلك من أجل إثارة انتباه الرأي العام الوطني لمعاناتهم. وإثر قيام الساكنة بقطع الطريق قامت السلطات العمومية يوم السبت صباحا بالحديث إلى السكان، إذ طمأن عامل إقليم فكيك سكان المنطقة بحل المشاكل المطروحة ومنها إعادة الشباب المهاجر، إذا أكد لهم أن هناك اتصالات بين وزارة الشؤون الخارجية ووزارة الداخلية والسلطات الجزائرية من أجل إرجاع الشباب المهاجر، كما وعدهم عامل الإقليم بعقد لقاء معهم يوم الجمعة المقبل رفقة رؤساء المصالح الإقليمية، حسب ما أكد أحد المواطنين بالمنطقة . وأكد مصطفى التيفوري، أحد سكان المنطقة، أن احتجاجات السكان بدأت منذ خمسة أيام من أجل المطالبة برفع التهميش التي يطالهم بفعل البطالة وبعد الإدارة عنهم والشطط في استعمال السلطة، موضحا أن رحيل 35 شاب كانت النقطة التي أفاضت الكأس بعد سلسلة من المشاكل التي عرفتها المنطقة أبرزها عدم تنفيذ حكم قضائي صدر منذ الثمانينات لصالح قبيلة عين الشعر بخصوص أراضي متنازع عليها مع أشخاص من جماعة بني كيل. وأضاف المتحدث نفسه أن القبيلة تمنح صفة جماعة قروية رغم أن عدد سكانها 1700 بالمركز وحوالي 300 بضواحيها، في حين أن هناك قرى تمتعت بهذه الصفة رغم أن عدد سكانها لا يتجاوز 1140 نسمة، داعيا إلى إعادة تأسيس هيئة الإنصاف والمصالحة من أجل النظر في ملفهم على اعتبار أن الامبالاة التي يعيشوها مردها إلى كون الجينرال أوفقير ينحدر من هذه القرية، مؤكدا أن سكان القرية لا يد لها في ما حدث في حقبة تاريخية معينة وليس من العدل أخذ البعض بجريرة الغير. ومن جهته دعا الصديق كبوري، عضو الجمعية المغربية لحقوق الإنسان فرع فكيك، إلى الالتفاتة الحقيقية لمنطقة عين الشعير وانتشالها من الإهمال والتهميش والعقاب الجماعي التي عانت من التهميش والنسيان إلى حد لا يطاق لأزيد من ثلاث عقود من الزمان ''. وكشف كبوري أن نزوح 35 شابا نحو الجزائر مرده إلى ''انعدام الشغل وغياب أبسط الخدمات العمومية من صحة وإنارة وماء، وكل ما يضمن أبسط شروط الكرامة الإنسانية''، إضافة إلى ''تفشي الزبونية والمحسوبية والتمييز أوتجاهل السلطات لشكاوى المواطنين وعدم التعاطي معها بالجدية

86% des MRE veulent rentrer !

Après avoir fait leurs preuves à l’étranger, beaucoup pensent au retour. Mais cette euphorie patriotique a ses limites. C’est ce que révèle une enquête réalisée par l’association Maroc Entrepreneurs.

Il fut un temps où l’on ne parlait que de la fuite des cerveaux. Désormais, on parlera peut-être de leur retour : “86,4% des Marocains installés à l’étranger envisagent de rentrer au Maroc”, révèle une enquête réalisée en ligne par l’association Maroc-Entrepreneurs, qui regroupe 6393 étudiants et jeunes diplômés marocains installés à l’étranger. Le chiffre, qui confirme le retournement de tendance observé ces dernières années, interpelle surtout les pouvoirs publics sur les moyens de saisir une telle opportunité.

Même si leur nombre n’est pas précisément défini, de plus en plus de jeunes diplômés, ayant fait leurs preuves (et classes) à l’étranger, envisagent de rentrer au bercail pour “créer des entreprises et participer au développement de leur pays”. Et bien qu’animés par “une euphorie patriotique”, nos expatriés savent quand même garder les pieds sur terre. Ils émettent ainsi de sérieuses réserves sur le climat d’investissement dans le pays, plus particulièrement sur l’absence de transparence et le manque de perspectives d’évolution de carrière.

