04 juillet 2007

Les “zimigris” en vacances




Départs Les grandes vacances ont toujours une saveur particulière. Surtout pour les “zimigris”. Comment vivent-ils ces moments de retrouvailles avec le pays d’origine ? Quel regard portent-ils sur son évolution ? Comment sont-ils perçus par les blédards ? Enqûete

Sur le débarcadère du port de Tanger, il faut faire vite pour attraper le bus qui part à 10 heures pour Casablanca. A la gare routière, on reprend tout de suite les bons vieux réflexes. Passer devant tout le monde pour arracher son ticket, sans doute payé plus cher. Pas grave. Le car se remplit lentement : 13 heures, c’est parti. Le chauffeur mord la route. Toutes les dix minutes, un type descend, un autre monte, certains sont assis dans l’allée. A peine 100 km, le pneu arrière crève. Tout le monde descend. Toujours dans la bonne humeur. Trois heures après, c’est reparti, mais aussitôt, on s’arrête pour manger des brochettes dans un village… Bientôt Rabat ! Bam ! Une voiture nous rentre dedans. Hmar ! Le chauffard, bien qu’en tort, est furieux, le nez de sa voiture est encastré sous le ventre du bus. Les flics arrivent. Ça discute, ça gueule, ça rigole. Finalement, le bus arrivera à Casa à… 3 heures du matin. Que de péripéties ! Mais que les retrouvailles avec la famille sont belles et que d’histoires à raconter ! Bisous, échanges de cadeaux, repas à tout casser et puis dodo… Ce n’est que le lendemain que l’on pourra déstresser.
Alors, pendant un mois, on pourra se faire plaisir. Refaire le monde avec les cousins, manger de délicieux plats, visiter le pays, sortir avec les amis… Le charme des vacances au bled, c’est cela. Se retrouver au milieu des siens, se ressourcer, prendre le temps. Un voyage qui permettra aussi de prendre le pouls d’un pays qui bouge. S’amuser des décalages, partager les points communs. Au bout du compte, on repartira le cœur gros, mais pour mieux revenir. Les vacances au bled, tout un programme.























Sondage : Les vacances Au pays, oui... mais

Si les Maghrébins de France privilégient toujours les vacances au pays et les retrouvailles en famille, ils sont de plus en plus nombreux à chercher autre chose. Enquête exclusive réalisée par HEC Junior pour “le Courrier de l’Atlas”.

Toutes les personnes qui ont répondu au questionnaire de l’enquête réalisée sur le mode de vie et de consommation des Maghrébins en France disent partir en vacances, ce qui n’est pas le cas de tous les Français puisque d’après les statistiques de l’Insee, quatre Français sur dix ne partent pas. Toujours selon l’Insee, depuis vingt-cinq ans, près de 80 % des habitants de l’agglomération parisienne partent en vacances, mais ils ne sont que 51 % des communes rurales à aller se changer les idées ailleurs. Il est donc probable que les chiffrs ede notre enquête, réalisée dans des grandes villes, donneraient d’autres résultats à la campagne.

Le désir premier de tous est avant tout le repos, avec 28 % de souhaits (égal à la moyenne nationale) ; 23,7 % privilégieront les visites à la famille (12 % pour la moyenne nationale) qu’ils n’ont pas l’air de considérer comme du repos ! Et 18,3 % rêvent de s’éclater en boîte. Quant au budget, il est de près de 2000 euros (hors transports) pour les trois quarts des interrogés.
Nos sondés partent donc, et ils partent longtemps : 36,8 % pour un mois et 19,8 % pour trois semaines. Ce qui est très supérieur à la moyenne nationale. Les cinq semaines et les RTT ont en effet eu pour conséquence un morcellement des congés et des nouvelles pratiques de vacances courtes réparties tout au long de l’année. Ce décalage avec la moyenne nationale vient probablement du fait que les personnes interrogées partent à 55,9 % dans leur pays d’origine, contre 16,5 % en France et 27,6 % dans d’autres pays du monde.

On part donc en majorité au pays, et pour le plus longtemps possible. Rien de surprenant à cela : 94,1 % y ont des attaches affectives (pour 56,8 %, il s’agit de famille, et d’amis pour 43,2 %). Certains (46 %) y vont même plusieurs fois par an. La plupart séjournent alors dans la famille, à 64,2 %. Selon l’Insee, la moyenne nationale des séjours des Français dans la famille s’élève à 57 %. Mais les personnes ayant répondu à notre questionnaire sont tout de même près du quart à aller à l’hôtel, preuve que le rapport au pays change et que le tourisme intérieur progresse. Et si on voyage beaucoup en famille (74,9 %), on part aussi avec des amis (22,2 %). Et on préfère largement la mer (78 %, contre 37 % pour la moyenne nationale) à la campagne (17 %, contre 23 %). De plus, on part de plus en plus en avion (64,4 %), les longs périples en voitures ayant largement diminué (38,5 %).

Parmi ceux qui s’aventurent ailleurs qu’au pays d’origine, 56,4 % iront en Europe et 10,6 % en Afrique du Nord, mais dans un pays voisin. Le premier objectif reste la mer (56,5 %), devant la ville (23,7 %), la campagne (11,8 %) et enfin la montagne (7,8 %). On privilégie aussi un peu moins la famille et un peu plus les amis. La location est très prisée (même si les gîtes ruraux ne sont pas encore très répandus), juste avant le camping. Et le camping avec une tente, puisque seulement 1,6 % a une caravane.

Une nouvelle indépendance


“L’individualisme prend le pas sur la famille”

L’avis de Jamal Khalil, sociologue (Casablanca)

On assiste à un phénomène d’individualisation de la société, et cette constatation vaut autant pour la population migrante que non migrante. De ce fait, de nombreuses évolutions dans le comportement des Maghrébins vivant à l’étranger en découlent lorsqu’ils rentrent au pays. En outre, la modernité ne touche pas seulement ceux qui sont partis, mais aussi ceux qui sont restés. Les valeurs de la ville ont pris le pas sur les valeurs de la campagne. Les changements se retrouvent dans une façon de voir les choses, qui est tournée vers le chacun pour soi.
L’éclatement de la famille

Dans les années 60-70 et jusqu’aux années 80, les populations immigrées arrivaient massivement avec la famille au grand complet. Aujourd’hui, cette époque est révolue. La famille ne débarque plus en groupe. Arrivés à un certain âge, les enfants ne veulent plus venir en famille. Soit ils ne viennent plus, soit ils préfèrent plutôt voyager dans leur pays d’origine avec des amis ou en couple. La raison est simple : en grandissant, les enfants ressentent le besoin de se détacher de leur famille. Ils travaillent, gagnent de l’argent et veulent vivre pour eux.
Chez soi si on peut

Auparavant, lorsqu’elles arrivaient au pays, les familles émigrées allaient directement dans leur village d’origine et logeaient la plupart du temps dans la maison familiale, chez les parents ou les frères et sœurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : les familles habitent dans leur propre maison. Depuis un certain temps, on achète et on met un point d’honneur à séjourner chez soi. On arrive désormais sans forcément prévenir sa famille. On se dit : “Je vais au pays mais je vais chez moi, je ne suis pas dépendant de ma famille.” Et puis il y a le rituel, encore présent bien que moindre aujourd’hui, du cadeau : quand on va chez soi, les présents ne sont plus obligatoires.




















Tout doux les cadeaux !

Autrefois, le père et la mère de famille revenaient avec une grande quantité de cadeaux dans les bras, qu’ils distribuaient à leur famille, mais également aux habitants de leur village. Ils apportaient du thé, des confiseries, des fruits secs et toutes sortes d’objets de décoration. Eux-mêmes repartaient avec des produits alimentaires et des objets traditionnels qui leur rappelaient leur pays. Aujourd’hui, les produits de consommation locaux sont désormais disponibles de part et d’autre de la Méditerranée. Un commerce parallèle s’est développé en France, organisé par la population migrante et par les grands groupes de distribution français, qui fait que les Maghrébins ne manquent de rien sur leur terre d’accueil. Pour ces raisons, on préfère voyager léger. Les migrants ne veulent plus véhiculer l’image de la camionnette pleine à craquer qui lui a longtemps collé à la peau. Les transferts d’argent de la première génération ne sont plus tournés vers la consommation alimentaire, mais plutôt vers l’acquisition d’un bien mobilier dans leur pays d’origine. L’achat d’une valeur mobilière rassure le migrant et est lié à la vieillesse car, dans la plupart des cas, les premières générations de migrants préfèrent finir leurs jours dans leur pays.












On affiche son aisance matérielle
Les jeunes ont tendance à effectuer des dépenses d’argent de type égoïste. Il faut que l’argent se voie, qu’il soit consommé, qu’on le montre aux autres. On se compare à ceux qui sont restés aux pays. On les voit souvent dans des lieux de fête, sur les corniches, dans leur grosse voiture neuve. Ils viennent avant tout pour se reposer et faire des choses qui leur plaisent. Leur consommation est de l’ordre du plaisir avant tout, quitte à vivre de manière économique en France et comme des princes au bled. C’est un réflexe ancien que pratiquaient les générations antérieures et, de manière plus lointaine, les populations des campagnes qui ont fait l’exode rural : on affiche sa supériorité par l’aspect matériel. Dans les deux cas, la population migrante éprouve le besoin de montrer à travers sa consommation que son exil vers l’Europe a un sens, qu’elle a eu raison de partir car son niveau de vie est bien plus élevé que ceux qui sont restés.

En famille, c’est super... mais un peu “reloud”
Retrouver les cousins, les grands-parents, se ressourcer et voyager... Les enfants adorent aller en vacances au bled, les adultes aussi. Mais pour les adolescents, c’est une autre histoire. Illustration.



















“Le trajet en Peugeot 505, c’est quelque chose qui marque”
DJ Khalid, du groupe H-Kayne, d’origine marocaine

“Les vacances au bled, spontanément, ça m’évoque la bâche bleue et la Peugeot 505… Que des bons souvenirs ! Le trajet, ça marque. Sur un mois de vacances, on faisait trois jours de route à l’aller, et trois jours au retour. Côté musique, dans la voiture, c’était la grosse ‘battle’ entre mon père qui voulait mettre du Abdelhalim, et ma mère qui voulait mettre plus d’ambiance avec Jedwane ou Najat Aatabou. Une fois sur place, après avoir rendu visite à la famille à Ouazzane et à Casa, on n’arrêtait pas de bouger, toujours avec la 505. On a fait le tour du Maroc, d’Agadir à Chefchaouen en passant par Essaouira. Quant aux cousins, le seul décalage qu’il pouvait y avoir entre nous, c’était celui de la langue. On parlait le marocain de nos parents, très différent de celui de la rue. Il a fallu apprendre des codes de langage. Le test, c’est celui du jeu de mots : quand tu arrives à le relever, c’est que tu es intégré ! Aujourd’hui, grâce à ma musique, j’y retourne beaucoup plus souvent. J’ai changé de moyen de transport : j’y vais en avion, j’arrive donc plus frais et je n’ai plus la trace du coussin imprimée sur la joue !”

“Chaleur, gentillesse, je suis accueillie comme une princesse”
Sabrina, 19 ans, originaire de Bejaia (Algérie)
J’adore aller chaque été en Algérie. Pour moi, les vacances au bled sont nécessaires car elles constituent un réel un retour aux sources. Si pour certains c’est une tare d’y retourner, pour moi c’est une joie. J’y vais tous les ans pour un ou deux mois. C’est d’ailleurs moi qui ai poussé mes parents à ce qu’on y aille régulièrement. Je suis très attachée à mes origines et à mes traditions, donc lorsque je suis là-bas, je recharge à fond mes batteries. Je suis originaire de Bejaia, en petite Kabylie, mais j’essaye d’aller à la découverte des villes avoisinante comme Alger, Sétif, Constantine, etc. On a la chance d’avoir un pays riche en paysages, par conséquent on doit en profiter. Je vais aussi en Algérie pour voir ma famille. Lorsque je leur rends visite, je suis accueillie comme une princesse. Tout le monde fait en sorte que je ne manque de rien et ça me fait vraiment plaisir. A chaque fois, lorsque je rentre en France, je ne peux m’empêcher de pleurer car je m’habitue vraiment à eux. Ce que j’aime là-bas, c’est que les gens sont chaleureux et gentils. Ce dépaysement, on ne peut le retrouver qu’au bled car, en France, beaucoup ont perdu les notions de famille et d’hospitalité. Si maintenant je prends l’avion pour aller en Algérie, pendant des années, j’ai pris le bateau à Marseille. Je préfère d’ailleurs l’ambiance du bateau que je trouve plus conviviale. On passe plus de vingt heures à bord et, durant ce long trajet, on fait la rencontre d’autres jeunes et on s’amuse bien. Tout n’est cependant pas toujours rose. Je me souviens qu’une fois, le ferry était tellement chargé que j’ai été contrainte de dormir sur le sol de la cuisine du bateau. Je me rappelle également une fois où on est restés bloqués à la douane au port de Bejaia de 10 heures 30 à 23 heures. Mais j’aime tellement mon pays que j’espère pouvoir y finir mes jours, inch’Allah.”

“Je ne peux pas supporter ce grand écart entre les riches et les pauvres”

Yasmina, 21 ans, originaire de Casablanca
Je déteste passer mes étés au Maroc, c’est viscéral. Cela fait d’ail­leurs plus de quatre ans que je n’y suis pas retournée. Je préfère rester en France et travailler pendant l’été. Si certains y vont pour le dépaysement, les retrouvailles avec une partie de la famille et le retour aux sources, moi je n’en ressens pas le besoin. Plus jeune, j’étais contrainte de passer mes vacances en famille, à Casablanca. Je trouve cette ville trop grande, trop polluée et mal famée. Les gens y sont irrespectueux et même dangereux. Une fois, je me promenais au centre-ville avec ma mère et ma tante, et un voleur nous a agressées. Dieu merci, un homme nous est venu en aide et il a réussi à le fait fuir, mais ça m’a vraiment traumatisée. J’étais encore très jeune, je pense que cette histoire m’a définitivement dégoûtée du bled. Depuis, par peur de l’agression, je fuis les lieux trop populaires, j’évite les mouvements de foule et je prends le taxi plutôt que le bus. Ce que je ne peux pas supporter, c’est le grand écart entre les riches et les pauvres. Ce sont ces inégalités et ces sentiments de frustration qui poussent certaines personnes à devenir violentes et à basculer. Ce n’est pas un hasard si c’est à Casablanca que se produisent des attentats kamikazes. Je sais bien que tout le Maroc n’est pas ainsi, Dieu merci. Mais, pour le moment, je préfère ne pas y retourner. Je ne renie pas pour autant mes origines. Envers et contre tout, je suis fière d’être marocaine et je l’affirme sans complexe. Un jour, j’espère vraiment pouvoir aller à Marrakech ou Agadir car ces villes touristiques m’attirent énormément.”

“C’est à l’âge adulte que l’on recommence à apprécier le retour aux sources”
Rachida Khalil, comédienne, originaire du Maroc

“J’ai l’impression de rentrer dans mon autre ‘chez moi’. Quand j’étais petite, les vacances étaient un rendez-vous, une espèce de lien qui ne s’est jamais brisé. Ça nous permettait de nous ressourcer et c’était particulièrement fort. J’ai en mémoire par exemple l’odeur d’un pain que nous préparait ma mère spécialement pour le voyage, de la 404 blindée et de road-movies à la fois éprouvants et excitants, mélange de fatigue et d’éclats de rires entre frères et sœurs. Je me souviens d’une traversée de l’Espagne assez traumatisante. Une des familles marocaines arrêtées sur le bord de la route s’était fait agresser par des voleurs. Cette nuit-là, nous n’avons pas réussi à fermer l’œil de la nuit. Et puis un berger allemand est sorti de nulle part et il est resté là à veiller sur nous. C’était hallucinant, je ne l’oublierai jamais. Par la suite, en grandissant, les vacances en famille commencent à devenir une contrainte plus qu’un plaisir. On a des envies de sorties, de plage, de liberté. Ce n’est qu’une fois adulte que l’on recommence à apprécier le retour annuel aux sources.”









“Je déteste qu’on parle de moi comme de l’émigrée’”

Sofia, 20 ans, originaire de la région de Tizi-Ouzou (Algérie)

Depuis que je suis née, je vais tous les étés en Algérie et, même si j’aime mon pays, je suis arrivée à saturation. J’ai eu ma dose. Pendant longtemps, j’ai été contrainte de passer deux mois là-bas, mais, Dieu merci, depuis trois ans, je n’y vais plus qu’un mois. Je suis originaire de Michelet, une ville proche de Tizi Ouzou, en grande Kabylie. Du haut de mes montagnes, je ne passe pas des journées extraordinaires. J’habite à deux heures et demi de la plage. Je n’y vais pas souvent car mes parents travaillent et n’ont pas le temps de nous y conduire avec mes sœurs. Même s’ils me laissent libre de faire ce que je veux, je ne profite donc pas comme je le souhaiterais de mes vacances. Généralement, je dors le matin et, l’après-midi, je vais soit au magasin de ma mère ou bronzer avec mes sœurs dans le jardin. Quand j’étais petite, j’adorais passer mes vacances au bled car je m’amusais à voler par exemple les fruits dans les jardins des voisins. Mais en grandissant, on s’assagit et on ne trouve plus ça très drôle. Je sors peu, je n’aime ni le climat ni la mentalité. En ville, dans les rues, il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes, je ne me sens donc pas très à l’aise. Ce qui m’insupporte, c’est lorsque je me balade avec mes copines et que j’entends des remarques comme ‘l’immigrée’, etc. La seule sortie que j’apprécie, c’est celle à la fontaine. Lorsque le soleil tape moins fort, vers 17 ou 18 heures, on prend nos bidons avec mes copines et cousines et on descend la montagne pour aller chercher de l’eau. Le trajet est difficile car on doit suivre un chemin en pente raide, étroit et caillouteux. La fontaine est un lieu de rendez-vous pour les femmes. Elles s’y retrouvent pour se raconter leurs histoires et rigoler. C’est important d’aller au bled, ça nous repose et ça nous ressource, mais si je pouvais passer mes vacances ailleurs, je le ferais sans hésitation.”
“Je parle avec ma grand-mère tous les jour, ça me change de la cité”
Mohamed Kraini, aka MC Braco, 18 ans, originaire de Djerba (Tunisie)
Je ne comprends pas ceux pour qui les vacances au bled ne sont pas un plaisir. Pour moi, c’est comme de dire qu’on n’aime pas voir sa mère. Bien sûr qu’il y a des côtés désagréables, mais ça reste un plaisir. Je me sens chez moi quand je vais en Tunisie. C’est d’abord l’occasion de revoir ma famille, mes grands-parents, mes cousins, oncles et tantes. Un mois et demi, c’est court, on a beaucoup de choses à se dire. Je tiens beaucoup à ma grand-mère, je vais la voir tous les jours, on discute de tout et de rien, ça me change des discussions de la cité, les bécanes, les meufs, etc. C’est ma conscience, ma deuxième mère. La famille fait tout pour qu’on passe des bonnes vacances. Ma mère ne fait rien là-bas. Ce sont mes tantes qui font à manger par exemple et, là-bas, la cuisine a une autre saveur. Je rentre toujours du bled avec quelques kilos en plus. La Tunisie, ça permet d’oublier les problèmes qu’on rencontre ici.


