En clair, nous sommes face à une population très ambitieuse, qui attend des signaux forts pour se décider. Ses craintes sont-elles justifiées ? Pour éviter de tirer des conclusions basées sur des préjugés, les enquêteurs ont sondé des Marocains qui sont effectivement revenus au Maroc. “Le but est d’établir une comparaison entre les ambitions de ceux qui veulent partir et les retours d’expérience de ceux qui ont franchi le pas”, explique un membre de l’équipe qui a réalisé l’enquête. Effectuée auprès de 1823 Marocains de l’étranger et 335 “revenants”, cette investigation a été effectuée en ligne du 29 avril au 18 août 2006. Et ses résultats sont plein d’enseignements.

Super job et gros salaire…

Tout d’abord, il faut savoir que cette enquête a porté essentiellement sur les Marocains ayant vécu au Maroc avant de le quitter pour l’étranger. Les enfants issus de la deuxième ou troisième génération d’immigration ne représentent que 10,2% de l’échantillon. Il est donc difficile de déterminer avec précision la position de cette catégorie par rapport au thème du retour. De ce fait, il serait plus juste de recadrer le débat sur le retour dans les termes suivants : “notre matière grise”, partie se former en Europe, veut-elle revenir au Maroc pour y travailler ?

D’après l’étude, la réponse est affirmative. Et “les sondés qui quittent le plus tardivement le Maroc sont ceux qui envisagent le plus d’y revenir”. Le statut professionnel des sondés prouve ce résultat : les étudiants sont les plus enclins au retour (96,6%), suivis des diplômés (80,5%) et enfin de ceux à la recherche d’un emploi (77%).

Autre tendance : les Marocains préfèrent bétonner leur CV en accumulant quelques années d’expérience (généralement entre 2 et 4 ans) dans des entreprises étrangères, avant de se décider à rentrer. Evidemment, cette envie de revenir est beaucoup plus pressante pour ceux qui sont à la recherche d’un emploi. Cela dit, nos jeunes ne partent plus avec l’idée de rester ad vitam aeternam à l’étranger parce que “là-bas, c’est toujours meilleur”. L’enquête révèle un retour de confiance perceptible, qui a besoin d’être confirmé par des initiatives concrètes. Or, le schéma de retour reste très classique : près de la moitié des sondés souhaite s’installer dans la région de Casablanca, suivi de Rabat-salé (23%). Situation à rattacher aux opportunités d’affaires disponibles dans ces régions, comme l’affirme ce sondé : “Quand on veut travailler en entreprise, on est pratiquement obligé d’aller à Casablanca, même si on n’a pas envie de vivre dans cette ville”.

Des entrepreneurs en puissance

En fait, ont-ils vraiment le choix ? 64,1% des enquêtés sont attirés par le secteur privé. Et le privé, c’est à Casablanca que ça se passe : les gros salaires, la belle vie, les métiers innovants… Il ne faut pas compter sur nos MRE pour bousculer la concentration de l’économie dans cet axe. La plupart sont attirés par les nouvelles technologies et la finance, des métiers “in” qui, en toute logique, ne s’exercent ni à Jerada ni à Sebt Gzoula. En somme, nos MRE voient grand. Tellement grand que 54,24% d’entre eux veulent créer leurs propres entreprises, avec un penchant avéré pour le poste de directeur général. L’entreprenariat est fortement envisagé parce qu’il représente une alternative aux défaillances du monde des affaires au Maroc. 83% des sondés (entre 36 et 40 ans) jugent le milieu professionnel peu épanouissant. Les témoignages vont de l’absence d’estime (“Ce serait bien si les recruteurs traitent avec un peu de respect les candidatures des jeunes diplômés, ne serait-ce qu’en leur adressant des réponses négatives”, juge un sondé) au clientélisme, comme le regrette un étudiant en France : “Il n’y a pas de méritocratie dans les grandes entreprises marocaines. On adopte un comportement différent avec les collègues selon leur piston, leur classe sociale ou leur origine”. Sans oublier la discrimination salariale qui frappe les jeunes diplômés, comme le confirme ce jeune commercial vivant en France : “Après mes études, je suis rentré à Casablanca et pour un bac+5, on m’a proposé 5000 DH pour un poste certes très intéressant. Je n’exclue pas l’idée d’un retour à nouveau, mais pas dans de telles conditions”.