A Djerba, mes parents ont deux villas alors qu’ici, j’habite dans une cité. Eux pensent comme moi, ils travaillent dur ici pour se payer le luxe là-bas. Jamais dans l’excès mais assez pour qu’on se sente bien. Ce que l’on ne peut pas avoir ici, on l’a en Tunisie. Djerba, l’été, c’est aussi plein de touristes. Ils m’offrent la possibilité de me détendre. Je fais comme eux : plage toute la journée, jet ski, parachute, restaurant. Je fais plein de rencontres aussi. Et puis chaque année, on part avec mon frère visiter tout le pays. On passe une semaine ou deux dans une ville : Hammamet, Sousse, Tunis. Cette année, j’espère aller à Monastir. Là-bas, je fais le touriste éclairé : je découvre comme tout le monde, mais je me fais moins avoir que les autres.”

“On n’avait rien, mais on ne faisait que rigoler”
Amel Bent, d’origine algéro-marocaine

“Pour mois, les vacances au bled sont vraiment synonymes de bons souvenirs et de fous rires. J’ai la chance d’avoir toute ma famille en France, donc contrairement à d’autres je n’y allais pas pour ça. Je suis moitié marocaine et algérienne. Dans ma famille, les adultes allaient généralement à Oran, chez ma grand-mère, et nous, les jeunes, on passait nos vacances au Maroc, à Oujda, la ville de mon grand-père. Avant, j’y allais chaque été. On ne partait qu’entre jeunes, on avait un oncle qui habitait là-bas. J’aimais beaucoup la plage d’Essaïdia parce qu’il y avait plein de jeunes, je retrouvais mes amis de France. Nos parents nous y envoyaient en bus, et c’était la misère : je me souviens des bébés qui pleuraient, des sacs qui tombaient à l’arrière de l’engin tellement le chauffeur le surchargeait de bagages. Nos parents nous donnaient 200 francs et on devait tenir un mois et demi, deux mois. A Oujda, avec ma cousine on faisait vraiment les folles. Ma grand-mère est cool en France,elle nous laisse faire ce que l’on veut, mais une fois qu’on arrive au bled, c’est fini. Là-bas, elle fait attention aux voisins...”

“Je me sens jugée et je n’aime pas l’esprit de village”
Ibticem Kamous, 24 ans, architecte, originaire des environs de Bizerte (Tunisie)

Les vacances au bled, ce sont d’abord de très bons souvenirs d’enfance. Avec mes deux sœurs, on retrouvait mes cousins chaque été. A cette époque, mon oncle et mon père se faisaient construire leur maison. Toute la famille était donc réunie chez ma grand-mère dans une petite ville à côté de Bizerte. Menzel Jemil a une particularité : l’été, sa population se multiplie par trois ou quatre avec les Tunisiens de Grenoble comme nous qui viennent y passer leurs vacances. Enfant, donc, j’avais l’impression que c’était la fête tout le temps, on était ensemble, on allait à la plage tous les jours.

En grandissant, j’ai beaucoup moins aimé mes vacances au bled. J’ai été éduquée en France. Quand je rentrais en Tunisie, je découvrais des comportements qui m’étaient totalement étrangers. Là-bas, à partir de 17 ans, tu es bonne à marier. Un jour, une vieille dame est venue demander ma main à ma mère pour l’un de ses fils. Je ne les avais jamais vus ni elle, ni lui. Aujourd’hui, j’ai bientôt 25 ans, je suis presque périmée ! Mes parents ne se reconnaissent pas non plus dans ces traditions-là. Ce que je n’aime pas, c’est l’esprit du village, chacun croit savoir ce qui est bon pour l’autre. Je ne sais pas au nom de quoi on devait se plier à des règles inexistantes. Les hommes, là-bas, se réfugient derrière la religion, les traditions. Pour moi, ils sont justes frustrés. La religion, ça leur donne du grain à moudre, c’est tout. Au bled, je me sens jugée. Je ne fais rien que venir passer des vacances dans la ville de mon père. Du coup, je lui en ai presque voulu de se faire construire une maison là-bas.”

“Au souk, je me fais passer pour une fille du bled”
Imane, 20 ans, originaire de Casablanca (Maroc)


















Pendant longtemps, les vacances au bled pendant deux mois, pour moi, c’était la punition. Mais depuis peu, j’aborde mon départ au Maroc avec plus de joie. Je m’amuse beaucoup plus avec mes sœurs et mes amis. Je passe mes journées à la piscine et le soir je me promène sur la côte, à Casa. Je me souviens, il y a deux ans, j’étais à Rabat avec mes sœurs, et en revenant de la plage, un fou nous a poursuivies avec une hache parce qu’on était des filles de France. On avait vraiment rigolé. Quand on va au souk, je me fais passer pour une fille du bled. Je leur fais croire que je fais des courses avec mes cousines de France en parlant de mes sœurs. Vu que je parle très bien le marocain, les vendeurs me croient et me vendent toujours à moitié prix. Cette année, il me tarde d’y être, parce qu’on a une cousine qui se marie cet été à Fès. On va bien s’amuser et faire la vraie fête. De plus, je n’irai qu’un mois, ce qui me comble de joie. Deux mois, c’est trop long pour moi. Ce sera aussi le premier été où j’irai en avion sans ma mère parce qu’habituellement, je pars toujours avec elle en voiture. Le trajet est fatigant, mais j’aime bien traverser l’Espagne et utiliser les quelques notions d’espagnol que j’ai acquises. Je me souviens qu’une fois, on a attendu plus de deux jours à Algeciras, à la frontière espagnole, avant de pouvoir prendre le bateau. Je garde un très bon souvenir de cet épisode car j’avais l’impression d’être en camping. J’ai fait la connaissance de Marocains hollandais, espagnols et ce fut très enrichissant.”
“Je suis tombé amoureux du bled”

Rim-K 113, musicien, originaire d’Algérie
“Les vacances au bled, c’est avant tout un retour aux sources pour se recadrer. En France, on perd parfois de vue nos traditions, on se laisse manger par les valeurs occidentales. Ça me fait donc du bien d’aller en Algérie. C’est un très beau pays où il y a plein de choses à faire. De plus, une grande partie de ma famille vit là-bas. Avant, je n’allais qu’en Algérie, depuis que je suis dans la musique, j’ai la possibilité d’aller tous les ans en Algérie, au Maroc et en Tunisie pour donner des concerts. J’adore le Maghreb, avec une petite préférence pour l’Algérie. A chaque fois que j’y vais, les gens me le rendent bien. Je suis fier d’être algérien.Quand j’étais plus jeune, ça se passait comme dans ma chanson ‘Tonton du bled’. On chargeait la voiture à fond et on allait à Marseille prendre le bateau. C’était vraiment dur de passer vingt-quatre heures assis sur un siège, comme au cinéma. Mais, pendant la traversée, on faisait des rencontres avec d’autres. Quand on est jeune, on ne se rend pas compte de l’importance d’aller se ressourcer dans son pays d’origine et de ne pas perdre ses racines. D’ailleurs, quand j’étais plus petit, c’était un peu “relou”, les vacances en famille. On met du temps à s’adapter au mode de vie du bled, à la chaleur, à retrouver ses repères.”

“Ils en rajoutent un max”

Les “blédards” vus par les “zimigris”

Branchés Les vacances au bled réservent des surprises aux Franco-Maghrébins. Ces immigrés de seconde ou troisième génération découvrent la sur-occidentalisation : filles hyper blondes, fast food méga “dégueu”… et plus encore. Florilège d’anecdotes pour des sentiments contradictoires.

Flashs, caméras, foule, acclamations, micros, gardes du corps… tous les “retours au bled” ne sont pas fêtés à la Zizou pour marquer en grande pompe l’arrivée au pays… En revanche, tous les “zmigris” ont la tête pleine de récits émouvants, d’anecdotes impayables, d’images rigolotes, de réflexions étonnantes. Retourner au pays ou retrouver le pays de ses parents n’est pas forcément simple. Le pays a bougé, il n’est plus à l’image de la tradition que les souvenirs ont retenue. Et le regard porté sur ces “zimigris” n’est pas celui qui était espéré.

Ainsi Farida, 45 ans, qui n’était pas allée en Kabylie depuis dix ans, n’en est toujours pas revenue de ces quelques scènes qui lui ont fait réaliser la façon dont la terre de ses parents s’est adaptée aux temps modernes : “J’ai été frappée par les contrastes : dès le lendemain de mon retour, je suis tombée sur quatre jeunes en train de sniffer dans un sac en plastique à côté de ‘barbus’ indifférents.

Curieusement, dans la rue, personne ne remarquait cette scène incroyable… Visiblement, cela ne choquait plus. Idem quand on a croisé des femmes voilées fréquentant les mêmes endroits que des filles vêtues de jupes archi mini, le nombril à l’air… Cela faisait rigoler mon mari, tandis que moi, je réalisais que le pays de mes parents vivait à certains égards au même diapason que Paris où je suis née et où j’habite. Ce contraste est frappant pour quelqu’un comme moi qui viens de l’extérieur. Il y a des changements moins sociaux et plus drôles comme la couleur des cheveux des filles : il y a dix ans, je me souviens que toutes les femmes du pays étaient brunes. Aujourd’hui, elles sont toutes blondes… A cause de la teinture. J’ai appris qu’on appelle les fausses blondes, les BBR. C’est l’abréviation de l’expression arabe qui veut dire ‘blonde malgré le consentement de Dieu’… Le phénomène est tel qu’un papi, convive d’un mariage auquel j’assistais, s’est écrié : ‘C’est incroyable toutes ces blondes !’”

Pour Eyet, une expression entendue lors de son récent séjour dans un village de l’Oranie la fait rire dès qu’elle y pense : “Alors qu’un type me draguait lourdement dans la rue, je le rembarre vite fait à la parisienne, du style ‘Oh ça va, fous-moi la paix’. Sur ce il me rétorque : ‘oh la la la, la vache folle !’” Eyet reste également très imprégnée par le spectacle de l’aéroport, où la foule afflue tous les étés pour passer ses journées aux arrivées et départs. “Ils viennent de toutes les régions du pays voir les émigrés revenir ou repartir. La France c’est l’Amérique pour eux. On est des merveilles. Certains hommes n’hésitent pas à approcher les filles, les ‘gazelles’ comme ils disent, pour leur faire, à la sauvette, des propositions de mariage. L’objectif étant de venir vivre dans l’Hexagone. Qu’ils soient jeunes, vieux, hommes, femmes, ils sont là par centaines à nous regarder les yeux grands ouverts derrière les vitres ou à la sortie de l’aérogare. Ce n’est pas une scène particulièrement bruyante, c’est surtout plein de regards émerveillés, hagards… C’est un hobby pour des foules de gens.”
























Eyet en Algérie comme Nadia et Asmaa au Maroc s’agacent, sur le ton de la rigolade, du fait qu’il leur est impossible de passer pour de vraies Arabes dans leur berceau familial. Nadia a beau prendre toutes les attitudes locales, essayer de se fondre dans le paysage, parler parfaitement l’arabe, rien n’y fait :
“Je vis au même rythme, je pose le même regard sur ce qui m’entoure… cela ne change strictement rien : dans les magasins, la rue, les restaurants, ils me prennent pour une touriste française, constate-t-elle mi-figue mi-raisin. Ce ne serait pas enquiquinant si, dans les boutiques, systématiquement à la caisse, le montant du produit que je suis sur le point de payer ne passait pas à l’euro en même temps que la somme double. Comme si j’étais une vulgaire touriste que l’on peut arnaquer.” Et de conclure : “Il y a de toute évidence un truc qui me trahit pour que les gens n’aient aucun doute sur ma nationalité. C’est quoi ce truc ? Je n’ai toujours pas compris, c’est un vrai mystère.”

Asmaa, 26 ans, déplore tout en souriant, ce même phénomène : “Je débarque, très sûre de moi, comme une vraie Arabe… eh bien, c’est à chaque fois raté : mon interlocuteur me répond immanquablement en Français. Pire, insiste-t-elle toujours sur le même ton amusé, je suis voilée, alors je pensais que je passerais inaperçue au Maroc. C’est à n’y rien comprendre : avec mon voile, les Marocains me regardent comme si j’étais une martienne, alors qu’il y a l’appel à la prière tous les jours dans la ville.” Asmaa tente une explication : “Ils sont très ‘in’ les Marocains. Ils sont parfois beaucoup plus occidentalisés que nous, les Français… d’où éventuellement ce regard sur mon visage voilé.”

Farid, 32 ans, est lui aussi très frappé par cette sur-occidentalisation des Kabyles : “Alors qu’en France, les Arabes ont des paraboles pour capter les émissions d’Afrique du Nord, en Algérie c’est le même paysage, mais cette fois-ci, c’est pour capter les chaînes françaises. Dans la rue, cette occidentalisation donne des mecs avec des coupes de cheveux incroyables : des crêtes façon punk, à la Beckham… La restauration également n’échappe pas à cette mode : il y a des McDeluxe, pâles copies du McDo ou des Quick. Les pizzerias proposent des pizzas à la ‘bichamel’… franchement ‘dégueulasses’. Je suis resté perplexe en lisant des menus qui racontaient l’histoire de la pizza : comme si c’était eux qui avaient ­inventé la pizza… Le bon côté de cette occi­dentalisation, c’est l’émancipation des filles : elles sont aujourd’hui très belles. Et les hommes en sont très fiers : comme tous les types du monde, quand une belle nana passe devant eux, ils sont heureux.”

“J’essaye d’y aller tous les deux ans”

Tunisiano, des Sniper, d’origine tunisienne

“De 6 à 20 ans, j’y suis allé chaque été. Ma mère m’y envoyait avec mes frères fin juin et on rentrait le 16 septembre. On ratait tout le temps la rentrée scolaire. Depuis que je me suis investi sérieusement dans la musique, je ne peux plus y aller aussi régulièrement. J’essaye de m’y rendre tous les deux ans pour voir mes oncles, mes tantes, etc. Mais ce ne sont pas réellement des vacances, plutôt des retrouvailles. Pour être honnête, si je veux aller en vacances, je vais ailleurs. Jusqu’à l’adolescence, j’adorais y aller, je m’éclatais grave avec mes amis. Maisen prenant de l’âge, les vacances en famille, bof. En grandissant,on commence à vouloir prendre son indépendance pour sortir avec ses potes.”

“On dort parfois tous ensemble dans la même pièce”

Kenza Farah, chanteuse d’origine algérienne

“Le retour au bled, ça m’évoque les racines, la famille. Là-bas, je retrouve des odeurs, des goûts de nourritures qui m’évoquent mon enfance. On y va souvent l’été, plus particulièrement lorsqu’il y a des mariages. C’est important de ne pas oublier d’où l’on vient. Quand j’étais petite, il y avait la mer, c’était vraiment bien. Maintenant, j’aime aller au bled pour me reposer et profiter de ma famille. Il y a vraiment une bonne ambiance, on dort tous dans la même pièce. Même si c’est par terre, l’essentiel, c’est qu’on soit tous ensemble. J’ai vu le jour en Algérie. Ma mère était enceinte de moi quand elle est allée passer ses vacances au bled et comme elle est restée plus longtemps que prévu, elle a accouché là-bas.”

“Ils se la pètent”, les “zimigris” vus par Les “blédards”

Regard Au pays, les Franco-Maghrébins sont attendus comme le loup blanc : par leur famille, qui se réjouit des retrouvailles, et par les commerçants, qui se frottent déjà les mains en prévision des bonnes affaires. Quant aux autres, ils les attendent avec un sourire mi-figue, mi-raisin. Reportages à Alger, Tunis et Casablanca.

En Algérie

“A nous les filles à double nationalité”

Nos émigrés ? On les aime bien. Ils ne marchandent pas et dépensent sans compter. Si tous les Algériens faisaient leur marché comme eux, nous serions presque milliardaires.” Comme beaucoup de commerçants, Abdelghani voit son chiffre d’affaires exploser lorsque les Algériens de l’étranger reviennent au bled pour les vacances d’été. C’est donc avec impatience que ce jeune propriétaire d’un commerce de fruits et légumes en Kabylie attend ce retour, synonyme de retrouvailles et de joie, mais aussi de profits conséquents. “Lorsque le franc valait un dinar, ils rentraient discrètement au pays pour y passer quelques semaines avant de repartir en France tout aussi discrètement. Au­jourd’hui que l’euro vaut 100 dinars, ils vivent très bien. Il est loin le temps où ils ramenaient des fripes pour les revendre et améliorer l’ordinaire. Hier, nos émigrés étaient des fourmis, aujourd’hui ils passent pour des cigales. Que Dieu nous les garde”, ironise encore ­Abdelghani.