Pour ceux qui veulent rentrer pour “construire leur pays”, ce manque de considération est dur à accepter. “Les MRE sont l’avenir du Maroc. Leurs transferts représentent 10% du PIB. Et ils sont très attachés au pays. Pourquoi pas un code d’investissement rien que pour eux ?”, propose Mohamed Khachani, président de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations.

Revenir ? Bien des obstacles bloquent cette envie. Un chercheur installé en France depuis plus de dix ans livre ses impressions : “Si je rentre au Maroc, c’est pour créer mon entreprise. Malheureusement, les conditions actuelles ne sont pas favorables. Le plus grand obstacle n’est autre que le phénomène de la corruption”.

Haro sur le climat des affaires

Les gardiens du temple de l’investissement au Maroc fulminent en entendant ces témoignages. “Les gens viennent avec l’idée qu’il est possible de faire n’importe quoi et n’importe comment au Maroc”, modère le directeur d’un centre régional d’investissement. “Ce n’est pas parce qu’on est MRE qu’on est un bon investisseur, poursuit-il. C’est vrai qu’il y a encore des blocages, mais il faut reconnaître l’effort de simplification des procédures !”.

Certes, en matière administrative pour la création d’entreprise, le Maroc a réalisé des prouesses. Mais le milieu des affaires traîne toujours une image négative. Les MRE déjà rentrés au Maroc confirment justement les craintes de leurs compatriotes qui n’ont pas franchi le cap, comme en témoigne cette jeune marocaine revenue au pays après deux ans passés en France et qui exerce actuellement une fonction RH dans le secteur public. Son salaire, explique l’étude, est passé de 30 000 à 10 000 DH. Pourtant, elle est surtout choquée par les mentalités : “On ne peut pas parler d’Etat de droit au Maroc, vu la flambée de la corruption, du clientélisme et du favoritisme. Les recrutements se font à la tête du client et sans transparence. Le Maroc bouge, mais très lentement. Si on ne change pas les mentalités, on n’évoluera jamais”.

À voir l’unanimité qui entoure la défaillance du milieu professionnel, on serait tenté de dire que le bilan du retour est définitivement négatif. Il n’en est rien. 62% des MRE qui sont rentrés se déclarent satisfaits ou assez satisfaits de leur retour. En fait, cette satisfaction est due à un autre facteur : la proximité de la famille. Mine de rien, c’est ce facteur qui vient en tête des raisons du retour. En décidant de rentrer, nos expatriés répondent d’abord à l’appel du coeur. Suivre son conjoint, élever ses enfants dans son pays ou revenir parce qu’un parent est tombé malade… sont les raisons majeures qui les poussent à revenir. Autre constat, le sentiment de satisfaction diffère selon le sexe. Et ce n’est pas une surprise. Les femmes sont moins satisfaites que les hommes pour des raisons évidentes de discrimination sociale, comme le révèle ce témoignage. “Le Maroc est en pleine évolution économique et culturelle. Mais les mentalités ont du mal à évoluer. Une femme célibataire de plus de 30 ans doit être prête à se battre deux fois plus que les couples qui retournent au Maroc”.

Trop de décalages

D’une façon générale, Les MRE encaissent de plein fouet le décalage entre les contextes occidental et marocain. Ils se plaignent ainsi du manque de propreté des espaces publics, du non-respect du code de la route, du manque de civisme. Beaucoup regrettent aussi le poids du jugement de la société dans “un pays tiraillé entre conservatisme et modernité”. Mais de là à parler de “clash social”, il y a un pas que peu franchissent, certainement parce que beaucoup ont déjà vécu au Maroc avant leur départ à l’étranger. Ce qui n’est pas le cas des “deuxième et troisième génération”, pour qui le décalage social est le principal frein au “retour”. “Nous sommes restés dans le Maroc de nos parents, un Maroc conservateur où on ne mange pas de porc, on ne boit pas d’alcool et où les filles sont astreintes à un minimum de pudeur. Quand je suis rentré au bled, j’étais choqué de découvrir que tout ce qu’on nous a interdit en France est toléré ici”, affirme Noureddine, qui est né et qui a grandi en France (témoignage recueilli par TelQuel et non par les initiateurs de l’enquête).

Ces multiples appréhensions renforcent souvent l’idée de repartir à nouveau. L’enquête révèle que 16,7% des MRE déjà installés envisagent de rebrousser chemin et que 53,8% d’entre eux n’écartent pas cette possibilité.

Insaisissables, les MRE ? Pas exactement. On est plutôt en présence d’une catégorie de jeunes qui croit en l’initiative privée, qui n’appréhende pas la mobilité et qui cherchera donc toujours à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Bref, une population pour laquelle rien n’est définitif. C’est ce que le spécialiste Mohamed Khachani appelle “la migration circulatoire”, un concept officialisant les allers-retours entre les pays d’accueil et les pays d’origine. Qu’en pense un certain Nicolas Sarkozy ?

Retour : mode d’emploi

Dans le cadre de l’enquête, les sondeurs ont recueilli les impressions de MRE rentrés au Maroc, pour en confectionner un ensemble de conseils adressés aux candidats au retour. D’abord, la décision du retour doit être un choix personnel, et non le résultat d’une pression familiale ou une sorte de plan B. “Les difficultés sont réelles et il faut être déterminé dans son choix pour les surmonter”, argumente le document. Ensuite, ledit retour doit être préparé tant au niveau psychologique qu’intellectuel. Car il s’agit de s’adapter à une réalité, à des contraintes et à un contexte différents.

Troisième conseil : ne pas attendre le retour au Maroc pour chercher un emploi ou même négocier son salaire. Car “la pire chose qui puisse arriver est de se retrouver désoeuvré et de se laisser aller à une nostalgie empreinte d’un dénigrement du présent”.

Il faut également éviter de comparer sa situation à l’étranger et celle où l’on se trouve au Maroc. Le mieux est de passer à l’adaptation qui dure entre six mois et deux ans. Enfin, il est préférable de se donner le temps avant d’envisager un éventuel nouveau départ, parce qu’il y a toujours des perspectives d’évolution au Maroc, comme le signale un MRE revenu au pays : “On voit de nouveaux projets se concrétiser, des dirigeants jeunes et instruits. Tout cela donne de l’espoir”.

Initiative : vite, un recensement…

Évoquer les possibilités de retour alors que l’information sur les opportunités au Maroc n’existe pas, c’est en quelque sorte mettre la charrue avant les bœufs. Pour attirer les MRE, l’enquête propose une panoplie d’actions dont la première est la création d’un annuaire, une sorte de banque de compétences dans laquelle les entreprises marocaines pourront puiser. Il existe quelque 30 000 étudiants marocains rien qu’en France. Mais quel est leur profil ? Personne ne le sait. Les consulats sont les plus habilités et les plus outillés pour effectuer un recensement dans ce sens. La Tunisie l’a fait. Pourquoi pas le Maroc ?

La question renvoie en fait à l’organisation (ou désorganisation) institutionnelle chargée des MRE. Entre le département de Nezha Chekrouni, la Fondation Hassan II et la Fondation Mohammed V pour la solidarité, différentes institutions se “partagent le morceau”, empêchant l’établissement d’une stratégie claire et efficacement ciblée. “Les transferts des MRE sont la première source de devises pour le Maroc.