Chaque été, ils sont presque un million d’Algériens, pour l’essentiel établis en ­France, à débarquer dans les ports et les aéroports. Si certains optent pour les hôtels situés dans les stations balnéaires, une grande majorité préfère rejoindre le village d’origine, là où les uns et les autres possèdent une propriété et là où les liens familiaux et tribaux demeurent solides malgré l’exil et l’éloignement. Depuis la dépréciation du dinar face à la monnaie européenne, beaucoup d’émigrés ont réussi à acquérir de belles voitures, à construire de grandes maisons au bled et même à ouvrir des commerces pour leur progéniture.“Ils paient, sans poser trop de questions"

Une nouvelle génération d’expatriés préfère acheter un appartement en ville. Certains sont loués le reste de l’année, tandis que d’autres restent tout simplement inoccupés. De plus en plus de vacanciers de France optent pour la location de bungalows ou de cabanons sur la côte, et ce, pour le bonheur des agences immobilières. Portés sur la fête, les jeunes se dépensent dans les boîtes qui essaiment le littoral. “Les émigrés paient sans poser trop de questions, affirme un connaisseur du milieu. Bien sûr, les autochtones râlent contre ces gens dont le comportement fait grimper en flèche le prix des locations. Mais c’est la loi du marché.”

“Ils me veulent tous comme beau-père”

Evidemment, les émigrés ne sont pas tous riches et tous ne sont pas vus d’un œil goguenard par leurs compatriotes du bled. Parisienne depuis une quinzaine d’années et veuve depuis peu, Houria travaille comme assistante maternelle dans un quartier de Saint-Cloud. Mère de deux enfants, elle ne manquerait pour rien au monde ses vacances au bled. “Dans le passé, nous avions pour habitude de louer un appartement dans la région d’Alger. Aujourd’hui, les propriétaires nous voient comme des super millionnaires et deviennent de plus en plus gourmands. Du coup, je vais chez mes parents”, dit-elle. En dépit de cette substantielle économie sur le loyer, elle doit tout de même prévoir un budget supérieur à 2500 euros pour un mois de vacances. “Il faut compter les billets d’avion, les cadeaux aux proches et les dépenses sur place. En somme, toutes mes économies sont consacrées à notre séjour en Algérie. Je ne le regrette pas, loin de là, c’est mon choix.”

Chef d’une entreprise de matériaux électroniques dans la banlieue parisienne, Farid ne lésine pas sur les moyens. Pour ses vacances, il descend en famille dans un grand hôtel de la capitale. Chambre de luxe, piscine et repas bien arrosés, l’escapade est un rituel immuable. “Avant je passais mes vacances dans mon village en Kabylie, maintenant j’y fais un tour juste pour voir les parents et les amis. Depuis que les filles d’émigrés sont très convoitées pour cause de double nationalité, tous veulent m’avoir comme beau-père. Bien sûr, ce n’est pas pour les beaux yeux de ma fille, mais parce qu’elle possède la nationalité française. À la longue, c’est lassant”, soupire Farid.

Loin d’être un cas isolé, cette anecdote tend à se généraliser dans certaines régions d’Algérie, particulièrement en Kabylie où l’on compte une très forte population d’émigrés. Vingt ans ou trente ans plus tôt, les parents avaient du mal à marier leurs filles nées en France, considérées comme des filles faciles. De nos jours, ils n’ont que l’embarras du choix. Faute de visas, nombre d’Algériens sont en quête d’une ressortissante de France pour obtenir les papiers français. “La chasse aux filles possédant la double nationalité s’ouvre dès le début de l’été, témoigne Mourad, chauffeur de taxi et dont les beaux-parents vivent à Montreuil. Même moche ou tétraplégique, une Franco-Algérienne est certaine d’avoir une vingtaine de prétendants devant sa porte. Ces jeunes filles sont une denrée très recherchée.”
Jadis, affirme Djamel, journaliste dans un quotidien d’Alger, les enfants d’émigrés nous snobaient. “Bien fringués, ils nous narguaient avec leur accent parigo. Hier, les Parisiennes choquaient par leurs tenues provocantes. Aujourd’hui, la dernière lycéenne d’un village perdu de Kabylie écoute Britney Spears et s’habillent en Lolita.”

En tunisie

Les Tunisiens de France sont privilégiés lorsqu’ils arrivent en vacances ici. On a des instructions très précises de l’Etat qui exige qu’on se montre prévenants à leur égard et qu’on ne les embête pas. Je comprends cette volonté car ce sont des citoyens tunisiens à part entière qui ne visitent leur pays qu’une fois par an, mais cela entraîne parfois des dérives.Ces privilèges leur montent à la tête et ils ont parfois des attitudes indécentes. Ils sont bruyants et essaient par tous les moyens de se faire remarquer quand ils sont en voiture par exemple.
C’est drôle de les voir arriver avec leurs tenues branchées et siglées de la tête au pied. A croire qu’ils veulent nous en mettre plein la vue. Ils oublient que la Tunisie est un pays moderne !”

Amine, 25 ans, étudiant, et Lassaad Toujani, 31 ans, entrepreneur
“C’est assez drôle de voir nos compatriotes tunisiens arriver de Marseille par bateau. Il faut y assister au moins une fois. Ils débarquent souvent avec des frigos et des gazinières ! Mais pour qui nous prennent-ils, franchement ? Ce n’est pas le tiers-monde ici ! Ils ont un côté touchant quand ils essaient de s’intégrer comme ils peuvent en baragouinant un dialecte tunisien à la sauce française. On voit bien que le pays leur manque. Généralement, les émigrés tunisiens sont issus de classes très moyennes. En les voyant arriver avec leurs voitures toutes neuves, avec les villas de rêve qu’ils se font construire ici, on a l’impression qu’ils économisent toute l’année en France...”

“Le souk dans la R25 bourrée à craquer”

Moncef Zerka, footballeur d’origine marocaine

“La première chose qui me vient en tête quand j’évoque les vacances au bled, c’est le souvenir des préparatifs à Orléans. On faisait tout au dernier moment, et c’était aux enfants de faire les bagages pour que mon père puisse se reposer avant le grand voyage qui l’attendait. La Renault 25 était bourrée à craquer. Dans la voiture, avec mes frères et sœurs, c’était assez agité. Un jour, en faisant le fanfaron j’ai même cassé la boîte de vitesses ! Autant dire qu’on était dans la panade. Heureusement, on avait de la famille à Madrid qui nous a hébergés en attendant que la voiture soit réparée. Du Maroc, je ne conserve que des bons souvenirs. On retrouvait les cousins, les cousines, on faisait les 400 coups ensemble. Ma famille est originaire de Mekhnès, mais on séjournait aussi à Tanger et Casablanca. La famille nous posait toutes sortes de questions sur la vie en France. Leur curiosité était insatiable. Je passais beaucoup de temps à jouer au foot avec les grands. On m’avait déjà repéré et tout le monde me voulait dans son équipe. J’ai bien envie de refaire un jour le voyage en voiture pour revivre mes sensations de jeunesse. Et cette fois je serai au volant.”

Au maroc, le ciel, les oiseaux et les MRE

En cette fin de journée chaude et ensoleillée, la grosse BMW (“de location”, avancent les uns) immatriculée “bleu blanc rouge” déboule dans le quartier du marché et de la mosquée de Maârif, à Casablanca. Et comme si les passagers n’avaient pas été suffisamment remarqués, ils montent le son de leurs tuners à fond les ballons, et sortent de la voiture en roulant des mécaniques avec leurs habits griffés “Réussite”. Pendant ce temps, les fidèles ne vont pas tarder à rejoindre la mosquée, tandis que d’autres palabrent calmement en terrasse de café. Cette scène, nombre de Marocains l’ont en tête à l’approche des beaux jours, mais elle revient comme une arête de poisson dans leurs conversations. Cette scène, qui affiche sans conteste le fossé entre MRE – les Marocains résidant à l’étranger – et les Marocains – tout court – se passe aussi bien à Rabat, Casablanca, Marrakech qu’à Agadir.

“Avec les premiers rayons du soleil, les discussions tournent autour de ces deux sujets : les vacances et l’arrivée des MRE”, constate amèrement Halima. Pour cette médecin de Casa, si l’été est signe de chaleur et bonheur, il marque aussi avec froideur les rapports humains entre Marocains et “beurs”. “La piscine du Tropicana, je n’y vais plus. Les MRE sont bruyants, ils ne respectent rien. Trop choyés par l’Etat pour leurs devises, ils se croient au-dessus des lois.” Les propos de Tayeb ne sont guère plus enthousiastes. A 32 ans, ce Marocain pur souche et amoureux de son pays, raille : “Ils flambent ! En plus, sans vouloir généraliser, ils ne se considèrent pas comme marocains. Ils sont égarés”, déplore-t-il en guise de conclusion.


















Pour Siham, jeune secrétaire de 26 ans, “sur les routes et les plages, question conduite et propreté, c’est insupportable”. Mais pour cette jeune femme, fière des valeurs traditionnelles du Maroc, le pire, c’est surtout ce souvenir d’un hôtel d’Agadir où confie-t-elle, “j’ai vu des parents qui osaient boire de l’alcool à côté de leurs enfants”. Le son de cloche est différent du côté de chez Fatima, responsable d’un magasin à Casablanca. Même si elle confirme le manque de civisme des “beurs” en général, cette quadragénaire sourit puis explique : “Les MRE consomment ; ils ont un pouvoir d’achat qui n’est pas sans laisser les commerçants indifférents.”

Amel travaille dans la communication et se plaît à rappeler une anecdote : “Chez Marjane, on reconnaît les ‘beurs’ à deux choses : la boîte de camembert dans une main, la bouteille de rouge dans l’autre. C’est trop comique, même si, dans le fond, cela ne nous fait pas vraiment rire.”
Et le béret basque ? Elle n’en a pas fait mention ? Normal, penserait-on, avec cette chaleur. Mais remarquez, un tarbouche bleu serait de bon ton. Une façon intéressante de réunir les couleurs de la France avec une touche locale. Soit une belle réconciliation.

En quête d’authenticité

Vous ignorez où se situe Toumanar, vous ne connaissez rien à l’argan ou à la cuisine traditionnelle ? Profitez de vos vacances pour découvrir le bled autrement. Des associations vous proposent des séjours qui feront de vous un vrai blédard.
Les vacances sous le signe du partage
Une nouvelle mode ? Un nouveau passe-temps pour des bobos écolo ? Non, mieux que ça, des vacances solidaires. Ici, pas de balade à dos d’âne guidée par un Touareg. La découverte du patrimoine, le contact avec les villageois, le partage et l’échange des savoirs, l’aide au développement, voilà la recette d’un voyage à la dure. L’association Asays est un exemple à méditer. Ce petit groupe de Franco-Berbères de Saint-Denis (93) a décidé de faire connaître sa région d’origine, celle d’Agadir, différemment. Ils voulaient faire de l’humanitaire, mais ils ont opté pour l’organisation de séjour en immersion pour les jeunes de Saint-Denis et d’ailleurs.
C’est un voyage dans le Maroc profond. De la mer vers les terres ocre de l’Anti-Atlas, bien loin de la région parisienne. D’Agadir, le voyageur est transporté, au sens propre comme au sens figuré, au sommet des montagnes d’argile et de manganèse en passant par les médinas, les souks et les vestiges de l’histoire, à Tiznit, Sahel, Toumanar ou Tafraout. Pendant huit jours, il est plongé dans le quotidien des pêcheurs, des agriculteurs, des bijoutiers de la coopérative de Tiznit, des femmes de Tizourguiwine… Il est initié aux techniques traditionnelles agricoles et à la cuisine au feu de bois. L’un des moments forts reste la découverte de la vallée d’Ammelen et de Tafraout, au pays des amandiers. Plus besoin de charger le porte-bagages de la Peugeot pour aller s’éclater au pays. L’image de l’immigré qui rentre au pays pour visiter sa famille est révolue. Pour Ali Idelouali, président d’Asays, “les Franco-Maghrébins sont des Français à part entière et doivent inventer de nouvelles formes de solidarité. On assiste au renouvellement d’une solidarité internationale issue des migrations”.

Connaître et soutenir le pays

L’initiative d’Asays est née d’un constat sans équivoque : “Beaucoup de Maghrébins vivant en France ne connaissent pas bien le pays. Nous leur proposons de découvrir leur culture sans pour autant devenir des touristes extérieurs.” C’est toute la dialectique qui semble avoir évolué. “La notion de bled a changé. Avant, les immigrés entendaient par ce mot leur propre village. Désormais, cette notion englobe le pays entier.” Pour les organisateurs, l’objectif est de créer un pont entre le pays d’origine et le pays d’accueil en nouant des liens culturels et humains : “Nous essayons de faire en sorte qu’en revenant, ils soutiennent les associations, les coopératives qui foisonnent dans le pays et qui sont presque un modèle en termes de dynamique de société civile.”

Le souvenir de la solidarité

Pour ce type de voyage, les groupes sont limités à quinze ou vingt personnes. On est très loin du tourisme de masse. Les intervenants sont payés “au juste prix”. Il n’y a plus d’intermédiaires entre le fournisseur de services et le voyageur. Ainsi, les villageois qui accueillent les estivants, les associations qui les encadrent, les coopératives, le personnel chargé de la restauration, tous sont rémunérés par l’association. Sur la somme acquittée par les participants, 49 % sont dévolus aux transports, 41 % aux prestations offertes par les habitants et 5 % au soutien d’associations locales sous forme de distribution de cartables comprenant des fournitures scolaires et des livres.

Zouhra Laisaoui 35 ans, analyste crédit, partie en 2006 avec Asays
Les plus : C’était mon premier voyage solidaire. Je connaissais le Maroc, mais pas cette région. J’ai été fascinée par ces associations très structurées et organisées. On n’a rien à leur apprendre. Elles sont riches de projets. Le voyage en lui-même a été un grand moment de convivialité, dans un esprit positif et volontaire. L’accueil a été formidable, les gens ont été si patients et généreux.
Les moins : Le séjour est trop court et l’agenda trop chargé. J’aurais aimé participer à un projet, du début à la fin, notamment avec les coopératives de femmes productrices d’argan. Elles avaient un problème de conditionnement et j’aurais aimé les aider immédiatement.

Halte obligatoire chez Karim, le garagiste

504 break chargée, allez, montez les neveux”, “Tonton du bled”, un titre du groupe 113 raconte les différentes étapes des vacances au bled, du départ au retour. Le titre oublie pourtant la halte sans laquelle rien ne serait possible, le passage chez le garagiste. Les vacances au bled, une souffrance de plus pour les amortisseurs des voitures, une manne financière inespérée pour les garagistes. Rue Jean-Pierre-Timbaud, Karim, le patron du Petit garage, discute avec un vieux Tunisien. Avec nostalgie, ils évoquent “la 404 bâchée”, première voiture au monde qui a réussi en Tunisie. “Ça, c’est costaud, elle tombe en panne, un coup de marteau, elle redémarre.” Pas besoin de garagiste, alors ?

Pas tout à fait. Les temps ont changé. Karim n’a plus qu’un client qui lui amène chaque année sa 404. Visiblement, les coups de marteau ne suffisent plus. Et Karim s’est spécialisé dans les cas désespérés. Ses clients viennent “de toute l’Ile-de-France sans publicité, que du bouche-à-oreille. Mai, juin, juillet et même août, ce sont de bons mois pour les garagistes. Pour moi, c’est la récolte pour toute l’année. La contrepartie, c’est que je suis le dernier à partir.” Chaque année, c’est le même rituel, “une révision et tout ce qui est nécessaire pour que la voiture ne tombe pas en panne et pour partir en sécurité. On vient aussi refaire la peinture parce que, quand même, il faut montrer à la famille là-bas qu’on a une voiture présentable”. Plus de 404, encore quelques 504 (“qui marchent sans problème”) : avec quelle voiture part-on au bled ? Une Golf, une Mercedes 200 ou 250. Mais la tendance n’est pas au retour. Pour Karim, la solution idéale pour partir au bled, c’est de s’acheter une belle voiture ici, de la laisser au pays, et de rentrer ensuite en avion. C’est ce qui revient le moins cher. À la mi-août, c’est le décollage, Karim quitte la rue Jean-Pierre Timbaud pour Sfax, “la capitale la plus riche, tu fermes les routes et tout le monde est mort en Tunisie”. Une région à l’image de Karim sans qui ses clients ne partiraient pas au bled.

Pour bien charger sa voiture



















Charger sa voiture en prévision d’un long voyage relève de la science et de l’art. Un chargement réussi suppose une planification minutieuse et logique.

Quelques conseils :

Veillez à ce que les freins soient en bon état. En raison de la charge supplémentaire du coffre, le système de freinage est fortement sollicité et la distance de freinage est plus longue.

L’emplacement idéal pour les bagages est le coffre !

Ne posez pas d’objets sur la plage arrière pour garder une bonne visibilité et ne pas risquer d’être blessé par un projectile en cas de freinage brutal.
Veillez à ce que les phares avant soient bien réglés. En raison des bagages entassés dans le coffre, l’avant de la voiture est un peu plus élevé.

Dans le cas d’une voiture familiale, d’un break ou de tout autre véhicule à espace à bagages ouvert, assure-vous qu’aucun colis ne se transforme en projectile lors d’un freinage. Pour cela, il faut s’y prendre avec méthode : logez d’abord les bagages les plus lourds et plus volumineux, et puis casez les sacs plus petits dans les niches pour éviter des vides. Pensez à attacher les bagages avec une courroie afin d’éviter qu’ils ne bougent. La plupart des véhicules sont maintenant équipés d’un filet séparateur. Une autre solution : le chargement sur le toit du véhicule. Il ne faut pas oublier qu’un toit chargé peut fortement influer sur la maniabilité du véhicule. Dans ce cas, il faudra porter une attention particulière aux courbes de la route et être beaucoup plus vigilant dans les virages serrés.

Ne fixez rien sur le toit de la voiture sans dispositif adapté et agréé : barres de toit, galerie, sangles. Le Code de la Route précise que :“Toutes précautions utiles doivent être prises pour que le chargement d’un véhicule ne puisse être une cause de dommage ou de danger. Tout chargement débordant le contour extérieur du véhicule doit être solidement amarré.”

La largeur du chargement ne doit pas dépasser 2,55 m.
Dès que le chargement dépasse de plus d’un mètre l’arrière du véhicule, il doit être muni d’un dispositif réfléchissant. Ce dispositif sera complété d’un feu rouge la nuit ou lorsque la visibilité est mauvaise.

En cas de dépassement du poids total autorisé, la gendarmerie immobilise et déleste le véhicule. Le conducteur encourt alors une contravention de quatrième classe (amende forfaitaire de 135 euros), voire de cinquième classe (amende jusqu’à 1500 euros) en cas de dépassement excédant les limites réglementaires de plus de 20 %. Le casse-tête inévitable les cadeaux à la famille

shopping Finie l’époque des gros sacs bleu-blanc-rouge débordant de souvenirs made in France et ficelés sur les toits des voitures. Les temps changent, et les présents aussi...

Quartier Barbès, à Paris, un après-midi de mai. Le ciel est gris et menaçant, mais pourtant rien n’y fait : ça sent déjà les vacances ! Promotion sur les valises à roulettes et grande liquidation sur les maillots de bain et les serviettes de plage, les vitrines barbessiennes ne trompent pas. Et si le quartier est rarement calme, aujourd’hui, c’est la totale effervescence. Partout, des clients – et surtout des clientes – s’affairent les bras chargés de sacs plastiques roses, noirs ou bleus.
Hassan, un ancien du quartier, tient un magasin de musique sur le boulevard de La Chapelle. Ce n’est pas la meilleure période pour son petit commerce, mais il est le témoin, tous les ans, de ce même cérémonial : “Il y a deux moments dans l’année où il y a foule dans le quartier : c’est pendant le ramadan et à l’approche des grandes vacances. Tout le monde n’achète pas forcément, mais c’est comme une sorte de rendez-vous, ça fait partie de l’ambiance.”

L’un des temples de la consommation à Barbès reste incontestablement la maison Tati, avec sa légendaire enseigne rose et bleue, et ces centaines de mètres carrés de rayons discount. Et malgré les clichés qui tendent à la ringardiser, la maison a toujours autant la cote, et sa clientèle est plus diversifiée que ce que l’on croit.
C’est d’ailleurs dans l’une de ses allées que nous rencontrons Latifa, mère au foyer, accompagnée de ses deux filles. Elles aussi préparent leurs vacances au pays, même si elles ne sont pas venues chez Tati pour des cadeaux, mais pour se faire plaisir. “Nous étions censées aller au marché Saint-Pierre, à deux pas d’ici, pour acheter des tissus pour la famille, et nous nous sommes arrêtées ici en cours de route pour faire quelques emplettes. Pour nous, les cadeaux se limitent à un ou deux articles par personne. C’est vrai qu’il y a encore une dizaine d’années, on nous demandait souvent des ‘vêtements de l’étranger’ ou ‘de l’extérieur’ comme on disait. Mais aujourd’hui, à Casa, on retrouve toutes les grandes marques comme Zara ou Mango. La seule chose qu’on nous demande encore, ce sont certains produits de beauté qui sont moins chers en France. Et aussi pas mal des tissus indiens. Là-dessus, il y a encore de bonnes affaires à dénicher.”

Le célèbre “sac Miterrand” vivrait-il ses derniers jours ? Cette grande poche carrée, réputée à toute épreuve, qui doit son surnom à ses bandes tricolores bleu-blanc-rouge, a longtemps été l’emblème du vacancier de retour au pays. Mais il faut croire que les mœurs changent, et l’envie de voyager léger l’emporte peu à peu sur celle d’impressionner les siens avec des tonnes de présents : “Pendant longtemps, les immigrés qui rentraient une fois par an n’osaient pas revenir auprès de la famille les mains vides. Ça aurait été comme un échec, commente Badraoui, vendeur chez Tati. Aujourd’hui, les mentalités changent. Il y a toujours autant d’achats avant les vacances, mais c’est plus des achats personnels. En cadeaux, ce sont surtout des parfums et des vêtements pour enfants. Mais j’ai remarqué que les clients algériens, contrairement aux marocains par exemple, comparent les prix et préfèrent souvent acheter en Algérie où on trouve beaucoup plus de produits étrangers et bon marché depuis quelque temps. Pour ma part, je rentre bientôt en Algérie, et je ne compte rien emmener d’autre que ma trousse de toilette ! Plutôt que des cadeaux, je préfère donner de l’argent, comme ça, je suis plus à l’aise pour voyager, la famille s’achète ce qui lui fait plaisir, et tout le monde est content !”

Acheter un bien immobilier au pays

















Vacances riment souvent avec projet immobilier. Acheter, construire ou louer ne sont toutefois pas des entreprises anodines. Des experts vous conseillent.
Maroc : un marché immobilier de plus en plus structuré Le premier conseil de M. El Chammah, patron du Salon Smap Immo, relève du bon sens. “Bien connaître le pays et la région dans laquelle on souhaite s’établir en s’informant sur le marché. Notamment en commençant par visiter le Smap Immo, grand observatoire de la concurrence, qui a lieu tous les ans au mois de mai. Les agences immobilières officiant au Maroc possèdent généralement des sites Internet, il ne faut pas hésiter à les consulter ainsi que les revues spécialisées, type Clefs en main ou la Centrale Immo. Si 80 % des transactions immobilières s’effectuent en dehors du circuit des agences, il est recommandé à un Marocain résidant à l’étranger, s’il vient au Maroc, de s’approcher d’une agence immobilière ayant pignon sur rue, afin de bénéficier des conseils d’un professionnel et de procéder à une recherche de bien de manière transparente et sécurisée. Il peut également s’adresser à la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) pour collecter des renseignements sur les promoteurs de la place, leurs programmes, leur crédibilité.”Acheter ou construire ?
Construire sa maison dans son pays d’origine ? Si ce rêve est partagé par de nombreux MRE, il nécessite quelques mises en garde. Selon M. El Chammah, “d’une manière générale, il est préférable d’acheter un bien construit. C’est la tendance qui est observée actuellement. En particulier pour ceux qui ne souhaitent pas s’établir toute l’année au Maroc. Pour les autres, il est préférable de louer une année ou deux, le temps de s’habituer aux us et coutumes locales et aux mentalités avant de se lancer dans l’aventure de la construction. Manière également de mieux cerner l’offre immobilière disponible (terrains, sites, etc.) et le coût de la construction. Faire son choix en toute connaissance de cause est à ce prix. Trois questions s’imposent lorsqu’on décide d’acheter ou de construire un bien immobilier : de quel budget dispose-t-on ? Que compte-t-on faire du bien acheté ? Quel est l’horizon de placement ?

Première étape : l’achat d’un terrain. De préférence viabilisé (avec de l’eau, de l’électricité). Le contraire engendre des dépenses qui peuvent “faire mal”. Puis le choix d’un architecte. Ce dernier est un maillon essentiel. Juger sa compétence est un élément subjectif qui reste de votre ressort. N’oubliez pas que c’est lui qui dessinera la maison, orientera vos choix et décisions.
Seconde étape : se renseigner auprès de l’agence urbaine pour connaître les réglementations (strictes) de construction. C’est à ce moment seulement que le dialogue entre l’architecte et le client débute. Une fois l’accord conclu, il débouche sur une première esquisse et sur le contrat d’architecture (5 % du coût total de construction en général). Mais sachez que c’est le taux officiel et que tout est négociable.

Vient ensuite le bal des permis : déposer un permis de construire auprès de la municipalité qui permet l’instruction du projet par l’agence urbaine. Cette dernière le valide et le transmet une dernière fois à la municipalité pour obtenir le droit à la construction. Les travaux commencent. Pensez à souscrire des assurances couvrant la période de chantier, puis à faire appel à un ingénieur béton pour garantir la stabilité de la structure. Enfin seulement les travaux débutent. La dernière étape est une vérification de la fin des travaux par la commune qui peut alors délivrer un certificat de conformité.

Financement : des solutions multiples

Financer l’achat d’un bien immobilier, c’est d’abord choisir avec discernement la banque auprès de qui le crédit va être souscrit. En matière d’investissement immobilier, les banques marocaines proposent des solutions alléchantes. Toutes ou presque proposent de crédits à hauteur de 100 %, qui peuvent s’échelonner sur vingt-cinq ans au maximum même si la durée la plus utilisée est quinze ans. Les banques permettent le choix d’un taux fixe ou variable. Et de passer de l’un à l’autre (moyennant des frais supplémentaires) en cours de remboursement. Les MRE sont particulièrement soignés. Toutes les banques disposent de crédits spécialement conçus pour les résidents étrangers. A la Banque populaire, par exemple, le “prêt habitat” peut atteindre 90 % du coût global d’acquisition ou de construction. Il permet des délais de remboursement pouvant aller jusqu’à vingt ans et le choix entre un taux fixe et variable. Chez Attijariwafa Bank, le crédit Miftah propose à peu de choses près les mêmes prestations, mais affiche en plus la possibilité de bénéficier d’un différé de remboursement de trois à douze mois. Le choix de la banque est difficile, il peut être déterminé par les frais annexes (frais de dossiers, TVA, frais d’assurance). Pour les MRE, la première étape consiste à ouvrir un compte au Maroc, convertible en dirhams, duquel sera débité le remboursement du crédit choisi.Du fait de l’explosion du marché de l’immobilier au Maroc, les taux d’intérêt sont historiquement bas : 14 % en 1995, moins de 6 % aujourd’hui.

Le Courrier de l’Atlas

03 juillet 2007

Billets Tanger/Algéciras : Hausse de 35%

Hausse du prix de la traversée du détroit pour la 3e année consécutive ? Les tickets pourraient augmenter de 14% pour les autocars et de 35% pour les passagers. Les transporteurs de voyageurs ont saisi le ministère à ce sujet.

Ballon d’essai ? Les prix du transport maritime de voyageurs pourraient connaître une hausse alors que la haute saison démarre. Les transporteurs internationaux de voyageurs et de marchandises accueillent très mal cette éventualité qui ferait de la hausse la troisième en trois ans, notamment en ce qui concerne la traversée Tanger-Algesiras par les compagnies maritimes locales, et ce à partir du 1er juillet. Les compagnies jointes par La Vie éco sont restées discrètes à ce sujet à l’exception de la Comanav dont les responsables affirment qu’aucune décision n’est encore prise.

Les associations de transporteurs, elles, ont commencé à saisir le ministère pour qu’il dissuade les compagnies maritimes de passer à l’acte. La question a été posée à Karim Ghellab, ministre du transport et de l’équipement, lors d’une réunion avec la Fédération des transporteurs qui a eu lieu le 21 juin à Rabat. De source proche de la marine marchande, on apprend que des contacts devaient être pris avant la fin de cette semaine avec les compagnies maritimes pour étudier la situation, sachant que les tarifs maritimes ne sont soumis à aucune réglementation. Mais, pense-t-on, si lors des deux dernières saisons les augmentations pouvaient être justifiées par l’effort de mise à niveau des compagnies et la hausse du prix du pétrole, ce n’est plus le cas. Toujours est-il que l’on parle d’une hausse pour les passagers de 180 DH actuellement à 242 DH, pour les autocars de 3 650 DH à 4 150 DH, la traversée pour les conducteurs resterait à 50 DH.

Cette décision ferait, selon la Fédération marocaine de transport international et touristique, le jeu des compagnies espagnoles et du port de Sebta dont les tarifs sont nettement moins élevés. Certains transporteurs demandent au ministère de tutelle l’autorisation de transiter par Sebta. En effet, et malgré le kilométrage supplémentaire jusqu’à cette ville, les tarifs maritimes sont plus attractifs même en l’état actuel des choses. Ainsi, une traversée Sebta-Algésiras coûte pour un autocar 3 036 DH, soit 20 % de moins, 135 DH pour le passager, soit 33 % de moins, et le chauffeur ne paye que 32 DH au lieu de 50.

Actuellement, explique-t-on auprès de cette fédération, un autocar de 50 passagers doit payer en transitant par le port de Tanger 12 650 DH, alors qu’en passant par Sebta, la traversée ne lui coûterait que 9 786 DH, soit une différence de 2 864 DH. Si une nouvelle augmentation, telle qu’annoncée plus haut, intervient cet été, il faudra qu’un autocar avec 50 passagers débourse 16 250 DH.

La vie éco - M.M.

29 juin 2007

MRE/législatives : Choc des maux et soif des urnes


L’opération Transit 2007 sera d’un goût amer cette année. Les « Marocains d’ailleurs » seront les spectateurs impuissants de la précampagne et de la campagne électorale. En effet, pour pouvoir voter lors des prochaines législatives, un Marocain résidant à l’étranger (MRE) doit se déplacer au Maroc. Encore faut-il qu’il ait effectué auparavant son inscription sur les listes électorales. Pour pouvoir se porter candidat, il devrait s’établir au Maroc plusieurs mois avant le scrutin, pour remplir les conditions exigées par la loi électorale. C’est dire que la communauté des « Marocains du monde » sera purement et simplement absente du rendez-vous démocratique du 7 septembre prochain.

Pendant ce temps-là, le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) s’attèle à faire émerger le Conseil supérieur pour la communauté marocaine à l’étranger (CSCME). Bel imbroglio politique, juridique et institutionnel.

L’apport économique et même social des MRE n’est plus à prouver, il constitue aujourd’hui un puissant amortisseur social pour l’ensemble des régions marocaines.

Ce n’est point l’intérêt qui fit défaut aux dizaines d’ONG marocaines établies à l’étranger qui firent le déplacement à Rabat au début du mois courant dans le cadre de la commission du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) chargée d’organiser le débat autour de la question du Conseil supérieur pour la communauté marocaine à l’Etranger (CSCME). La représentativité des MRE n’est plus un souci pour chacun d’eux. Elle est devenue une angoisse insoutenable. Quel niveau de représentativité ? Le CSCME ? La chambre basse ? La chambre haute ? Tous ces niveaux à la fois ? Le CSCME serait-il une compensation à la perte du droit de vote et d’éligibilité des MRE ? Fut-il « supérieur », ce Conseil constitue-t-il le premier pas vers une véritable représentativité démocratique ou seulement un cadre formel sans envergure institutionnelle et politique tangible ?

Plus d’une cinquantaine d’ONG s’est unanimement accordée sur des interrogations et des réflexions portant sur la véritable valeur démocratique du CSCME. Ces ONG, présentes sur le terrain dans les pays d’accueil, durent signer un document reflétant leurs interrogations et leurs réflexions.

Ainsi, pour elles, « l’exercice des droits civiques des MRE est tout d’abord une question d’égalité devant la citoyenneté. Ceci implique, ont-elles précisé, la participation de l’ensemble des citoyens, y compris ceux de l’étranger. Malheureusement, ajoute-t-elles, même si la Constitution marocaine dans son article 8 stipule que : « L’homme et la femme jouissent de droits politiques égaux et que sont électeurs tous les citoyens majeurs des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques », les MRE doivent encore se déplacer au Maroc le jour du scrutin. Par conséquent, ils ne voteront pas. Il en est de même pour se porter candidat, car ils doivent rentrer au Maroc quelques mois avant le scrutin afin de remplir les conditions nécessaires à cet effet ».

Pour que le CSCME soit une institution efficiente, il doit, selon les signataires, « être composé de membres élus dans une mixité et une diversité intergénérationnelle par les MRE, sachant qu’ils seront appelés à les représenter au moins dans l’une ou l’autre chambre. Quant au volet d’opérationnalité, le Conseil devra, selon les signataires, se doter de structures décentralisées permanentes dans les pays d’accueil, afin d’assurer la continuité des liens avec les Marocains de l’étranger. De plus, à titre consultatif, il devra s´exprimer sur tout projet de loi ou de règlement ayant trait aux MRE et collaborer à l’élaboration des politiques publiques en la matière. Ainsi, le Conseil constituera un atout pour le processus de modernisation et de démocratisation du pays ». Abdelhamid El Jamri, membre du Comité d’experts, nommé par le CCDH, tente d’avancer quelques esquisses de réponses aux interrogations exprimées par les MRE. Il a récemment déclaré  : « L’objectif du Conseil Supérieur des Marocains du monde (CSCME) n’est pas de remplacer l’administration marocaine. Selon moi, son rôle sera politique. De plus, il aura certainement la charge d’être consulté sur un certain nombre de sujets qui concernent la migration marocaine et il sera une force de propositions quant à la vie des institutions publiques ».

Crédibilité et opérationnalité

Quelles missions pour Le CSCME alors ? « Il ne sera ni un ministère ni une fondation. Ce sera un Conseil qui représentera et défendra les intérêts des marocains de l’étranger par une participation à la gouvernance publique. Ses membres viendront majoritairement d’ailleurs et apporteront beaucoup de richesses, notamment, celles des bonnes pratiques de la démocratie, de la rigueur et du bon sens. Ils sauront faire les propositions idoines, notamment pour un meilleur fonctionnement de l’administration marocaine qui sera bénéfique pour tous les citoyens marocains. Les marocains de l’étranger veulent être considérés comme tous les marocains avec l’ambition affichée de tirer les pratiques vers le haut ». Certes, mais tout cela ne répond pas à la question de savoir comment le CSCME pourra investir la synergie représentative et, par conséquent, démocratique ?

Irons-nous, par exemple, vers le modèle français du « Conseil supérieur des Français de l’étranger » d’où émanent les sénateurs qui représentent la diaspora de ce pays ? Il semble que la classe politique elle-même s’est engouffrée dans une démarche pour le moins frileuse. Une démarche qualifiée de « progressive ». Le sempiternel « spécialiste de l’immigration » Belguendouz n’hésite pas à y voir une sorte de contournement de la volonté royale : « La formule démarche progressive », est celle employée par le Ministère de l’Intérieur et les partis de la majorité gouvernementale. On la trouve dans leur communiqué commun du 16 juin 2006, sanctionnant le dialogue sur le projet de révision du code électoral, qui allait être soumis au Parlement. L’accord s’est fait pour que, lors des prochaines élections législatives, les Marocains résidants à l’étranger ne puissent voter et être candidats que s’ils sont au Maroc et non pas dans les pays de séjour, à travers la création de circonscriptions électorales législatives de l’étranger, comme annoncé dans le discours Royal du 6 novembre 2005 » Quid alors du rendez-vous du 7 septembre ?

« Officiellement, Il ne s’agit que d’un report justifié par la nécessité d’avoir une période provisoire de préparation des conditions matérielles et juridiques requises. La discussion ultérieure et les « arguments » avancés, ici et là, montrent en fait qu’il s’agit d’une véritable annulation et de la remise en cause d’un acquis solennellement annoncé par le Roi. « Les tentatives de justification avancées par le gouvernement et sa majorité ne sont que des alibis ». Belguendouze n’hésite pas non plus à pointer la « paresse bureaucratique » qui a abouti à la situation alambiquée actuelle : « Dire que l’on n’a pas eu le temps de se préparer est inexact. Déjà en 2002, sous le Gouvernement de l’alternance consensuelle dirigé par Abderrahmane Youssoufi, cela avait été invoqué. Ce qui est en cause, c’est la paresse bureaucratique, le manque d’organisation et d’anticipation. Sinon, comment expliquer qu’en cette période même, l’émigration algérienne est appelée pour la troisième fois, à élire huit députés dans des circonscriptions à l’étranger, pour siéger dans la première chambre du Parlement algérien ? Cet exemple à lui seul, montre par ailleurs la non-consistance d’une autre raison invoquée, à savoir que les pays de séjour interdisent ce genre de vote chez eux... »

Respecter la volonté royale

En vérité, nous sommes appelés à examiner la meilleure façon d’intégrer au plus vite les MRE dans le paysage institutionnel marocain tel que le conçoit la constitution. Qu’est-ce qui empêche que l’on réaménage la loi électorale pour introduire des circonscriptions à l’étranger ? Qu’est-ce qui interdit d’y organiser des élections trois mois après le rendez-vous législatif intérieur  ? Rejeter les MRE jusqu’en 2012 n’est ni régulier ni moral, d’autant que le discours royal du 6 novembre 2005 est explicite à cet égard : « Quant à la deuxième décision, qui découle, d’ailleurs, de la première, elle porte sur la nécessité de créer des circonscriptions législatives électorales à l’étranger, afin de permettre à nos citoyens de l’étranger de choisir leurs députés dans la première Chambre du Parlement. Il est à noter, à cet égard, qu’ils jouissent, sur un pied d’égalité, des droits politiques et civils que confère la loi à tous les Marocains, dont celui d’être électeurs et éligibles dans le pays. (…) Nous donnons, à cette fin, instruction au gouvernement pour prendre les mesures nécessaires à la mise en oeuvre de ces trois décisions, lors de la révision de la législation électorale ».
Le Roi ne pouvait être plus clair. Il a donné ses instructions. Celles-ci ont-elles été respectées lors de l’élaboration de la loi électorale ? Chacun peut constater que ce ne fut point le cas. La conscience du Souverain de l’importance stratégique de la contribution des MRE à l’effort de développement, de modernisation et de démocratisation de la nation, doit donc être élargie à l’ensemble des acteurs politiques du Royaume. Le poids de cette contribution va crescendo depuis plusieurs années. Les transferts des MRE se sont nettement accélérés au cours de ces dix dernières années, passant de 18 milliards de DH en 1997 à 48 milliards de DH en 2006, soit une progression annuelle moyenne de près de 10%. Entre 2001 et 2006, les transferts ont représenté 7,8% du PIB. Entre 1997 et 2005, ils ont couvert 59% du déficit commercial et ont constitué la première source de devises, devançant le tourisme, les investissements et prêts privés étrangers et les tirages de la dette publique.

Depuis 2003, les séjours des touristes MRE a dépassé ceux des étrangers. Il a fallu attendre 2006 pour que cette tendance soit inversée. Durant les trois mois de l’été, des secteurs tels que l’immobilier, le tourisme, les télécoms… sont fortement dopés par le séjour des MRE. L’apport économique et même social de ces derniers n’est plus à prouver. Il constitue aujourd’hui un puissant amortisseur social pour l’ensemble des régions marocaines.

Ce poids est doublé par le niveau de qualification et de formation de ces MRE qui constituent les 10% les plus performants de notre peuple. Au point que le Souverain vient d’ordonner la création de trois prix Mohammed VI pour les MRE. Le CCDH qui planche sur la formation du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger (CSCME) a été missionné par le Roi lui-même.

Puissent son président, Ahmed Herzenni, et ses collègues, sauver la face des politiques qui ont fait avorter le vote de nos compatriotes du monde dans leurs pays d’accueil !

2,7 millions de MRE attendus cet été

Le Maroc se prépare, en collaboration avec l’Espagne, à assurer l’accueil de 2,7 millions de ses ressortissants résidant à l’étranger, qui passeront leurs vacances d’été dans le pays. Le nombre des Marocains de l’étranger qui passeront les vacances d’été au pays devrait augmenter de 6% par rapport à 2006 et atteindrait 2,7 millions de personnes. Ces chiffres englobent les étrangers d’origine marocaine qui ne perdent pas leur nationalité, selon la loi marocaine. Un comité maroco-espagnol s’était déjà réuni le 10 mai, pour coordonner les actions des autorités des deux pays durant le transit des estivants marocains, dont la plupart traversent le territoire espagnol. L’effectif consulaire du Royaume a été renforcé dans les principaux points et axes de transit en Espagne comme Algesiras, Almeria ou Barcelone.

Au Maroc, une cellule de veille chargée d’assurer le suivi du transit, du 15 juin au 15 septembre, a été mise sur pied. Des aires de repos ont été aménagées et des mesures ont été prises pour faciliter les procédures accompagnant les voyages. Le nombre des Marocains de l’étranger inscrits auprès de consulats est estimé à environ trois millions, alors que des statistiques manquent pour les Marocains en situation irrégulière dans les pays d’accueil. En 2006, leurs transferts d’argent vers le Maroc se sont élevés à 4,34 milliards d’euros, chiffre en progression de 17,2% par rapport à 2005.

Un attachement très fort au pays

Le Haut commissariat du plan (HCP) que préside Ahmed Lahlimi vient de publier les résultats d’une enquête qui fait ressortir l’idée centrale de l’attachement des MRE au Royaume. A contrario, l’intégration des Marocains résidant à l’étranger dans les pays d’accueil s’avère très faible. C’est le constat principal d’une enquête effectuée par le HCP auprès d’un échantillon de 2.832 chefs de ménage d’émigrés marocains, en vue de mieux connaître leurs conditions d’insertion dans les pays de résidence. Cette situation s’explique par bon nombre de données. La plus importante est relative à l’emploi occupé, qui ne correspond pas du tout à la formation de 42,4 % des MRE. On note également un exercice des métiers faiblement qualifiés. 71% des MRE actifs sont concentrés dans des professions à faible qualification. Seuls 7,5% exercent des professions libérales ou sont des cadres supérieurs.

On peut appréhender aussi cette faible intégration par le mariage mixte qui ne représente que 8,5 %. En outre, 11 % seulement ne vivent pas avec leur conjoint dans les pays d’accueil. L’acquisition de la nationalité demeure également faible. 1/3 seulement des enquêtés, a acquis la nationalité du pays d’accueil. La participation à la vie politique est une autre donnée qui appuie le constat de l’enquête et montre que la population des MRE est faiblement intégrée dans l’environnement où elle vit. En effet, parmi les chefs de ménage enquêtés ayant le droit, 30 % déclarent qu’ils se sont inscrits sur les listes électorales. En raison de leur insatisfaction des conditions de vie dans les pays hôtes, 14,7 % expriment la volonté de revenir dans le pays d’origine. Les intentions de la migration de retour sont, selon l’enquête, plus prononcées parmi ceux ayant atteint l’âge de la fin des études supérieures, soit 65,7 % et aussi parmi ceux qui sont au début de la retraite (70 %).

Le Haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, explique qu’il existe un fort attachement des MRE à leur pays avec cependant des rapports qui se distendent dans la catégorie des nouvelles générations. Ce sont en effet les MRE chefs de ménage, ayant suivi leurs études à l’étranger, qui sont relativement moins intéressés (44%) par la migration de retour, en comparaison avec ceux qui ont été scolarisés au Maroc. La propension à investir au Maroc est plus élevée parmi les anciens que parmi les nouveaux immigrés : 91 % pour ceux qui ont émigré avant 1960 et 13 % pour ceux qui ont émigré au cours des années 2000. Les résultats de l’enquête sont d’une plus haute importance, car ils constitueront la base pour l’analyse de profil sociodémographique de cette catégorie de population, de sa mobilité géographique et de son insertion socio-économique et socioculturelle dans les pays d’accueil.

Gazette du Maroc - Abdessamad Mouhieddine

20 juin 2007

Journée mondiale des réfugiés

20 Juin 2001- 20 Juin 2007

Le monde entier célébré le 6 éme Anniversaire de la Journée mondiale du Réfugié. Le Collectif des Réfugiés au Maroc saisi de cette occasion pour lancer ce message. Car cette journée revêt une importance particulière pour nous.
Nous n’avons pas quitté nos pays à la recherche d’une vie nouvelle, nous n’avons pas choisi de quitter nos territoires, nous avons fui uniquement les persécutions ! Parmi les réfugiés se trouvent des enfants déplacés, victimes de guerres et de conflits qui ne sont pas les leurs.
Un grand nombre de personnes confond souvent les expressions « droit d’asile » et « immigration ».
Le Royaume du Maroc a ratifié la convention de Genève de 1951 relatives aux réfugiés et a de ce fait l’obligation de protéger les réfugiés reconnus se trouvant sur son territoire.
Cette convention de Genève est de plus en plus remise en cause par ceux qui estiment qu’elle est trop « généreuse » à l’égard des demandeurs d’asile.
L’Europe est loin d’être la partie du monde la plus « envahie » par les demandeurs d’asile. Au contraire, ce sont les pays les plus pauvres, principalement sur le continent africain, qui en accueillent le plus au risque de déstabiliser les équilibres régionaux.

Les réfugiés ne sont ni des mendiants ni des paresseux. Ils ont des compétences professionnelles, qui ne sont toutefois pas reconnues par le Royaume du Maroc qui leur nie toute opportunité.
Les Réfugiés au Maroc ont tout essayé pour faire valoir leurs droits, mais aucun de leur effort n’a pu aboutir. Certes, la loi 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers sur le territoire marocain stipule qu’une femme enceinte ne doit pas être reconduite à la frontière et que les détenteurs du statut de demandeur d’asile ou de réfugié ne doivent pas être reconduit à la frontière, Malheureusement les autorités de la police marocaine violent cette lois en refoulant les réfugiés voir même les femmes et leurs enfants plus grave au désert de la frontière Algero Marocaine.
Face à ces manquements aux Droits fondamentaux, la communauté internationale ferme les yeux. Les dispositions juridiques élémentaires établissant le droit d'asile dans la Convention de Genève sont devenues pour ses signataires une charge insupportable. Nous regrettons que certains Etats occidentaux estiment aujourd'hui la Convention de Genève dépassée et réclament sa révision.
Nous appelons urgemment le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Genève, le gouvernement marocain, les responsables politiques européens (U.E) et la Société civile aux niveaux national et international, à regarder en face cette situation dramatique et à prendre en compte toutes ces réalités. Il est nécessaire d’essayer de régler les problèmes des réfugiés afin qu’ils sortent de la clandestinité. Nous, Réfugiés reconnus par la représentation du HCR au Maroc, n’avons droit ni à la carte de séjour, ni au permis de travail, ni à la liberté de circulation, ni à une assistance, qui sont nécessaires afin de reconstruire nos vies dans ce pays d’asile. Car nos droits en tant que réfugiés sont bafoués d’une part par les autorités du Royaume chérifien et d’autre part par le bureau du HCR/Rabat qui n’est pas à même de remplir sa mission de protection en servant les intérêts de l’union Européenne, tout en nous considérant comme des Clandestins à la recherche d’une vie meilleur or si nous avons choisi le Maroc parce qu’il y a la stabilité politique qui règne en son sein. Hélas !!! Nous sommes bel et bien ignorés de la communauté internationale.
Toutefois, nous sommes conscients qu’il sera difficile de nous intégrer à la société et de démarrer une vie nouvelle au sein du Royaume du Maroc.
Nous sommes reconnaissants pour l’aide et l’amitié que nous témoignent les militants et les associations caritatives oeuvrant au Maroc. Cependant, malgré ces aides, nous avons des difficultés à nous nourrir, à payer nos loyers, à nous soigner… En bref, nous voudrions nous prendre en charge plutôt que de défiler dans les différentes associations présentes au Maroc, dont les aides ne peuvent de toute façon pas répondre aux besoins réels de notre vie quotidienne. Nous voulons devenir autosuffisant.
Nous souhaitons que cette journée du 20 juin soit non pas une journée de réjouissance mais une journée d'action et de réflexion, en vue de réclamer le respect total de la Convention de Genève de 1951 relative aux réfugiés.
Aujourd'hui, des hommes et des femmes en détresse, toutes nationalités confondues, attendent une décision politique et humaine de votre part. Avec eux tous nous en appelons à votre conscience d'élus.
Nous rendons un vibrant hommage à tous les réfugiés et demandeurs d’asile qui ont perdu leurs vies au Maroc qui est notre terre d’exil.
Pourquoi vous nous détester ? Ne pouvons-nous vivre dans l'amour, la compassion et la solidarité ? Inspirez-vous de la Convention de Genève et rendez ce monde vivable. Nous pouvons faire le bonheur des Hommes. Vous pouvez faire reculer nos souffrances, partout. Vous pouvez construire une chaîne de l'amour et non de la haine et assurer la survie de l'espèce humaine (Réfugiés).
Nous espérons que ce message interpelle votre conscience pour prendre en compte nos revendications étant que des réfugiés reconnus par la convention de Genève.
Que Dieu Vous bénisse.

Pour le Collectif des Réfugiés au Maroc

Jean Pierre Kalemo Paulin Kuanzambi Marcel Amiyeto
Le Président le Vice - Président le Porte Parole.

17 juin 2007

Exclusif : Cooptations secrètes pour le Conseil Supérieur des Marocains du monde



Alors que les travaux du Comité d’experts, mandaté par le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), se poursuivent avec le souci de remettre dans les temps, à la fois le bilan de leurs consultations des Marocains du monde et celui de formuler des recommandations au chef de l’Etat, il semblerait que tout ne soit pas aussi simple pour ces «experts».

En effet, des bruits de couloir font état de «contacts» pris par ces experts avec certains dirigeants de partis politiques, essentiellement ceux qui sont au gouvernement Jettou, à savoir l’Istiqlal, l’USFP, le RNI, MP et le PPS, afin de tâter, de prendre la température et surtout éviter un «clash». Quel clash»? Il semblerait que l’on se dirige vers un mode de scrutin assez particulier, mais surtout à l’opposé de celui qui avait été évoqué lors de l’annonce de la création d’un Conseil supérieur des Marocains du monde (le 5 novembre 2006), et la tenue d’élections démocratiques pour assurer une représentation juste et équitable. Histoire de donner l’exemple et de permettre aux heureux élus de jouir d’une légitimité populaire.

Ainsi, nos amis «experts» se seraient sentis dans l’obligation de «sonder» les partis en présence afin que ces derniers leurs remettent une liste de noms (qui serait en complément des noms fournis par les antennes consulaires et autres opérateurs…oeuvrant en faveur de la communauté marocaine résidant à l’étranger) dans la perspective de nominations sous la forme de…cooptations. Dès lors, on comprend mieux le silence des responsables politiques.

Que faut-il penser de ce virage à 180 degrés? La notion de consensus généralisé et de compromis «maquillé» de l’environnement, n’obéissant pas obligatoirement à la défense de l’intérêt général? La difficulté exprimée par les experts quant à l’utilisation de la voie démocratique pour l’élection des membres de la diaspora marocaine? La mise en place délicate (et périlleuse) d’une structure tampon dont la mission serait de rédiger la liste des «nominés» à Sa Majesté? La pression des ONG, ou de pseudo ONG ? Faut-il rappeler, une fois de plus, que la cosmétique a ses propres limites. Que les citoyens dont l’apprentissage de la démocratie est une réalité ne pourront pas «avaler cette couleuvre». Que le risque de décevoir les nouvelles générations est bien réel et que les conséquences d’un tel scénario impacterait également les générations en herbe.

Pour l’heure, une certitude, le ciel bleu de la capitale est menacé par des nuages gris et noirâtres, chargés de mauvais présages. Alors que le temps ne joue pas en la faveur des artisans du rapport final, il n’en reste pas moins que ce facteur ne peut justifier une telle démarche, qui plus est sous l’égide et le couvert d’une instance dite indépendante comme le CCDH. Les citoyens, d’ici et d’ailleurs, sont en droit d’attendre une autre attitude de la part de ceux qui sont censés servir l’intérêt général et œuvrer pour le plus grand nombre. Quel serait l’impact d’une déception massive des Marocains du monde à l’égard du CCDH ? Les «tous les mêmes !» et «tous pourris !» auront un écho…mondial !

Le Chef de l’Etat n’a-t-il pas fait appel au CCDH, à la grande surprise de nombreux observateurs avertis, car il jugeait bon qu’il était le seul à pouvoir fournir un travail sérieux, honnête et constructif de la diaspora établie à l’étranger? Qu’en serait-il si la situation tourne au vinaigre ? Autre certitude, ils ne sont pas les seuls responsables de ce trouble ambiant. Des Hommes invisibles, mais bigrement efficaces, tentent de mettre sur pied un plan B, au cas où… Pourquoi? Tout simplement pour faire passer la pilule. Qui prendra le «risque» d’assumer (un sport méconnu) la démarche anti-démocratique adoptée? Des cooptations injustes et instrumentalisées? Va y avoir du sport! Qui a dit que l’été sera…chaud ?
Rachid Hallaouy
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14 juin 2007

الطفل «أحمد ياسين» ممنوع من دخول أميركا



الرباط- العلم
ذكر بيان لمجلس العلاقات الإسلامية الأمريكية »كير « صدر أول أمس الثلاثاء أنه تقدم بطلب إلى مسؤولي الهجرة الأمريكية لشرح أسباب منع طفل عمره 3 سنوات أبوه أميركي من أصل مغربي وأمه مغربية تحمل تأشيرة إقامة دائمة، من دخول الولايات المتحدة على مدى السنتين الماضيتين وذكر البيان أن أعضاء المجلس يشتبهون في أن يكون سبب المنع على أساس أن الطفل يحمل اسما مشابها لمؤسس حركة حماس "أحمد ياسين" الذي اغتالته إسرائيل ووصل والد الطفل الذي يقيم في مقاطعة "فولس جرج" بولاية فرجينا إلى الولايات المتحدة من المغرب سنة 1997 بعد فوزه بيانصيب الهجرة الأمريكية، وأصبح مواطنا في العام 2005، فيما تم منح زوجته تأشيرة الإقامة الدائمة في العام 2006 وتم إيقاف أوراق سفر الطفل الذي يقيم مع إحدى خالاته في المغرب طيلة العامين الماضيين منذ تلك الفترة مما حدا بمسؤولي »كير« إلى المطالبة بأن يسارع مسؤولو الهجرة الأمريكية بلم شمل الأسرة وشرح أسباب المنع ونوه المجلس في بيانه إلى أنه رصد عددا من الحالات لكثير من المسلمين يقولون إنهم يواجهون المشكلة نفسها بسبب الأسماء التي يحملونها وكانت سفارة الولايات المتحدة في البحرين نفت أول أمس في ردها على ما نشرته الصحافة البحرينية من منع من يحملون اسم "محمد" من الحصول على تأشيرات دخول، مؤكدة أن تلك التأشيرات تصدر إذا تطابقت جميع الشروط التي يجب أن تنطبق على مقدم الطلب ويعيش الأمريكيون في خوف دائم من مغبة وقوع هجمات إرهابية جديدة في عقر دارهم . وما زالوا يعيشون صدمة هجمات الحادي عشر من سبتمبر عام 2001 والتي كانت السبب الرئيسي في تحول كبير في تعامل الولايات المتحدة مع العرب والمسلمين بصفة خاصة، بصرف النظر عن جوازات السفر التي يأتون بها إلى الأراضي الأمريكية. وبينما يتجنب مثقفون عرب ومسلمون السفر إلى الولايات المتحدة خوفا من تعرضهم للاضطهاد عند وصول مطاراتها، شكت صحيفة ألمانية متخصصة بشؤون الاقتصاد من تعرض رجال أعمال ألمان وبعضهم من أصل عربي إلى مضايقات عند الوصول إلى المطارات الأمريكية وقالت الصحيفة: في بلد الإمكانيات اللامحدودة أصبحت الحرية تصغر والأمن يكبر، وحينما يتعرض رجال الأعمال إلى مضايقات، فإن بعضهم ينتهي في السجن

13 juin 2007

اليازغي يستقبل وفدا عن المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان، للتباحث حول موضوع الهجرة وإنشاء المجلس الأعلى للهجرة














مكتب الرباط


قال محمد اليازغي الكاتب الاول للاتحاد الاشتراكي، إن الكشف عن الحقيقة في قضية المهدي بن بركة، هو الذي سيجعل المصالحة فعلية، وأضاف، عند استقباله أمس الأول لوفد عن المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان برئاسة أمين المجلس، أن ملف المهدي بن بركة، من أبرز الملفات الحقوقية التي مازالت عالقة• ومن جهته أوضح السيد الهيبة الأمين العام للمجلس، أن الاستمرار في العمل وتنفيذ توصيات هيئة الإنصاف والمصالحة، والانكباب على الملفات العالقة وفي مقدمتها ملف المهدي بنبركة أفضل تكريم للراحل إدريس بنزكري، الرئيس السابق للمجلس الاستشاري لحقوق الإنسان الذي وافاه الأجل الأسبوع الماضي• وفي هذا السياق أشار الهيبة الى أنه بحلول الذكرى الأربعينية، سيتوفر عدد من ضحايا الانتهاكات الجسيمة على بطاقة التأمين الصحي، وذلك وفق اتفاقية تم إبرامها مع صندوق الاحتياط لفائدة الضحايا وذوي الحقوق

وتأتي زيارة الوفد للكاتب الاول، في إطار الاستشارات التي يقوم بها المجلس الاستشاري لحقوق الانسان في إطار التحضير لمشروع المجلس الأعلى للهجرة، والذي كان جلالة الملك قد أعلن عن إنشائه• وأوضح الأمين العام للمجلس أنه في إطار المشاورات والإعداد لتأسيس المجلس الأعلى للهجرة، تم تنظيم ندوات ولقاءات مع المهاجرين المغاربة في عدد من دول الاستقبال، وهي لقاءات تمت بشكل شفاف وديمقراطي، وكان الهدف منها الاستماع للمهاجرين المغاربة حول آرائهم بخصوص السياسة العمومية في مجال الهجرة، والوقوف عند أفق انتظاراتهم في ما يتعلق بموضوع الهجرة• ومن جهته اعتبر محمد اليازغي الكاتب الأول لحزب الاتحاد الاشتراكي ـ الذي كان مرفوقا بعدد من أعضاء المكتب السياسي ـ ان الاتحاد كانت له منذ تأسيسه علاقات مع المهاجرين المغاربة في الخارج، خاصة على المستوى التنظيمي، على صعيد قطاعات متعددة كالقطاع الطلابي، وقطاع التجار والعمال• وانتقد تجربة التمثيلية البرلمانية للمهاجرين في السابق، ملاحظا ان تلك التجربة عرفت تعثرات، بسبب ضعف الوسائل والإمكانات والمبادرات التي كان من شأنها أن تساعد النواب على تنفيذ مهامهم، كما أن شروطا موضوعية حالت دون نجاح تلك التجربة كموقف بعض دول الاستقبال• ولذلك لم تضمن لهذه التجربة أسباب النجاح• وأضاف اليازغي ان الاتحاد كان من بين الأوائل الذين طالبوا بإنشاء المجلس الأعلى للهجرة•• ولاحظ أن الهجرة اتسعت، ذلك أن المهاجرين أصبحوا يشكلون النخبة في عدد من مؤسسات دول الاستقبال، بل بدأ أبناء المهاجرين يتحملون مسؤوليات سياسية، محلية ووطنية في دول المهجر، وهذا معطى ينبغي مراعاته في المستقبل• كما انتقد الكاتب الاول سياسة الوداديات التي كان يغلب عليها الهاجس الامني، وفي الاخير أكد اليازغي ان قيادة الاتحاد ستتدارس الموضوع وستعمل على إعداد مذكرة توجهها للمجلس الاستشاري لاحقا

12 juin 2007

حزب الحركة الشعبية: الطريقة الأمثل لتركيبة المجلس الأعلى للهجرة هي المزج بين الانتخاب والتعيين لضمان الشرعية





















الحركة - 08/06/2007

الرباط - فاطمة ماحدة
أكد الناطق الرسمي باسم حزب الحركة الشعبية، الأخ سعيد أمسكان، أن الأسلوب المقترح لتشكيل المجلس الأعلى للمغاربة المقيمين بالخارج هو المزج بين التعيين والانتخابات من أجل تحقيق مبدأي الديمقراطية والشفافية.وأوضح الأخ أمسكان على هامش اللقاء التشاوري الذي جمع بين حزب الحركة الشعبية ووفد عن المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان أول من أمس بمقر الرئاسة، أن إحداث مجلس أعلى للجالية المغربية في الخارج، برئاسة جلالة الملك محمد السادس أداة ناجعة و مبادرة ديمقراطية وشفافة، تكفل للمهاجرين كل ضمانات المصداقية، والنجاعة والتمثيلية الحقة، خاصة وأن الجالية المغربية تمثل 10 في المائة من ساكنة المغرب.واعتبر الأخ سعيد أمسكان في تصريح ل"الحركة" أن التكليف الملكي للمجلس الاستشاري لحقوق الإنسان لإبداء رأي استشاري حول إنشاء المجلس الأعلى للجالية المغربية اختيار صائب لكون أنها مؤسسة تمتاز بالحياد والنزاهة.وذكر الناطق الرسمي باسم حزب الحركة الشعبية أن تجربة سنة 1984 كانت فاشلة، لأنه من العبث أن يمثل نائبا برلمانيا في نفس الوقت الجالية المتواجدة بأمريكا الجنوبية أو بآسيا على سبيل المثال.وقال الأخ أمسكان أن الحزب يرى بأن المجلس يجب أن يكون فضاءا تناقش فيه جميع القضايا التي تهم الجالية المغربية سواء داخل أرض الوطن أو خارجه، وبأن يشكل قوة اقتراحية وليست باستشارية فقط.وخلص الأخ أمسكان أن مسألة إنشاء مجلس أعلى للجالية المغربية أمر معقد، ويستدعي التفكير مليا في الطريقة الأمثل لضبط آاليات الديمقراطية والنجاعة والكفاءة والتمثيلية التي حددها صاحب الجلالة في خطابه السامي يوم 6 نوفمبر من سنة 2006 مشيرا الى أنه لا يجب أن نستخف بالموضوع، لأن الجالية المغربية تتكون من مختلف الشرائح الموجودة داخل المجتمع

Una mujer aborta en una patera que viajaba hacia las islas Canarias


AGENCIAS - Madrid - 11/06/2007
Una inmigrante embarazada de tres o cuatro meses abortó el sábado por la tarde en una patera en la que viajaban otros 35 subsaharianos, en aguas próximas a las islas Canarias, según fuentes de la Cruz Roja. La mujer perdió durante la travesía al bebé, y el feto fue arrojado al mar antes de que la embarcación fuese interceptada a tres millas del puerto de Gran Tarajal. Nada más llegar a la costa, la mujer fue trasladada con una fuerte hemorragia vaginal al centro de salud de la localidad, y posteriormente ingresada en el hospital de Gran Canaria, en el que permanece.
Los 36 inmigrantes fueron localizados por un avión de Salvamento Marítimo y la embarcación Salvamar Mizar, después de que uno de los ocupantes de la patera alertara a los servicios de emergencia a través de un teléfono móvil. Fue Salvamar Mizar la que trasladó a los subsaharianos hasta el muelle del Gran Tarajal, hasta donde llegaron aproximadamente a las seis de la tarde, mientras que una embarcación de la Cruz Roja remolcó a la patera hasta el citado puerto.
Otra patera arribó el sábado por la noche a la playa del Cabrón, en el municipio grancanario de Agüimes, con 15 inmigrantes de origen magrebí. Siete de ellos, seis menores y un adulto, fueron trasladados a las dependencias de extranjería de la Policía Nacional en Telde. El resto se dio a la fuga.
Además, un cayuco con 139 inmigrantes llegó ayer al puerto de Santa Cruz de Tenerife remolcado por una embarcación de Salvamento Marítimo, que lo había localizado a unas 30 millas del litoral, a la altura del municipio de Güímar. Todos los inmigrantes, varones africanos, están en aparente buen estado de salud. Entre los ocupantes hay nueve menores, informó el delegado del Gobierno en Canarias, José Segura, que presenció el desembarco en el puerto

La Belgique condamne les déclarations anti-marocaines de Pierre Galand











Des hommes politiques belges ont fustigé les propos anti-marocains tenus récemment à Alger par le sénateur socialiste Pierre Galand. Dans des déclarations diffusées, samedi soir, par la chaîne de télévision 2M, Daniel Ducarme, président du mouvement réformateur international, s’est interrogé sur les raisons de soutenir la thèse des séparatistes, qualifiant les propos tenus à Alger par Pierre Galand d’erreur grave.

Les propos du sénateur belge ont été désavoués par des membres de sa propre formation politique, comme c’est le cas de Philippe Moureaux, grande figure du parti socialiste, Sénateur et Bourgmestre de la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. Moureaux, qui est aussi professeur à l’Université Libre de Bruxelles a, par ailleurs, exprimé son soutien à la proposition de large autonomie au Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Les déclarations anti-marocaines du sénateur belge ont également été dénoncées par plusieurs associations de citoyens belges d’origine marocaine.

Dans un communiqué rendu public à Bruxelles, ces associations ont souligné que les prises de position de Pierre Galand sont contraires à la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies qui a salué les efforts sérieux et crédibles du Maroc dans la gestion du dossier du Sahara, lesquels efforts sont encouragés par la Belgique qui préside actuellement le Conseil de sécurité et par une classe politique Belge soucieuse de l’intérêt des populations. Ces associations ont aussi attiré l’attention du parti socialiste belge sur ces propos irresponsables, provocants et gratuitement anti-marocains qui sont condamnables politiquement et moralement.

09 juin 2007

2ème Forum national sur la Migration et le Développement régional


Le deuxième Forum national sur la Migration et le Développement régional a ouvert ses travaux, mercredi à Oujda, avec la participation d’une palette d’acteurs économiques, d’universitaires, de chercheurs et de personnes intéressées par les questions de la migration et du développement.

Ce forum de deux jours, initié par la Fondation Hassan II pour les marocains résidant à l’étranger, ambitionne de mettre en exergue le rôle des migrants dans le processus d’investissement et les potentialités dont regorgent les régions particulièrement l’Orientale. Il entend également promouvoir l’investissement des MRE dans leur région à travers la communication et la diffusion d’informations portant sur la stratégie de développement de la région et sur ses choix économiques d’avenir afin de leur assurer une meilleure visibilité et de meilleures conditions d’évaluation de leurs projets.

Le président délégué de la Fondation, Omar Azimane a mis l’accent sur l’importance du choix de la ville d’Oujda pour abriter ce 2ème forum. Cette région connaît aujourd’hui une bonne expérience de développement orientée non seulement pour le bien être des habitants locaux mais également pour l’ouverture de la région sur le Maghreb, l’Europe et l’Afrique.

Des institutions chargées de l’accueil, de la préparation d’un plan de développement au profit des investisseurs et du développement de la région orientale ont été mise en place. Les choix réalisés notamment dans les domaines du tourisme, de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire offrent aux investisseurs une vision claire sur la stratégie de développement de la région.

Mohamed Mbarki a pour sa part assuré que son Agence pour la promotion et le développement de l’Oriental accorde un soutien indéfectible aux acteurs économiques désireux d’investir dans la région qui regorge de potentialités multiples, rappelant que son département s’emploie à faire connaître ces potentialités à l’étranger, notamment dans les pays d’accueil des ressortissants marocains.

La décision gouvernementale de consacrer une importante enveloppe d’investissement à la région de l’oriental d’un montant de 30 milliards DH, permettra à la région de connaitre un véritable décollage économique et constituera une des locomotives du développement national du royaume.

Le 2ème Forum national sur la Migration et le Développement Régional, à l’instar de la première rencontre organisée en 2006 à Settat, s’inscrit dans le cadre de l’évolution de la réflexion internationale sur la région, sur la migration et le co-développement et dans le sillage de la Conférence Euro-africaine de Rabat et de l’Initiative Nationale pour leDéveloppement Humain.

En marge du Forum, une exposition de peinture regroupant plusieurs peintres marocains et espagnols est organisée sur le thème de la migration.

07 juin 2007

Ces secteurs qui profitent de l’arrivée des MRE


Immobilier, tourisme, commerce,biens de grande consommation et téléphonie mobile sont les principaux bénéficiaires de la manne MRE. Le chiffre d’affaires de certains petits métiers peut augmenter de 200 % par rapport à une période normale. On le sait, le retour des Marocains résidents à l’étranger dope l’économie et bien des entreprises calquent leur période de haute saison sur les trois mois estivaux. Mais certains secteurs en profitent plus que d’autres. Des métiers s’organisent en fonction du retour béni de ces compatriotes qui vivent onze mois sur douze à l’étranger.

De juin à fin août, ce sont plus de deux millions de Marocains qui s’ajoutent à la population nationale. Pour Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la communauté marocaine résidente à l’étranger, « c’est une aubaine pour l’économie marocaine ».

La ministre, qui vient d’assister au Smap Immo 2007 qui s’est tenu le week-end dernier à Paris, cite justement en exemple les investissements immobiliers des MRE comme un indice de leur contribution directe à la dynamique économique, et ce en plus des transferts qui s’étalent tout au long de l’année. En effet, selon les chiffres de l’Office des changes, 83% des MRE (du moins parmi les actifs) investissent dans l’immobilier.

Des biens qui sont acquis, pour la plupart d’entre eux, durant les trois mois d’été. « Le retour des MRE est considéré comme une haute saison pour le secteur. Près de 30%de notre chiffre d’affaires se fait avec cette catégorie de la population durant les trois mois d’été », explique Abdelwahab Alami, promoteur immobilier casablancais. Et d’ajouter : « Nous ne pratiquons aucune hausse des prix. Mais ils demeurent des clients privilégiés parce qu’ils disposent d’importantes sommes d’argent ».

L’informel en profite particulièrement et il y a un risque permanent de pénurie de main-d’oeuvre. Mais il n’y a pas que les promoteurs qui en profitent. Les autres métiers de l’immobilier sont ainsi boostés par le retour des MRE. Ouvriers, peintres, plombiers, électriciens, menuisiers..., en moyenne leurs revenus doublent durant cette période. « Et en plus, on doit gérer un risque permanent de pénurie de main-d’oeuvre sur le marché », souligne Aziz Hammoudou, promoteur casablancais. Autant de petits métiers qui voient donc leur activité boostée par ce retour des MRE.

Ces derniers, près de trois millions en 2006, dont une grande majorité durant les trois mois d’été, augmentent également la cadence de la consommation, essentiellement des produits alimentaires de base, mais également des activités de loisirs et des dépenses culturelles. « Leur nombre représente tout de même 10%de la population marocaine mais avec un pouvoir d’achat beaucoup plus important », souligne pour sa part l’économiste Najib Akesbi qui relie la période estivale à la tenue de fêtes familiales.

« C’est à l’occasion de ces fêtes, mariages notamment, que la consommation croît. Poulet, viande, gâteaux, mais également caftans et produits artisanaux sont davantage consommés », fait-il remarquer. L’universitaire met également en relation l’attachement de cette tranche de la population à la famille. En effet, les transferts des MRE sont pour une part significative un vecteur de la solidarité familiale (26% du total des transferts). « Ceci permet au MRE d’offrir des vacances à sa famille, de lui payer des loisirs qu’elle ne peut pas se permettre en temps normal », explique M.Akesbi. Cet impact est variable, selon lui, en fonction des régions du Maroc.

« Dans des villes comme Nador, Berkane, Saïdia, Fkih Ben Saleh, localités qui constituent un véritable pourvoyeur d’émigrants, cette hausse de la consommation peut atteindre des taux de 150 à 200 %». Peut-on parler de l’émergence d’une classe moyenne durant ces trois mois d’été ? « On ne peut s’avancer à l’affirmer car il ne s’agit que d’un phénomène estival. Mais il demeure vrai que les transferts des MRE constituent,dans de nombreuses régions du Royaume, la principale source de revenus suite aux années de sécheresse et au taux de chômage élevé », explique cet économiste.

60% des arrivées entre juillet et août
Outre l’immobilier et les métiers informels, des secteurs entiers de l’économie en profitent également. C’est le cas du tourisme et de la téléphonie mobile. Durant les trois mois de l’été 2006, ce sont près de 1,3 million de cartes prépayées qui ont été vendues par les deux opérateurs. Si l’on sait qu’en juin 2006 le chiffre des abonnés prépayés était de l’ordre de 12,5 millions, on perçoit l’importance de cette clientèle. Téléboutiques et vendeurs de recharge en profitent également.

Mais ce sont incontestablement les différents métiers du tourisme qui bénéficient de l’aubaine MRE. 1,1 million à être revenus au pays en 1995, ils sont près de 3 millions à l’avoir visité en 2006. A partir de 2003, ils sont même devenus les premiers clients du tourisme au Maroc : 60%des arrivées sont comptabilisées en juillet et août. Il a fallu attendre l’année 2006 pour que le nombre d’étrangers dépasse celui de nos compatriotes. En outre, les MRE effectuent en moyenne un séjour plus long que celui des touristes étrangers, qui ne dépasse pas 6 jours.

Une véritable manne financière
Les transferts des MRE se sont nettement accélérés au cours de ces dix dernières années, passant de 18 milliards de DH en 1997 à 48 milliards de DH en 2006, soit une progression annuelle moyenne de 9,7%.

Entre 2001 et 2006, les transferts ont représenté 7,8% du PIB. Entre 1997 et 2005, ils ont en outre couvert 59% du déficit commercial et ont constitué la première source de devises, devançant le tourisme, les investissements et prêts privés étrangers et les tirages de la dette publique

La vie économique - Fadoua Ghannam

06 juin 2007

MRE : A quand un vrai débat sur l’exercice d’une citoyenneté double ?


La quatrième consultation de la diaspora marocaine s’est déroulée ce week-end à Rabat. Le thème du jour «Marocains du monde, appartenances et participation : l’enjeu de la citoyenneté», à donner lieu à des échanges, parfois vifs, à des débats, souvent virils et à un rassemblement large et divers de la diaspora.

Comme plateforme propice à l’exercice démocratique, le Comité d’experts proposait quatre tables rondes thématiques aux participants. Les thèmes étaient les suivants, la double nationalité et participation politique dans les pays de résidence, quelles modalités de participation au Maroc (Conseil, représentation politique,…), immigrés en Afrique et dans les pays arabes, marocains du monde et participation : modalités de la citoyenneté.En somme, jouir d’une double nationalité est-il compatible avec l’exercice de plusieurs citoyennetés ? Si pour certains, cette question ne doit pas se poser car «ipso facto, on est marocain à partir du moment où les parents sont d’origines marocaines et depuis peu, grâce à la transmission par la mère, pour les couples mixtes mariés par voie adoulaire», déclare un participant. Cependant, là n’est pas la problématique centrale ! En effet, revendiquez sa marocanité dans son pays dit de résidence n’est pas sans difficulté et souci.

Prenons deux exemples concrets et précis pour illustrer. Nous avons tous encore en mémoire l’assassinat du petit fils du célèbre peintre hollandais Vincent Van Gogh, survenu en Hollande, et son incidence dans les relations entre le Maroc et les Pays-bas. A cette époque, le gouvernement hollandais, sous la pression de la rue, interpellait le royaume chérifien sur la double nationalité et l’exercice de la citoyenneté. Selon l’exécutif hollandais, «les hollandais d’origine étrangère, et donc les marocains, doivent choisir entre l’identité hollandaise ou marocaine. En clair, soyez marocains ou hollandais, et non les deux à la fois». Le Maroc s’était alors défendu et on frôla même l’incident diplomatique. Depuis, les relations se sont apaisées mais rien ne dit que le torchon ne brûlera pas à nouveau. Un nouvel acte de violence, ou d’agressions intercommunautaires, pourrait relancer le débat.

Second cas de figure, l’Hexagone et les propos du leader du FN, l’intarissable Jean-marie Le Pen. En fin de semaine dernière, celui-ci décidait d’interpeller la ministre de la Justice de la Vème République Française, Rachida Dati, quant à son appartenance identitaire. «Madame Dati, êtes-vous française, marocaine ou algérienne ?». Du coup, la réponse de la Rachida Dati, par voix de son ministère, a été le silence. Dans cette «affaire», on peut quelque peu regretter le silence du parti UMP, et non celui de Rachida Dati tant la question est vide de sens, car elle appartient à une famille politique et au sein d’une structure familiale, on fait bloc lorsqu’un membre est «victime» d’une attaque, non ? En outre, un second niveau d’analyse s’impose. Pourquoi les français d’origine américaine ou autres ne sont pas interpellés ?

Est-il normal, logique et cohérent que ce débat n’ait pas figuré au programme de la consultation dédiée à l’exercice de la…double citoyenneté ? Les pays dits de résidences (alors que pour la 2, 3 et 4 ème génération, ceux sont les pays d’origine ?!) accepteront-ils que des personnes puissent exercer une citoyenneté double, assurer des mandats électifs dans deux pays différents ? A l’heure où les économies les plus développées verrouillent leurs frontières, protègent leurs Etats Nations, que les mécanismes institutionnels pour favoriser l’intégration des populations étrangères (et plus particulièrement Nord Africaine) ont montré leurs limites, l’instauration d’un Vrai débat sur le sujet ne s’impose-t-il pas ?

Une citoyenneté à deux visages où à deux vitesses ne sert pas l’intérêt général.

Rachid Hallaouy

04 juin 2007

أحمد حرزني رئيساً للمجلس الاستشاري لحقوق الإنسان في المغرب



الرباط - عبدالصمد بن شريف
عين العاهل المغربي الملك محمد السادس أحمد حرزني، المعتقل السياسي اليساري السابق رئيساً للمجلس الاستشاري لحقوق الإنسان، خلفا لرئيسه السابق الراحل إدريس بنزكري
وذكر بيان للديوان الملكي أنه خلال استقبال الملك للرئيس الجديد للمجلس بالقصر الملكي بفاس، جدد العاهل المغربي الإعراب عن عميق تأثره لرحيل بنزكري، مؤكداً أن خير عزاء في فقدانه هو مواصلة النضال الجماعي من أجل النهوض بحقوق الإنسان

23 mai 2007

1ère rencontre du Fincome à Casablanca


La première rencontre internationale des compétences marocaines à l’étranger, se tiendra les 25 et 26 mai à Casablanca, marquant ainsi le lancement du Fincome.
Cette rencontre rassemblera des hommes et des femmes de la diaspora marocaine, ainsi que des acteurs des secteurs privé et public. Elle vise à ouvrir un dialogue avec les intelligences nationales hors de frontières et déboucher sur un partenariat solide.
La stratégie du Fincome vise à impliquer de manière durable et efficace les compétences marocaines à l’étranger dans le processus de développement du Royaume.
Le Ficome consiste à faire appel aux différentes compétences et expertises de la diaspora marocaine pour accomplir des missions, depuis l’étranger ou sur place au Maroc, en appui ou dans le cadre des programmes et des plans opérationnels de développement de leur pays d’origine.
Cette manifestation de deux jours sera marquée par la tenue de plusieurs rencontres et ateliers de travail. Les 1.000 participants, dont 200 compétences marocaines résidant à l’étranger, tenteront de faire du programme Fincome l’outil de référence de la communauté marocaine à l’étranger et d’en concevoir le schéma de démarrage.

21 mai 2007

Condoléances


Condoléances a la famille de driss benzekri ainsi qu'à tout les militants et militantes des droits de l'homme
تعازينا الي عائلة المرحوم ادريس بن زكري والي كل مناضلات و مناضلي حقوق الانسان

18 mai 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE

COMMUNIQUE DE PRESSE.


Réunis à Bruxelles ces 12 et 15 mai 2007, et suite à d’autres réunions qui ont eu lieu en Allemagne le 21 avril 2007, en Espagne le 10 mai 2007, les responsables et acteurs d’une multitude d’associations de Marocains en Europe, ont débattu sur la façon d’apporter leur contribution au débat et à la réflexion concernant la mise en place du futur CONSEIL SUPERIEUR DES CITOYENS MAROCAINS DE L’ETRANGER.

Cette rencontre qui a clôturé les concertations, a été l'occasion d'un débat riche et serein et d'un échange d'idées au sujet de l'approche, la vision et les objectifs du futur CONSEIL. Les nombreux intervenants ont été unanimes à réaffirmer leur attachement aux discours royaux des 6 novembre 2005 et 5 novembre 2006 octroyant à tous les CME l’exercice pleinement de leur citoyenneté dans leur pays d’origine. A cet effet, Ils ont exprimé leur vive préoccupation quant à la forme et au contenu des débats limités dans le nombre et dans l’espace menés par le CCDH et qui devraient permettre de dégager un éventail de propositions définissant les missions et les objectifs du CONSEIL.

L’ensemble des participants ont mis l’accent sur le fait qu’aucun document n’a été conçu en tant qu’outil de travail structurant le processus de consultation, afin de le rendre efficient, démocratique et transparent. Ils ont mis l’accent sur le fait que cet état de choses ne permettra aucunement au CCDH de disposer d’éléments nouveaux et multiples qui lui permettront de rédiger un rapport fiable susceptible d’installer un CONSEIL SUPERIEUR à la mesure des attentes de plus de trois millions de Citoyens Marocains de l’Etranger.

Un CONSEIL qui sera en mesure de définir les normes et les outils pour gérer démocratiquement la diversité et les multiples courants qui traversent la communauté des CME. Un CONSEIL dont le contenu est à même de contribuer à la promotion de la tolérance et de garantir la liberté culturelle et cultuelle des CME qui vivent et évoluent dans un environnement de plus en plus intolérant.

Les participants ont souligné également leurs inquiétudes face à la tournure que prennent certaines réunions qu’on comptabilise délibérément comme consultations et qui semblent être l’expression d’un certain courant politique et une tribune de règlement de comptes. Ils ont exprimé leur souci de voir qu’aucune de ces réunions ne s’est jusqu’à présent attaquée au fond du problème, en débattant notamment sur la nature de la mission du futur Conseil, l'identité de ses élus et de ses électeurs, etc.

Enfin, alors que le processus de consultations devrait se clôturer mai/juin 2007, l’ensemble des participants, soulignent que la démarche du CCDH est déjà une source d'inquiétude pour une quasi-majorité des acteurs de la communauté marocaine de l'étranger.

Bruxelles, le 15 mai 2007.

Ci-dessous les signataires :

Belgique :
CONGRESS-Belgique, ABEF(association bruxelloise d’entraide et de formations), AIDE (association interculturelle de dialogue et d’éducation) – sections : Bruxelles-ville, Anderlecht, Schaerbeek et Courtrai- Association Unem Euro-Marocaine, CCRME, Fondation des MRE, HIWAR vzw, CHABAB de Forest pour la Jeunesse, Citoyenneté Plus, les AMIS de TISSA, FEMMES parce que je le veux bien, Génération d’Or, Multiculturelle Européenne Génération, RADIO CHEKKAFI-Bruxelles, Messieurs HACHMAOUI mohamed et BELHALOUMI Abdelghani.

Allemagne :
AGB (Aktion Gemeinwesen und Beratung), VAF (Vereinigung der Arabischen Frauen), BAH (Bürger mit Ausländischer Herkunft), ADB (Antidiskriminierungsbüro), Forum der Jugendliche aus den maghreb -Forum des jeunes Maghrébins en Allemagne-, EUROMIGR (Centre Européen d’études et d’analyses sur la Migration), MKV (Marokkanische Kulturverein), VME (Vereinigung des Marokkanischen Emigranten in der BRS), FIZ ( Flucht –und Immigrationszentrum in Deutschland), AMV (Amazighverein in NRW), CONGRESS-Allemagne, Club International du Sport Aachen, Association contre le racisme et la xénophobie d’Aachen.

Espagne :
CONGRESS-Espagne.

حقـوق الإنسان

الإعــلان العـالمي لحقـوق الإنسان

المادة 1
يولد جميع الناس أحراراً متساوين في الكرامة والحقوق، وقد وهبوا عقلاً وضميراً وعليهم أن يعامل بعضهم بعضاً بروح الإخاء
المادة 2
لكل إنسان حق التمتع بكافة الحقوق والحريات الواردة في هذا الإعلان، دون أي تمييز، كالتمييز بسبب العنصر أو اللون أو الجنس أو اللغة أو الدين أو الرأي السياسي أو أي رأي آخر، أو الأصل الوطني أو الاجتماعي أو الثروة أو الميلاد أو أي وضع آخر، دون أية تفرقة بين الرجال والنساء. وفضلا عما تقدم فلن يكون هناك أي تمييز أساسه الوضع السياسي أو القانوني أو الدولي لبلد أو البقعة التي ينتمي إليها الفرد سواء كان هذا البلد أو تلك البقعة مستقلا أو تحت الوصاية أو غير متمتع بالحكم الذاتي أو كانت سيادته خاضعة لأي قيد من القيود
المادة 20
( 1 ) لكل شخص الحق في حرية الاشتراك في الجمعيات والجماعات السلمية
( 2 ) لا يجوز إرغام أحد على الانضمام إلى جمعية ما=======================================================

الدستور المغربي

تصديـــر
المملكة المغربية دولة إسلامية ذات سيادة كاملة، لغتها الرسمية هي اللغة العربية، وهي جزء من المغرب العربي الكبير
وبصفتها دولة إفريقية، فإنها تجعل من بين أهدافها تحقيق الوحدة الإفريقية
وإدراكا منها لضرورة إدراج عملها في إطار المنظمات الدولية، فإن المملكة المغربية، العضو العامل النشيط في هذه المنظمات، تتعهد بالتزام ما تقتضيه مواثيقها من مبادئ وحقوق وواجبات وتؤكد تشبثها بحقوق الإنسان كما هي متعارف عليها عالميا
كما تؤكد عزمها على مواصلة العمل للمحافظة على السلام والأمن في العالم

الفصل التاسع
يضمن الدستور لجميع المواطنين
حرية التجول وحرية الاستقرار بجميع أرجاء المملكة؛
حرية الرأي وحرية التعبير بجميع أشكاله وحرية الاجتماع؛
حرية تأسيس الجمعيات وحرية الانخراط في أية منظمة نقابية وسياسية حسب اختيارهم
ولا يمكن أن يوضع حد لممارسة هذه الحريات إلا بمقتضى القانون
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16 mai 2007

أين حقوق الإنسان؟




حينما "يحرك" الشباب هربا من "الحكرة



تحقق أغنية تتغنى بهجرة البلد وركوب البحر للخروج من الشعور بالدونية والاحتقار إقبالا كبيرا لدى الصغار والشباب. هل هي صدفة أن تلقى هذا الإقبال في زمن الأزمة والضياع الذي يعيشه الشباب؟ وهل هذه الأغنية ناجحة، لأن لحنها أم أداءها أم كلماتها تجد هوى في نفس المستمعين إليها؟ أهم كلمات الأغنية تتغنى ب"البابور" أي الباخرة أو السفينة، التي يرى فيها مؤلف الكلمات حبيبته أو معشوقته "مون آمور". ولنا أن نتخيل هنا شابا بقرب ميناء طنجة أو ميناء الدار البيضاء، يراقب البواخر التي ترسو على الميناء، ويرى فيها مخلّصته من واقع "الحكرة" الشعور بالاحتقار و"لاميزير" البؤس الذي يعيش فيه، ولا يجد مخرجا منه إلا بركوب السفينة التي عشقها من كثرة تعلقه بها، فهو يتخيل نفسه فوقها، يقطع البحر ليصل إلى شط الأمان والجزيرة الحلم هناك في الضفة الأخرى
وتستحضر كلمات هذه الأغنية عبارتين، الأولى غير ظاهرة للوهلة الأولى، وهي مرتبطة بدور "البابور" في نقل الشخص الموجود في وضعية مأساوية إلى الضفة الأخرى، وهي الهجرة السرية، أو "الحريك"، والعبارة الثانية بارزة في النص، وهي "محكور"، أي الإحساس بالاحتقار والدونية، والتخلص من هذا الإحساس لن يكون إلا بمغادرة هذا الوطن الذي يحرم الشاب من تحقيق ذاته، سواء بتوفير العمل، وما يتولد عنه من استقلال مالي، أو تسهيل لقائه بمحبوبته! فهناك تلازم بين "الحكرة" و"الحريك"، ف"الحكرة" تدفع الشخص المحتقر إلى البحث عن الخلاص في "الحريك"، أي حرق جميع ما يربطه بالوطن، من أوراق هوية وانتماء لهذا الوطن، بل وحتى المشاعر بالابتعاد عن الأهل والأحباب والأصدقاء، وتفضيل الغربة على هوان الوطن، والساهرين عليه! ونعود إلى كلمات هذه الأغنية، ونتساءل: هل هي تعبّر عن موجة أو موضة عابرة تنتهي مع ظهور موجة أو موضة جديدة؟ هل لكلماتها تأثير على الصغار والشباب الذين يحفظون كلماتها عن ظهر قلب، ويرددونها باستمتاع كبير؟ هل هذه الكلمات ترسم صورة لوضعية هذا الجيل، وتعبر عن وضعيته الصعبة: إحساسه بأن الأجيال السابقة عليه، لا تنصت لمشاكله الخاصة، وانشغالاته الحياتية، لذلك يرى المَخرج لمأزقه في "الحريك"، حتى لو كان فيه هلاكه؟َ! لأنه يفضل ركوب أهوال "الحريك" على العيش في ذل وهوان "الحكرة". وفي بحث لا ينتهي على دراهم معدودة، ليحقق أحلامه الصغيرة، لا يجدها عند الأب أو الأم أو الإخوة، لأن كل واحد مشغول بمشاكله، ولا يقوى على مساعدته ماديا، بل ويصطدم يوميا مع محيطه، الذي قد ينعته بجميع النعوت، التي تدل على تكاسله وتقاعسه و"برودة أكتافه"، وأنه ليس مثل "أسياده" الذين يحصّلون على قوت يومهم بأي طريقةَ! هذه الأغنية تعبّر عن مشاعر شرائح واسعة من الشباب، تعشق العيش في وطنها بكرامة، وحتى لو كانت في الظاهر تشيد "بالحريك"، وتمجّد الهروب من مواجهة واقع "الحكرة" و"لاميزير"، فإنها في العمق توجه رسائل إلى من يهمهم الأمر، بأن هذا الجيل يرفض العيش في وطن الهوان، وأن مكان الشباب هو وطنه، ومهامه هي تشييده، وليس تركه وهجرانه
محمد علي الحنشي alihanchi@hotmail.com

12 mai 2007

التجمع المغربي بأوروبا
نداء سطراسبورغ
يوم 5 ماي 2007

نحن موقعوا هذا النداء، الموحدون في اطار تنسيقية تجمع مغاربة أوروبا، نعتبر أنه من واجبنا كفاعلين جمعويين منبثقين من الهجرة المغربية، أن نأتي بمساهمتنا في النقاش و التفكير الملتزمين حول انشاء المجلس الأعلى للمغاربة القاطنين بالخارج مستقبلا
لهذا نسجل و ندعم مبادرة صاحب الجلالة الملك محمد السادس، التي أعطت آثار ايجابية خلقت ديناميكية في النقاش
لهذه الديناميكية اليوم الفضل في اظهار غنى و تعددية الحركة الجمعوية لدى الهجرة المغربية، و كذلك الكفاءات الشخصية لديهم، بالاضافة الى الاهتمام الذي يوليه المغاربة للوطن الأم
نسجل بارتياح أن هناك اقتراحات هامة و متكاملة بعضها جاءت مفصلة جدا، قدمت من طرف أبناء الوطن في اطار تجمعات أخرى و داخل جمعيات متعددة: أرضية ما بين القارات للمغاربة القاطنين بالخارج، الكونجرس، آموم، المناظرة، مبادرة –تجمع المغاربة باروبا 2007 ، جمعية طوبقال …بالاضافة الى مساهمات فردية متعددة

حق التصويت والمواطنة
نأخذ بعين الاعتبار العوامل القانونية ، و كل ما يتعلق بالجانب التقني و الاخلاقي، نظرا لتعارضها مع المشاركة المباشرة للمغاربة القاطنين بالخارج في الانتخابات التشريعية المغربية. نلاحظ فعلا بأن الهجرة المغربية تعرف تطورا مستمرا يصبوا الى مواطنة نشيطة في بلد الاستقبال، و هذا يشكل السبيل الذي لا محيد عنه من أجل انسجام كامل
و في هذا الصدد، نشجع أبناء وطننا، و خاصة مزدوجي الجنسية منهم، بأن يهتموا أكثر بالحياة الاجتماعية و السياسية في المجتمعات التي تحتضنهم، و ذلك من أجل انسجام اجتماعي أحسن، و من أجل التعرض للاجرءات التمييزية التي من شأنها استهداف أعضاء جاليتنا، الشيء الذي يجعلنا نلعب دورنا الكامل من أجل السلام الاجتماعي و الحوار ما بين الثقافات و الاديان
اذن، المغاربة القاطنون بالخارج، بما فيهم مزدوجي الجنسية، لا يزالون متشبثين بالوطن الأم. هذه الحقيقة تؤكدها عودة مغاربة المهجر بكثافة خلال العطلة الصيفية و مساهمتهم الفعالة قي الاقتصاد الوطني عبر التحويلات المهمة للعملة الصعبة زيادة على استثماراتهم المباشرة في قطاعات اقتصادية مختلفة بالمغرب
الشيء الواضح هو أن المجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج صيغة سليمة و مطابقة لحقيقة تطلعات الجالية المغربية بالمهجر ذات الرغبة المزدوجة: الحفاظ على الصلة مع الوطن الأم و المشاركة عبر مواطنة نشيطة داخل دول الاستقرار

فالمجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة لن ينجح في مهمته ما لم يستجب لبعض شروط الديمقراطية و التمثيلية في تركيبته و طرق اشتغاله
المجلس الاستشاري لحقوق الانسان و مهمة ابداء رأي استشاري حول المجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج
في خطاب 5 نونبر 2006، أوكل جلالة الملك الى المجلس الاستشاري لحقوق الانسان مهمة ابداء رأي استشاري بهدف احداث مجلس أعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج
لوحظ و بأسف أنه منذ الخطوات الأولى لفريق العمل المنظم من طرف المجلس الاستشاري لحقوق الانسان، و المكلف باستشارات حول المجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج، تعرض لانتقادات و قلق عبرت عنهما جمعيات من الهجرة المغربية
بالنسبة لنا، لا يمكن للمجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج أن يكون موقعا للتعبير عن تيار سياسي معين أو منبرا سياسيا من خلاله يعطي فيه البعض لأنفسهم حق الاقصاء ، باسم ماض أو اديلوجية أو تيار فكري معينين
نحن نعتبر كل مغربي في أرض الهجرة كمغربي كامل
لا بد أن يكون المجلس الاعلى للمغاربة القاطنين بالخارج ممثل للجالية المغربية بالمهجر في تعددها و اختلافها
بالنسبة لنا، من واجب هذا المجلس الأعلى أن يجمع المغاربة و يجعل الكفاءات و التجارب في خدمة الجميع. لا يمكن له أن يصبح المبرر لتصفية حسابات أو لممارسات للاقصاء، و الا ستضيع منه مصداقيته
بالنسبة لنا، لن ينجح هذا المجلس في مهمته الا اذا أخذ بعين الاعتبار في تركيبته تاريخ و حقيقة الهجرة المغربية، بما في ذلك الطلبة و الجمعيات الدينية التي أخذت على عاتقها تدبير شؤون الدين للجالية و دون أن ننسى الجالية اليهودية المغربية التي لا زالت متثبتة بمغربيتها
نوجه نداء الى صاحب الجلالة الملك محمد السادس، صاحب المبادرة، أن يسهر على أن يتعهد المجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج حين انشائه مستقبلا، باحترام التعددية و التنوع لدى الهجرة المغربية.

من أجل مجلس أعلى للجالية المغربية بالخارج مستقل و ديمقراطي

نريد أن تكون تركيبة المجلس الأعلى للجالية المغربية بالخارج مكونة في أغلبيتها من مغاربة المهجر
سبعين في المائة من أعضاء المجلس ينتخبون بالمقاطعات التابعة للقنصليات، وعدد الأعضاء لكل مقاطعة يحدد بالنسبة لعدد المغاربة المسجلين بالقنصليات
عدد المقاعد التي تخصص لكل بلد، تكون طبعا محددة بطريقة نسبية على حسب عدد المغاربة القاطنين هناك
و 30% الباقية تخصص لتعيين شخصيات مؤهلة و ممثلي مختلف الوزارات التي لها علاقة بقضية الجالية المغربية بالخارج
نريد مجلسا أعلى للهجرة يتمتع بالصراحة المطلوبة و حرية التعبير للدفاع على مغاربة المهجر بصرامة
مجلسا يتوفر على الشجاعة الكافية من أجل فضح و وضع حد للانحرافات الادارية، هنا و هناك، و التي يمشي ضحيتها مغاربة المهجر، خلال اجراءات لدى المصالح القنصلية، و مبالغات ادارية أو ضحية فساد خلال اجراءات متعلقة باستثمارات بالمغرب، الشئ الذي يؤدي الى حرمان المغاربة من تحويل كفاءات و خلق شغل
أخيرا، يمكن للأعضاء المنتخبين داخل المجلس الأعلى للجالية المغربية القاطنة بالخارج كناخبين كبار أن ينتخبوا ممثلين بالغرفة الثانية المغربية، و عددهم يحدد فيما بعد

سطراسبورغ، في 5 ماي 2007

07 mai 2007

L’Appel de Strasbourg

Collectif des marocains d’Europe

5 Mai 2007



Nous, les signataires de cet appel, réunis au sein de la Coordination du Collectif des Marocains d’Europe, considérons qu’il est de notre devoir, en tant qu’acteurs associatifs issus de l’immigration marocaine, d’apporter notre contribution au débat et à la réflexion engagés au sujet de la mise en place future, du Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger.

Nous souscrivons et soutenons cette initiative de sa Majesté le Roi Mohamed VI, qui a produit des effets positifs, créant ainsi une dynamique de débat.

Cette dynamique a le mérite, aujourd’hui, de démontrer la richesse et le pluralisme du mouvement associatif issu de l’immigration marocaine, mais aussi, les compétences individuelles et l’intérêt que portent les marocains à la Mère Patrie.

Nous notons avec satisfaction que des propositions intéressantes et complémentaires, dont certaines très détaillées, ont été avancées par nos compatriotes au sein d’autres collectifs et à des occasions diverses : Plateforme Intercontinentale des MRE, CONGRESS, AMOME, AL MONADARA, Initiative -CME 2007-, association TOUBKAL….ainsi que des contributions individuelles diverses.

Droit de vote et Citoyenneté :

Nous prenons acte des facteurs de droit, d’ordre technique et d’éthique, qui s’opposent à la participation directe des RME aux législatives marocaine. Nous constatons, d’ailleurs, que l’immigration marocaine est en évolution permanente vers une citoyenneté active dans les pays d’accueil, qui est la voie incontournable d’une intégration parfaite.

A ce sujet, nous incitons nos concitoyens, notamment les bi nationaux, à s’impliquer davantage dans la vie sociale et politique des sociétés d’accueil, pour une meilleure intégration sociale, pour s’opposer aux mesures de discriminations susceptibles de frapper les membres de notre communauté et pour jouer pleinement notre rôle en faveur de la paix sociale et en faveur du dialogue inter-culutrel et inter-religieux.

Cependant, les marocains de l’étranger, y compris les bi nationaux, demeurent attachés à la mère patrie. Cette réalité est confirmée par le retour massif des RME au Maroc, lors des grandes vacances, et ils participent d’une manière significative à l’économie nationale par le transfert important des devises mais aussi par les investissements directs dans les différents secteurs économiques du Maroc.

Le Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger, nous paraît une formule saine et adaptée à la réalité des aspirations des marocains de l’étranger, dans son double désir : de maintenir le lien avec la mère patrie, et s’impliquer dans une citoyenneté active au sein des sociétés d’accueil.

Cependant, le Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger, ne peut réussir dans sa mission que s’il répond à certaines exigences de démocratie et de représentativité, dans sa composition et dans son mode fonctionnement.


Le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme et la Mission de consultation sur le Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger :

Dans son discours du 5 novembre 2006, le Chef de l’Etat a annoncé la création du CSCME, et a confié préalablement une mission de consultation au CCDH.

Force est de constater que les premiers pas du groupe du CCDH, chargé des consultations pour le CSCME, ont fait l’objet de critiques et d’inquiétudes exprimées par de nombreuses associations issues de l’immigration marocaine.

Pour nous, le Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger, ne peut être l’expression d’un courant politique, il ne peut être une tribune politique à partir de laquelle les uns où les autres se donnent le droit d’exclure, au nom d’un passé ou au nom d’une idéologie ou d’un courant de pensée.

Nous considérons chaque Marocain sur une terre d’immigration comme un Marocain entier.

Le Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine de l’Etranger doit être représentatif de la communauté marocaine de l’étranger, dans son pluralisme et sa diversité :

Pour nous, le CSCME doit rassembler les marocains et conjuguer les compétences et les expériences au service de tous, il ne peut devenir le prétexte à des règlements de compte ou à des pratiques d’exclusion, sous peine de perdre sa crédibilité.

Pour nous, le CSCME ne peut réussir sa mission que s’il prend en compte dans sa composition l’histoire et la réalité de l’immigration marocaine, y compris les étudiants, y compris les associations cultuelles qui ont pris en charge volontairement la gestion du culte de la communauté, sans oublier les membres de la communauté juive marocaine qui restent attachés à leur marocanité.


Nous lançons un appel à Sa Majesté le Roi, Mohamed VI, à qui appartient l’initiative, afin de veiller à ce que ce futur Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Etranger, respecte le pluralisme et la diversité de l’immigration marocaine.

Pour un CSME, Indépendant et Démocratique :

Nous voulons un CSCME dont la composition est issue majoritairement des Marocains de l’étranger, à 70% du conseil, dont les membres seront élus dans les circonscriptions consulaires, et le nombre pour chaque circonscription sera déterminé en fonction du nombre de marocains inscrits aux consulats. Les sièges à pourvoir par pays, seront bien entendu, définis proportionnellement au nombre de marocains résidents.
Les 30% restants seront réservés aux nominations des personnalités qualifiées et des représentants des différents Ministères ayant à traiter de la question de la communauté marocaine de l’étranger.

Nous voulons un CSCME, qui a la franchise requise et la liberté de ton afin de défendre les intérêts des RME sans concession.

Un CSCME qui aura l’audace de dénoncer et stopper les dérives administratives, d’ici et de là bas, dont sont victimes les RME, lors de leurs démarches aux services consulaires, et lorsqu’ils sont victimes des abus administratifs ou victimes d’escroquerie dans leurs démarches d’investissements au Maroc, privant ainsi, les Marocains de transfert de compétences et de création d’emploi.


Enfin, les membres élus au sein du CSCM pourront procéder à l’élection en tant que grands électeurs des représentants, dont le nombre restera à déterminer, au sein de la deuxième chambre parlementaire marocaine.


Strasbourg le 05 Mai 2007




03 mai 2007

بلاغ صحفي حول لقاء 5 ماي بستراسبورغ










ألا بأهل العزم تأتي العزائم

بفرح وإعتزازكبيرين نعلن للرأي العام الوطني والدولي إنعقاد لقاء ستراسبورغ لمغاربة أوربا تتويجا لنقاشاتهم
وحواراتهم التي إنطلقت منذ سنوات
نقاشات إنصبت حول وضعية المهاجر المغربي وتكثفت بعد الإعلان عن تأسيس المجلس الأعلى للمغاربة القاطنين بالخارج
لقاء اخترنا فيه الشفافية عوض الضبابية واخترنا الديمقراطية عوض الذاتيات الهجينة والعلاقات الشخصية التي أكل الدهر عليها وشرب

إخترنا التمثيلية ليعبر المجلس فعلا عن إنتظاراتنا ويستجيب لطموحاتنا ويكون بوابة نحو وطننا لا مجلسا على طريقة ستار أكاديمي
من أجل هذا نجتمع في ستراسبورغ يوم 5 ماي 2007 لكي يصل صوتنا عاليا إلى الجميع وأن تكون يدنا واحدة للدفاع

عن مصالح الجالية المغربية من خلال مؤسسة ديمقراطية كما نريدها

فمرحبا بكل المغاربة في أوربا يوم 5 ماي في ستراسبورغ فصوتنا صوت واحد وصفنا صف واحد وهدفنا هدف واحد هو المساهمة في بناء مغرب ديمقراطي حداثي ومتقدم
إذن جميعا من أجل مجلس أعلى للمغاربة القاطنين بالخارج شفاف، ديمقراطي وتمثيلي

تنسيقية اللقاء



في 1 ماي 2007


01 mai 2007

تحية إلى كل العاملات والعمال


لنجعل من يوم عيد العمال العالمي يوماً لإدانة سياسة الاستغلال للإنسان بالقمع، وإدانة الفساد العام ، واستغلال المواطن بشكل خاص
لنطالب في يوم العمال بديمقراطية مطلقة ومبرمجة ، ونطالب بسياسة واضحة ضد الصهيونية العالمية والاستعمار الأميركي وأعوانه

لنحيِّ في يوم العمال المقاومة العربية الشريفة في فلسطين ولبنان والعراق ،وفي كل أرجاء الوطن العربي، وليكن لكل منا موقف ؛ فالرجولة موقف والتزام

ولنتضامن في هذا اليوم مع حقوق المرأة العامل وحقوق المهاجرين ،ونحترم الرأي الآخر وعدم نهج سياسة الإقصاء