Normalement, ils doivent avoir un méga-ministère rien que pour eux”, propose le chercheur Mohamed Khachani. En attendant, ils n’ont même pas le droit de voter aux prochaines législatives.
Le rapport complet se trouve sur:

TelQuel - Nadia Lamlili

03 janvier 2007

Asseggwas Amaynu Imazighen 2957

Peiling

Geachte vrienden, bedankt om via e-mail of op ons forum op onze peiling in samenwerking met Yenno.be te willen antwoorden…


1. Mag CCDH zijn raadpleging met MRE voortzetten?

2. Mag een niet- MRE de hogere Raad van de Marokkaanse Gemeenschap in het buitenland voorzit?

3. Mag een vrouw MRE de hogere Raad van de Marokkaanse Gemeenschap in het buitenland voorzit?

4. Mag CCDH de details van de begroting van AlMonadara publiceren in de Marokkaanse pers eveneens?Of alleen op zijn internetsite?


5. Moeten de vrouwen zich en de mannen MRE op een enige lijst presenteren, telkens bij de verkiezingen in Marokko?

CCDH= Raadgevende Raad van de rechten van de Mens in Marokko.
MRE=Woonachtige Marokkanen in Buitenland.


Uw reactie verzenden:

plateforme-mre@planet.nl en admin@yenoo.be


Bedankt voor uw deelname.

02 janvier 2007

Monsieur Le président du CCDH: Driss Benzekri

HANNOU Moussa
hannou@cegetel.net



Monsieur Le président du CCDH,
Monsieur Driss Benzekri,









Je salue le courage de votre déclaration qui a retenue mon attention et je vous soumets mon sentiment de citoyen sans citoyenneté politique.

Avant le 6 Novembre 2005, nous, la plateforme-rme basée à Amsterdam, étions à l’initiative de faire circuler et signer la pétition adressée à sa Majesté le Roi du Maroc pour restituer le droit de vote aux marocains travaillants à l’étranger : c’est un droit constitutionnel. Je rappelle que dans le monde moderne le droit ne se partage pas, il s’applique. De plus, je signale l’échec de notre ministère muet et sourd désigné par le gouvernement pour recadrer au moins 3 millions d'émigrants Marocains dans le monde au lieu de collaborer avec des associations pieuses et pieuvres. Aujourd’hui, nous continuons à demander les mêmes droits légitimes pour tous.

Après le 6 Novembre 2005, vous qualifiez certaines associations collectives et représentatives des migrants. Alors que certaines sont gouvernées par des malhonnêtes et des présidents professionnels en bande organisée sous le couvert de la loi française de 1901, ils détournent les fonds publics qui continuent à polluer la crédibilité du débat politique.

Le CCDH, une institution royale de déontologie, mérite la plus haute crédibilité. (Suivant la rumeur, le fait de distribuer 200 billets d’avion à une seule association est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et semer le doute sur la clientélisme ou la corporation). Je précise que votre secrétariat reste réticent à communiquer les informations relatives à la mission que sa Majesté le roi vous a confié. Cependant, vous prônez la concertation ?

Je veux insister sur la genèse de la conférence européenne de 1964 à Strasbourg qui recommandait aux pouvoirs locaux de constituer des comités consultatifs des immigrés.
Le CSCME doit devenir un outil de dialogue et non un alibi comme en 2002 : il devait être l’intermédiaire entre les RME et le pouvoir de façon à rassembler leurs besoins spécifiques et leurs suggestions pour les transmettre à l’instance désignée qui donnera une suite favorable. Ainsi, ce conseil devait avoir un statut, des garanties, une autonomie et non une chambre d’échos.

Recevez, Monsieur le président du CCDH, Monsieur Driss BENZEKRI, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Je vous souhaite tous mes vœux : bonne et heureuse année 2007.


Beauvais le 1er janvier 2007
HANNOU Moussa


Je vais finir par un chapitre des textes fondamentaux : la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 23 juin 1793 ; le gouvernement est institué pour garantir au citoyen la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles.