10 octobre 2006

Nous protesterons contre la vie chère















Le président de l'Association marocaine des droits de l'Homme, Abdelhamid Amine, se félicite du bilan de la semaine de protestation contre la vie chère, mais appelle toutes les composantes de la société à poursuivre l'action collective.


ALM : La coordination de lutte contre la hausse des prix, dont vous faites partie, a organisé du 2 au 8 octobre une semaine d'actions pour protester contre la série des hausses des prix. Quel bilan faites-vous de cette semaine de protestation ?


Abdelhamid Amine : Le bureau central de l'Association s'est réuni dimanche 8 octobre dans le cadre de sa session ordinaire. A cette occasion, il a établi une première évaluation de la semaine d'action organisée par un ensemble d'ONG, de syndicats et de partis politiques, sous le signe de la protestation contre le renchérissement du coût de la vie. Pour nous, la semaine d'action a été un grand succès. Nous avons enregistré avec satisfaction l'appui des syndicats, des partis politiques et des ONG à ce mouvement de contestation. Nous saluons particulièrement le soutien de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) et de l'Association des barreaux du Maroc. Nous saluons également le rôle des médias dans la réussite des manifestations organisées dans ce cadre et qui en ont, d'une manière générale, établi des comptes rendus objectifs.En somme, le bilan des actions menées à travers les différentes villes du Royaume, est positif. Toutefois, nous condamnons et dénonçons fermement la réaction violente des pouvoirs publics qui ont réprimé certaines manifestations. Nous condamnons avec force le recours à la violence. En usant de la force, ils ont contrecarré la tenue des sit-in dans trois villes ; à savoir Agadir, Biougra et Rabat. A ce sujet, je note la réaction violente contre le sit-in, observé mercredi 4 octobre à Rabat devant le siège de Redal. Ce qui est plus indignant est l'intervention brutale des unités des Forces auxiliaires pour disperser les manifestants. Il y a eu beaucoup de blessés ce jour-là.

Le gouvernement de Jettou a récemment fait baisser le prix des carburants à la pompe. Comment interprétez-vous cette décision ?

Nous avons accueilli avec grande satisfaction cette décision, qui va dans le sens de notre objectif, en l'occurrence le retour à des prix plus raisonnables qui ne grèveraient pas le pouvoir d'achat des citoyens déjà mis à mal. Il s'agit du premier recul du gouvernement depuis 1981. C'est un résultat positif de notre action de protestation. Toutefois, cette mesure reste modeste, partielle et insuffisante. Nos revendications n'ont pas encore été satisfaites entièrement. L'augmentation des salaires et la baisse de la charge fiscale sont deux mesures nécessaires. Nous demandons à ce propos la baisse de l'impôt général sur le revenu (IGR). Nous demandons également l'application du code du travail.

Prévoyez-vous l'organisation d'autres manifestations pour faire aboutir vos revendications ?


Il est évident que nous allons poursuivre notre mouvement de protestation pour aboutir à des résultats meilleurs. On ne peut pas s'arrêter en si bon chemin. L'action collective doit continuer. Cette semaine sera ponctuée de sit-in et manifestations dans les villes qui se sont vu interdire l'organisation de telles initiatives.


Par : Khadija Skalli aujourd hui maroc le 10-10-2006

09 octobre 2006

MRE : Gare aux amalgames !

Pourquoi cette attitude hautaine et méprisante envers ceux que vous appelez “zmagria” ? Vous faites une énorme confusion entre MRE et Européens d’origine marocaine. Je comprends que les instances marocaines souhaitent nous garder dans leur giron, mais hormis nos parents ou grands-parents et les nouveaux arrivés, nous ne sommes pas Marocains résidant à l’étranger mais EVPNPO (Européens Vivant dans notre Pays Natal et Visitant notre Pays d’Origine). Donc, cela réduit considérablement le nombre de vrais MRE.


Parmi ces derniers, l’“ancienne génération” ne pose aucun problème : elle reste profondément attachée à son pays, y rapatrie la plus grande partie de ses économies et est sage comme une image en toutes circonstances (parfois trop…). Les autres sont les nouveaux venus, fraîchement débarqués : ils ne sont que le reflet de l’éducation reçue au Maroc. Ce sont généralement eux qui sillonnent la corniche au volant de grosses cylindrées pour prouver leur réussite fulgurante en Europe, tandis que les enfants d’émigrés n’y arrivent pas : il est vrai que faire Bac+5 minimum requiert plus de temps et de sacrifices que les petites arnaques en tous genres que ces vrais MRE ont eu tout le temps d’apprendre… au Maroc. Ces gens-là cumulent les défauts des deux rives au lieu de n’en retenir que les qualités. Et sur ces comportements débiles, je citerai un adage bien connu : “On voit la paille dans l’œil de son voisin mais pas la poutre qu’on a dans le sien !”.


En effet, je suis revenu cet été au Maroc et ai pu constater que les jeunes bourgeois casablancais n’ont rien à envier aux “zmagria” : grosses cylindrées (offertes par Papa, on ne sait comment...), comportement hautain envers le “peuple”, musique (de zmagria, d’ailleurs genre Diam’s) à fond… C’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité ! Comme partout, il existe aussi une petite minorité d’imbéciles mais généraliser revient à la même logique que considérer chaque musulman comme un terroriste.


Tous les Marocains ne sont pas issus des karianes, tous les enfants d’émigrés ne sortent pas des cités. Eviter les amalgames évitera une scission entre gens issus du même pays. Une très grande partie des Marocains qui vivent dans des maisons appartenant à des MRE, ou qui reçoivent d’eux un soutien financier continu, voient parfaitement où je veux en venir. Faites en sorte que nous ne soyons plus offensés par certaines analyses simplistes. Alors, “compatriotes”, à bon entendeur salut !

Hicham El Malih, Avocat, France.

08 octobre 2006

Elections communales en Belgique, un fiasco inéluctable pour la communauté marocaine.

Pourquoi les élections communales en Belgique présagent un grand fiasco pour la communauté marocaine ? Forte d’une importante masse d’électeurs dans tout le royaume belge, la communauté marocaine a des chances indéniables d’emporter beaucoup de sièges. La Belgique organise le 8 octobre prochain des élections communales. Cela paraît fortuit et insignifiant.

Pourtant, ces élections, par leurs répercussions directes sur la vie quotidienne des citoyens, sont beaucoup plus importantes que les élections législatives. Qu’en sera-t-il de la communauté marocaine ? De toute évidence, on s’achemine vers un fiasco.La dispersion et l’émiettement de notre communauté devant une échéance si cruciale pourraient s’avérer discréditants et catastrophiques. Discréditants, parce que notre communauté aura démontré son manque d’organisation, et catastrophiques parce qu’elle pourrait se retrouver sans, ou du moins, avec très peu de représentants au niveau de la gestion des communes. Qui en est responsable ?La commune, en Belgique, dispose d’un organe législatif (le conseil communal), d’un organe exécutif (le bourgmestre et les échevins - une sorte de Conseil des ministres) et d’un bourgmestre (maire - une sorte de Premier ministre - qui a ses propres attributions et prérogatives).

La commune est l’autorité publique la plus proche du citoyen. Elle gère les domaines essentiels de la vie des citoyens. La commune est notamment compétente en matière d’état civil (naissances, mariages, décès) et de population.La commune délivre les cartes d’identité, s’occupe de l’inscription des étrangers, délivre les cartes de séjour et toutes sortes d’attestations et de certificats, dont les certificats d’hébergement, enregistre les changements d’adresse, délivre les permis de conduire Plus important encore, elle gère l’enseignement public (dit communal) et les affaires de jeunesse. La gestion des écoles publiques, des crèches, des aires de jeux, les activités sportives, etc sont de son ressort. La commune est aussi compétente en matière d’autres domaines vitaux comme l’attribution de logements communaux et de l’aide sociale qu’elle fournit grâce à des centres publics d’action sociale, plus communément appelés CPAS, et grâce à d’autres services qui dépendent d’elle. Le CPAS a pour mission d’assurer aux personnes et aux familles l’aide due par la collectivité. Cette aide peut être matérielle, sociale, médicale, médico-sociale ou psychologique (octroi du revenu d’intégration, insertion socio-professionnelle, aide médicale urgente pour les illégaux, aide au logement, aide aux personnes âgées, accès à la culture et aux loisirs ). Elle dispose aussi d’une agence d’emploi qui aide les demandeurs à trouver un travail.

Elle a aussi une mission culturelle.

Elle organise des festivals, des expositions, des conférences, des distractions, etc et gère les académies des Beaux-Arts. La commune est de même compétente en matière de propreté publique, de cultes, de travaux publics, d’urbanisme, d’environnement, de gestion des propriétés communales, des contentieux et du tourisme. Elle assure la fonction de la police locale. La commune est de même compétente en certaines matières de relations internationales. Certaines communes ont d’ailleurs des accords de jumelage avec des villes marocaines, comme il en est entre la commune de Schaarbeek et la ville d’Al Hoceima. C’est dire toute l’importance que joue la commune dans la gestion de la vie quotidienne de ses habitants. C’est dire aussi l’importance que revêtent ces élections. Il s’agira, lors de ces élections, d’élire des représentants qui pourront intervenir efficacement dans tous les domaines précités. Le bien-être des habitants en dépendra. Les élus formeront le conseil communal qui devra élire le bourgmestre de la commune, qui, à son tour, constituera son collège d’échevins, son exécutif, parmi les membres du conseil communal.

Qu’en sera-t-il pour la communauté marocaine dans ces élections ? A quoi peut-elle s’attendre ?

Les candidats marocains qui se sont rués sur ces élections pour briguer un poste d’échevin ou de conseiller communal, ne ramasseront que des miettes. Il n’y a point besoin de sondage. On va vers un fiasco. Les statistiques sont incontestables. Comment peut-on imaginer que pas moins d’une trentaine de candidats marocains se présenntent dans la petite commune de Saint-Josse de Bruxelles qui fait à peine 1 km2 de superficie et compte à peine 3.000 électeurs d’origine marocaine sur un total de 11.000 électeurs. Les Turcs, la communauté la plus forte après les Marocains dans la commune (soit quelque 2.500 électeurs), ne présentent que 7 candidats (encore que des alliances sont en train de se faire pour le vote sur un seul candidat). Partageant à parts égales les voix de leurs communautés respectives, les 30 candidats marocains ne récolteront que 100 voix chacun, alors que les candidats turcs pourront facilement recueillir plus de 350 voix. La même situation prévaut dans les dix-huit autres communes de Bruxelles. Les candidats marocains, en se présentant en nombre si élevé, sont pratiquement en train de se saborder.

Pourquoi un nombre si élevé ?

La loi belge autorise pratiquement toute personne (de nationalité belge) âgée de plus de 18 ans et n’ayant pas encouru de peines pénales, à se présenter comme candidat. Il n’y a pas de conditions pour le niveau d’instruction. C’est une aubaine pour tous ceux qui, avec ou sans emploi, aspirent à asseoir leur situation avec un salaire facile dans un poste bien honorifique. La grande majorité des candidats se présentent sous l’étiquette d’un parti politique. Certains d’entre eux sont des militants de longue date, mais d’autres ont dû valser entre les partis avant d’en trouver un qui les prenne sous ses couleurs.

Liberation.

06 octobre 2006

Communiqué de l'association Pateras de Vida

سابع أكتوبر: اليوم العالمي للتضامن مع المهاجرين

بناء على الأحداث التراجيدية التي عرفتها هذه المنطقة أقر المنتدى الاجتماعي الأوربي (آثينا،ماي 2006) و المنتدى الاجتماعي العالمي للهجرات ( مدريد،يونيو2006) و الندوة الأوروأفريقية غير الحكومية(الرباط،يوليوز2006) يوم 7 أكتوبر يوما عالميا للتعبئة من أجل حقوق المهاجرين.
إننا كجمعيات و منظمات تعمل بالمغرب ، نعتبر أن يوم 7 أكتوبر يوما لتكريم ضحايا هذه الحرب على المهاجرين الدائرة في أنحاء سبتة و مليلية و المستمرة حول جزر الكناري و الشواطئ الإفريقية،والتي نعلن رفضنا التام لها.
سيكون هذا اليوم يوما للتضامن مع جميع المهاجرين المبعدين من المغرب و كل المهاجرين المحاصرين بالتراب المغربي الذين يتعرضون لسوء المعاملة و لكل أشكال الإهانة من طرف السلطات المغربية التي تعتمدها كتدابير للتصدي لمد الهجرة السرية لصالح أوربا،و التي نندد بها و بشدة.
سيكون يوما للتضامن مع اللاجئين و أصحاب اللجوء السياسي المحرومين من طرف السياسة الأوربية من حق وضع طلبات اللجوء السياسي في البلدان التي وقع عليها اختيارهم ، و المحرومين أيضا من كل حقوقهم في الحماية بالمغرب.
سيكون أيضا يوما للتضامن مع المهاجرين السريين المبعدين من طرف البوليس الأوربي في اتجاه الموانئ و المطارات المغربية في إطار الاتفاقيات المبرمة و إعادة إدماجهم بفرنسا على أساس الملفات التي تم اعتمادها في إطار عملية تسوية لأوضاعهم.
سيكون يوما للتعبئة من أجل الاعتراف بالحق في حرية تنقل الأشخاص و كافة حقوق المهاجرين ،كما هي متعارف عليها بالمواثيق الدولية و العمل على تطبيقها بالتراب المغربي.
إننا نؤكد انخراطنا في بيان الرباط الذي تبنته الندوة الأوروأفريقية غير الحكومية تحت شعار"الهجرات و الحقوق الأساسية وحرية التنقل"، كما نطالب السلطات المغربية و الإسبانية و الأوربية بما يلي:
- إجراء تحقيق شامل و علني حول سير أحداث ليلة 28و29 شتنبر 2005 بسبتة و 5 و 6 أكتوبر بمليلية و متابعة كل المسؤولين ن هذه الجرائم.
- الحرص على الاحترام اللامشروط لحقوق الإنسان الأساسية كما هي متعارف عليها بالإعلان العالمي لحقوق الإنسان،للجميع و في كل مكان.و كذلك كافة الحقوق المتضمنة في الاتفاقيات الخاصة مثل اتفاقية جنيف المتعلقة باللاجئين و تلك الخاصة باحترام حقوق المهاجرين العاملين و أسرهم.
- الحد من السياسة الأمنية المعتمدة ضد الهجرة و الحد من عدم احترامها للحقوق الشخصية و خصوصا تجريمها للمهاجرين الذين يتوقون لمستقبل أفضل فوق أرض آمنة.
- وقف كل الضغوط الاقتصادية أو السياسية التي يمارسها الاتحاد الأوربي و الدول المنضوية تحت لوائه اتحاه بعض الدول كالمغرب و إنهاء جميع تدابير سوء المعاملة و كذا إجراءات مراقبة الحدود الأوربية و الدول التي تميل إلى تحويل ضغط اللاجئين و إبعاد المهاجرين إلى دول الجنوب ، و نوجه نداءنا إلى كل المنظمات و الأشخاص الراغبين في تلبية هذا النداء
للتجمع تكريما لضحايا سبتة ومليلية يوم السبت 7 أكتوبر 2006 من الساعة الثالثةإلىالساعةالرابعةبعدالزوال في المكان نفسه الذي سقط فيه ضحايا سبتة
سينعقد تجمع آخر في خرجة مدينة تطوان أمام فندق" الياقوتة" (كام 2 الشارع الرئيسي تطوان/ سبتة)انطلاقا من الساعة الواحدة بعد الزوال .


لللاتصال بالبريد الالكتروني
conferencemigrations@gmail.com
الهاتف
065656518

رغم مرور 45 يوماً..عائلات ضحايا قارب ''لامبيدوزا'' ما تزال تنتظر الجثامين
















ما تزال عائلات ضحايا غرق قارب للهجرة السرية قرب جزيرة ''لا مبيدوزا'' الإيطالية تنتظر
تحرك السلطات المغربية من أجل معرفة مصير أبنائها. وأكدت بعض العائلات لـ ''التجديد'' أنها علمت بوفاة ذويها عبر اتصالات هاتفية للناجين بعائلاتهم، لكنها بانتظار جواب السلطات الإيطالية، بعد الوعد الذي قدمه إليها قنصل إيطاليا بالوساطة لدى سلطات جزيرة لامبيدوزا من أجل تحقيق مطالبهم. من جانب آخر، قال خليل جماح، رئيس جمعية أصدقاء وعائلات ضحايا الهجرة السرية، إن جمعيته أبلغت القنصل الإيطالي طلب عائلات الضحايا فتح تحقيق في حادث القارب، الذي تفيد شهادات الناجين أن الغرق كان نتيجة اصطدام بسفينة إيطالية، في حين لم تشر سلطات روما في تحقيقها إلى حادث الاصطدام. كما طالبت العائلات بأخذ عينات من الحمض النووي لها من أجل التعرف على هوية الجثث، ونقلها إلى المغرب من أجل دفنها. وأعرب جماح عن أسفه لرفض الوزاراة المكلفة بالمهاجرين ومؤسسة الحسن الثاني المكلفة بالمغاربة المقيمين في الخارج، مساعدة العائلات الذين تعرفوا على ذويهم في استقدام الجثث إلى المغرب، خاصة أن بعض العائلات تعرفت على ذويها هناك، وتتطلب عملية النقل مبلغا ماليا كبيرا (حوالي ثلاثة مليون سنتيم)، بحجة أن المؤسستين تتعامل فقط مع المغاربة الذين لهم وثائق الإقامة هناك أو وثائق إثبات الهوية. وأضاف المصدر نفسه أن السلطات المغربية دائما تتعامل بـ ''لامبالاة'' مع جثث ضحايا الهجرة السرية، وتعترف فقط بمن يحمل بطاقة التعريف الوطنية، وهو الأمر الذي يتعذر على مهاجرين سريين. وعن عدد ضحايا القارب المغاربة، أكد رئيس الجمعية أن السلطات المغربية تحدثت فقط عن ستة مغاربة، في حين أن الجمعية زارتها 30 عائلة مغربية تؤكد توجه المهاجرين عن طريق ليبيا، في الوقت الذي تم فيه الإعلان عن حادث ''لامبيدوزا''، وأن أغلبهم ينحدرون من إقليم خريبكة وبني ملال والدار البيضاء. وعما إذا كان أحد الناجين من الحادث قد عاد، قال الرئيس ''لم يعد أي منهم بعد، لأن القانون الإيطالي يحتم عليهم البقاء محتجزين لمدة لا تتعدى ثلاثين يوما من أجل تحديد هويتهم، وفي حالة ما إذا لم يتم ذلك فسيطلق سراحهم في إيطاليا''.
خديجة عليموسى

05 octobre 2006

Lettre ouverte des grévistes de la faim de Cachan au Président de la République Française

Monsieur le Président de la République Française,

Au nom de tous les peuples qui souffrent, nous nous adressons à vous et à travers vous au grand peuple français, solennellement.

Nous ne sommes ni des criminels, ni des fainéants, ni des voleurs, ni des profiteurs.

Nous sommes des hommes, des femmes, des enfants dans un monde sans oreilles, sans yeux, sans Raison, sans mains.

Un monde qui a oublié ou préfère oublier ses devoirs et sa raison d'être, pour l'homme, par l'homme et avec l'homme.
Nous venons de là-bas ! Afrique, Asie, Orient, Amériques…

Nous nous noyons dans l'Atlantique. Nous mourrons sur les fils barbelés des frontières aux quatre coins du monde.

Nous subissons les coups des machettPrésident de la République, grand peuple français, si nous n'avons pas de papier, nous ne sommes pas du papier, ni des nombres sur du papier.

Nous nous appelons Togola, Otman, Salim, Sékou, Boureima, Ramdame.

Nous ne sommes pas dangereux, nous sommes en danger!

Merci

03 octobre 2006

الهجرة السرية ليست الحل لمشاكل البلدان الإفريقية

تحدث الكاتب المغربي، الطاهر بن جلون في روايته الأخيرة في إسبانيا "الرحيل" عن مشكل الهجرة، التي يقول إنها "ليست الحل للمشاكل التي تعاني منها البلدان الإفريقية" في تصريح للصحافة،

ذكر بن جلون أن »هدف هذه الرواية ومغزاها العميق هو أن الرحيل ليس هو الحل، الهجرة ليست هي الحل من أجل إيجاد حلول للمشاكل التي يعاني منها المغرب، خاصة وأن هذه الهجرة غير شرعية وسرية وتتسبب في القضاء على حياة المئات من الناس" ويروي بن جلون، أنه منذ 50 سنة خلت، خلال الحكم الدكتاتوري للجنرال فرانكو، كان هناك الكثير من الإسبان الذين هاجروا إلى المغرب، "وكانوا يصلون عبر القوارب، ولو أن الكلمة لم تكن معروفة" وتحكي الرواية كذلك عن تفاصيل رحلة المهاجرين المغاربة السريين كل يوم عن طريق مضيق جبل طارق وعن أهمية مقهى "الحافة" بمدينة طنجة، وهو المكان الذي يتخذ من قبل الجميع كنقطة انطلاق نحو أوروبافي "الحافة" يجتمع الشباب كذلك من أجل قضاء الوقت، والتدخين، وتأمل أضواء مدينة طريفة، على الضفة الأخرى هؤلاء الشباب يرون أن هذه الأنوار قريبة لدرجة اعتقادهم أنها في متناول أيديهم و يستطيعون ملامستها فهي فقط على بعد 14 كيلومترا من مدينة طنجة يخالون أن طريفة في انتظار وصولهم يرون أن الأبواب كلها قد سدت، والحل الوحيد الذي لديهم هو الهجرة إلى الضفة الأخرى، مهما كان الثمنعلى هذا الواقع المعاش يوميا في مختلف وسائل الإعلام، اعتمد الكاتب لإنجاز روايته "الرحيل"، والتي نشرت في بداية الأمر باللغة الكطلانية ، بعد ذلك ترجمت إلى اللغة الإسبانية وتتحدد الفترة التي تتحدث عنها الرواية »الرحيل« في سنوات التسعينات، حيث تحكي عن تجربة شاب اسمه أزيل، والظروف القاسية التي يعيشها، وكذا معاناته مع البطالة وقلة الموارد، الشيء الذي يدفعه إلى الهجرة و البحث عن عالم أفضل وتبدو الهجرة السرية في الرواية كشاهد على وحشية الظروف التي يعيشها الشباب الراغب في الوصول إلى الضفة الأخرى، من خوف، و موت، و غرق بفعل الأمواج العاتية أما في ما يخص أزيل، بطل الرواية، فهو شاب حاصل على الإجازة في العلوم القانونية، ولكنه لم يجد عملا، ومما زاد الأمر حدة هو تفشي ظاهرة البطالة في البلد ونظرا لظروف أزيل الصعبة سهل عليه التفكير في المغامرة والعزم على ركوب الأمواجورغم أنه قام بدفن أحد أبناء أعمامه ضحية قوارب الموت، يبقى أزيل مصرا على الهجرة إلى الضفة الأخرى ويبقى هذا هو هدفه الوحيد لهذا لم يفكر مرتين حينما اقترح عليه مواطن إسباني السفر إلى برشلونة بمساعدته وتسهيل عملية حصوله على الوثائق اللازمة، ولو أن العلاقة التي قد تجمعهما تبدو مشبوهة ويحوم حولها الريب ويقول الطاهر بن جلون عن بطل الرواية »هو شخصية جديدة بالنسبة لأدب الهجرة التي تحمل معها كل مظاهر العنف والألم الذي تسببه مفارقة الوطن" وهكذا يحمل الكاتب بطله على التخلي عن قيمه وكرامته يكتب بن جلون أن أشخاص الرواية الآخرين فيسيرون على نهج البطل ويتمنون أن تتلقاهم إسبانيا بأياد رحبة »للقرب الجغرافي، والتاريخي والثقافي، لكن إسبانيا ليست شخصا ولا تنتظر أحدا" مليكة، إحدى أختي البطل، فتشتغل بمصنع هولندي لتقشير السمك ويقول الكاتب إن "مليكة عبارة عن صورة مجازية للظلم، وشهادة مأساوية، وضحية نماء اقتصادي غير متوازن"، مضيفا أن »كل شخصيات الرواية هم ضحايا الفساد والعنف"

Madrid demande à l'Algérie de mieux lutter contre l'immigration clandestine

Décidément, l'Algérie prêche une chose et fait le contraire. Elle boycotte la Conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement tenue les 10 et 11 juillet à Rabat. la conférence de Rabat avait réuni les pays émetteurs, de transit et d'accueil des migrants.

L'Algérie n'avait pas jugé utile de participer à cette conférence dont les travaux ont été entérinés par l'adoption d'un plan d'action sur la migration de l'Afrique vers l'Europe. Celui-ci a permis de limiter le flux migratoire de 65% en 2006. Pourtant, tout le monde sait que l'Algérie est devenue un pays d'origine, de transit et d'accueil de migrants originaires d'un nombre croissant de pays africains et non africains.
La visite de la première vice-présidente du gouvernement espagnol et de son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, hier à Alger, qui avait pour principal thème l'immigration, selon le gouvernement espagnol, intervient pour dissuader ce pays afin de déployer plus d'efforts dans le contrôle de ses frontières terrestres et maritimes. Et pour cause. L'Espagne fait face à un afflux de clandestins algériens.
Les arrivées d'embarcations de clandestins se sont multipliées sur les côtes de l'Espagne après des vagues importantes d'immigrants sur les îles Canaries. L'interception ces derniers jours, au large de Murcie et Almeria, de plusieurs embarcations en provenance de l'ouest algérien suscite de sérieuses inquiétudes à Madrid.Dans la presse madrilène, on soupçonne la découverte d'une «nouvelle route» de l'immigration clandestine entre les côtes ouest de l'Algérie et l'est de l'Espagne. Ce changement de centre n'est pas le fruit du hasard, la fermeté du Royaume du Maroc à l'égard de ce phénomène a fini par payer.
«La coopération hispano-marocaine, non seulement fonctionne, mais elle est menée de manière excellente», a assuré Consuelo Rumi, secrétaire d'Etat espagnole à l'Immigration, à l'issue d'un séminaire organisé récemment à Madrid par la Fondation «Pablo Iglesias».
Un «modèle de coopération» exemplaire, a renchéri Mme Rumi. Et d'ajouter que d'autres pays émetteurs d'immigrants illégaux devront prendre exemple sur le Royaume. Notre pays assume la charge financière liée aux opérations de rapatriement, avant que l'Union européenne ne s'implique davantage dans la lutte contre l'immigration clandestine en accordant un total de 700 millions de dirhams au programme d'urgence de soutien au développement institutionnel et à la mise à niveau de la stratégie migratoire présentée par le gouvernement.
Par contre, le dernier rapport en date publié par le département d'Etat américain met en cause l'Algérie pour son manque de respect des normes «minimum» pour l'éradication du trafic des personnes.Alger a dégringolé dans le classement établi par le département passant de la «liste 2» où il était classé dans le rapport 2005 à «la liste 2 de vigilance spéciale», où sont classés les pays devant faire l'objet d'un suivi plus attentif.
«L'Algérie n'a pris aucune mesure pour évaluer l'étendue du trafic des personnes dans le pays et n'a fait état d'aucune enquête ou poursuite judiciaire pour des délits de trafic», a souligné le rapport. Le refus de ce pays voisin de coopérer pour trouver une solution appropriée à l'immigration clandestine complique encore la situation.

30 septembre 2006

Izza Genini, le Maroc corps et âme

La réalisatrice se prépare à apporter les dernières retouches à un nouveau docmentaire sur la musique marocaine.
Amoureuse du cinéma et de la musique marocaine, Izza Genini met les dernières retouches à la réalisation de "Noubas d’Or et de Lumière", un film destiné, comme elle le dit joliment à "capter les notes de musiques qui résonnent encore dans les cours de Cordoue, de Séville, s’élèvent toujours à Tanger, Tétouan, Ksar El Kébir, Fès et se propagent encore à Paris, New York, Amsterdam... "
Né à Casablanca en 1942, Izza Genini a émigré avec ses parents en France en 1960. A Paris, où la famille s’installe, Izza garde, au fond de son coeur, une partie du Maroc. Inscrite à la Sorbonne, elle y suit des cours de langues orientales. Au début des années 70, elle est nommée directrice du club 70 pour le 7e art. Présente à tous les festivals, elle enrichit son expérience professionnelle et monte, par la suite, une société de distribution de films en Afrique francophone et pour la promotion de films africains en France et à l’étranger.
En 1978, toujours nostalgique de ce pays qui l’a vu naître, elle décide de partir à sa découverte. Elle donnera naissance à une collection de films d’une rare beauté qui fait la part belle au patrimoine musical marocain. Avec beaucoup d’amour, d’émotion et de curiosité, elle a décidé, le temps de quelques documentaires, de s’approprier quelques-uns des trésors de ce Maroc multiculturel et de les restituer, sous forme d’une passionnante offrande.
La série "Le Maroc corps et âme" que la réalisatrice a signée révèle la sensibilité de l’artiste, décidée à donner à la diversité culturelle marocaine sa pleine mesure. "Ce que je découvrais en redécouvrant le Maroc, c’est que ce patrimoine était formidablement vivant : autour de moi, dans les maisons, dans les soirées privées, tout le monde savait chanter, danser, battre le tambour, dire une qasida de Malhoun... ", dit-elle.
A travers la vingtaine de films documentaires, réalisés entre 1978 et 1992 et dédiés à la musique traditionnelle, mystique ou spirituelle, Izza Genini a réussi le pari d’immortaliser des pans d’un patrimoine séculaire. D’autres films documentaires, comme "Retrouver Ouled Moumen" (Prix du Festival du Film d’Histoire, Pessac 95), "Pour le plaisir des yeux...", "La route du cédrat, le fruit de la Splendeur", "Tambours Battant", "Cyberstories", "Lettre à Rita", révèlent ce souci de mémoire et ce besoin de témoigner de ces liens forts et précieux entre lesMarocains de confession musulmane et juive. Pour la réalisatrice, le chant traditionnel constitue un sujet de dialogue culturel et de tolérance entre les musulmans et les juifs.
Après avoir exalté et chanté la beauté de tant d’instruments et de genres musicaux, comme "Aïta", "Des luths et délices", "Gnaouas", "Rythmes de Marrakech", "Melhoune", "Vibrations Haut-Atlas", "Nuptiales en Moyen-Atlas", "Chants pour un Shabbat" et "Tambours battant", l’artiste se penche, cette fois-ci, sur "Al Ala". Son film, en cinq mouvements montrera comment, toutes générations, classes et religions confondues, la "nouba continue d’élargir le cercle de ses amateurs fervents". Un beau film en perspective pour chanter une musique immortelle et qui a su, avec un rare bonheur, tisser des liens et des ponts entre les peuples et les cultures.
Khadija Alaoui - Libération

29 septembre 2006

Soutien aux migrants subsahariens au Maroc


Lettre ouverte adressée au gouvernement marocain, au Conseil consultatif des droits de l’homme marocain, au parlement européen, au bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés à Rabat et au siège central du HCR.

A l’approche du triste anniversaire des dramatiques événements de Ceuta et Melilla qui avaient causé la mort, par balle, de près d’une quinzaine de personnes, et le refoulement vers des zones désertiques de centaines d’autres, la situation actuelle des migrants au Maroc est toujours alarmante.

Ces événements étaient pourtant un violent avertissement révélant les conséquences et les limites d’une approche uniquement sécuritaire des questions migratoires et des pressions européennes sur les pays tiers afin de contenir les migrants en Afrique et pousser les Etats voisins, comme le Maroc, à contrôler les frontières de l’Europe et à prendre en charge la protection des réfugiés et l’accueil des migrants en lieu et place des Etats membres de l’Union. Aujourd’hui, près d’un an après, les départs n’ont bien sûr pas diminué et les droits fondamentaux des migrants continuent d’être violés quotidiennement.

Au Maroc en particulier, les arrestations de migrants se poursuivent ainsi que les refoulements généralement vers Oujda, ville frontalière avec l’Algérie, mais aussi récemment vers la frontière désertique avec la Mauritanie. Au quotidien, les migrants tentent de survivre dans des conditions d’extrême précarité, y compris les réfugiés sous protection du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Bien que ces derniers bénéficient, en théorie, d’une protection internationale, ils subissent, en pratique, le même traitement que n’importe quel migrant. La procédure d’asile mise en place en 2005 par le bureau du HCR à Rabat n’apporte pas de réelle protection aux réfugiés qui ne bénéficient ni d’une protection juridique efficace ni d’aucun droit spécifique. Ils continuent, comme tous les autres migrants, a être arrêtés et refoulés au mépris de l’obligation de non-refoulement de la Convention de Genève, ils ne leur est remis aucun titre de séjour ni documents de voyage, ce qui les contraint à rester au Maroc sans pour autant y bénéficier d’un séjour régulier et donc sans pouvoir accéder à un travail, bénéficier d’un réel accès aux soins, suivre des études ou une formation, scolariser leurs enfants ou encore vivre en famille pour ceux dont conjoint(e) et enfants sont restés au pays. Ils ne bénéficient pas non plus d’une assistance sociale spécifique de la part du HCR et force est de constater qu’il n’existe pas de réelle protection des réfugiés et des demandeurs d’asile au Maroc. La procédure existante ne donne que l’illusion d’une protection et, loin de protéger réellement les personnes menacées dans leur pays, elle risque fort de ne servir uniquement d’alibi à l’Union européenne pour continuer à restreindre l’accès à son territoire.

Chaque jour, les actualités nous rapportent que des dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants africains abordent les côtes canariennes. Les commentaires présentent ce phénomène comme une sorte de catastrophe et si parfois, les télévisions et les journaux s’attardent avec une apparente compassion sur la souffrance et la détresse de ces hommes et de ces femmes, et sur la mort que beaucoup rencontrent dans leur aventure désespérée, la plupart du temps ils nous parlent de cette migration comme d’une menace, à la fois économique et humaine, qui pèserait sur l’Europe. Nous avons rarement le sentiment d’entendre parler d’hommes et de femmes qui seraient nos égaux, nos semblables, du moins au terme de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Ce que ferait n’importe quel être humain en situation de détresse, de misère, de guerre, d’arbitraire, pourtant, ils le font : ils vont chercher ailleurs un peu d’espoir, un peu de paix, un peu d’avenir. Ce que ferait n’importe quel être humain menacé et réprimé à cause de cette quête, ils le font : ils s’organisent, ils s’associent, ils défendent leurs droits. C’est ainsi qu’au Maroc, beaucoup de migrants et plus particulièrement de réfugiés se sont organisés en communauté ou en association, à l’image du Conseil des migrants subsahariens, une des premières associations de migrants créée en novembre 2005 au Maroc. Ces associations et groupes tentent, en étroite collaboration avec des associations marocaines et européennes, et à travers un combat pacifique et démocratique, de faire valoir leurs droits d’êtres humains qui leurs sont garantis par les conventions internationales et les conventions spécifiques sur les réfugiés ou les migrations.

Récemment, cette action de conviction et de débat a connu des développements : depuis le 20 juin dernier, les associations et les différentes communautés de réfugiés se sont mobilisées solidairement afin de faire valoir leurs droits auprès du HCR. Cette mobilisation a pris la forme de négociations collectives avec les représentants du HCR et de sit-in, dont un a duré plusieurs jours, devant les locaux de l’institution.

Les associations et communautés de migrants et réfugiés ont également pris une part active à la Conférence non-gouvernementale euro-africaine organisée au Maroc par différentes associations du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et d’Europe, les 30 juin et 1er juillet derniers, dix jours avant la conférence ministérielle euro-africaine à Rabat. Les militants, y compris certains migrants et réfugiés, ont participé à deux sit-in, médiatisés, organisés à Rabat, l’un en conclusion de la conférence non-gouvernementale, le second lors de la conférence gouvernementale. A travers ces différentes actions, la communauté migrante et réfugiée au Maroc est apparue publiquement et a montré ses capacités de mobilisation commune, sa détermination et sa volonté de débattre, de discuter, d’argumenter au sujet de sa situation. Un certain nombre de médias européens mais aussi marocains, lui ont fait écho. Ses membres ont, à cette occasion, été photographiés par de nombreux journalistes, mais aussi des membres de la police.

Certains responsables des associations de migrants et réfugiés font depuis l’objet d’intimidations. Actuellement, quatre membres dirigeants du Conseil des Migrants subsahariens au Maroc, font l’objet d’une attention particulière des forces de l’ordre marocaines, qui les menacent d’arrestation et d’expulsion à tout moment, au mépris du statut de réfugiés que trois d’entre eux ont obtenu, et que le quatrième est en passe d’obtenir. L’un d’entre eux, AK. a été arrêté à deux reprises, le 18 juillet et le 9 août 2006. La première arrestation a eu lieu à Rabat, avec trois autres personnes qui ont été immédiatement libérées. AK. a été interrogé dans les locaux de police du 8ème Arrondissement pour qu’il livre les noms et les adresses des autres responsables du Conseil et a été menacé d’expulsion en relation explicite avec ses activités de défense des droits des migrants. Lors de sa deuxième arrestation, il a été tabassé parce qu’il refusait de reconnaître ses amis du Conseil sur des photos où ils figuraient. Il a été expulsé vers la frontière algérienne, à Oujda, où on l’a menacé de déportation dans le désert, et même de mort, lui et ses compagnons du Conseil.

Le ministère de la Justice, saisi récemment par l’AMDH (association marocaine des droits humains) de cette situation, a indiqué dans une réponse écrite à l’association que les quatre hommes mentionnés faisaient l’objet de recherches en raison de leur entrée irrégulière sur le territoire marocain. Pourtant, ces quatre personnes reconnues réfugiés ou demandeurs d’asile, ne peuvent se voir reprocher leur entrée irrégulière sur le territoire marocain en vertu de l’article 31 de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, ratifié par le Maroc, et ne peuvent non plus, en vertu de la même Convention et de la législation en vigueur au Maroc, être expulsés.

D'autres témoignages rapportent des événements du même ordre à l'encontre d'autres représentants d'associations. L'ensemble de ces faits et en particulier la réponse écrite du ministère de la Justice, laissent craindre que tout migrant et réfugié tentant de se mobiliser pour le respect de ses droits ne fasse l'objet d'intimidation et montrent que le statut de réfugié ne leur accorde pas de réelle protection.
Nous, citoyens marocains et européens soucieux des valeurs de démocratie, de droit, d’humanité, nous sommes à leurs côtés, comme aux côtés de l’ensemble des migrants et parmi eux, de ceux qui œuvrent pour le respect de leurs droits, et nous le serons encore et encore. Nous rappelons les recommandations du Manifeste non gouvernemental euro-africain sur les migrations et demandons plus particulièrement dans ce contexte le respect des recommandations suivantes :
- Le renoncement à l’idéologie sécuritaire et répressive qui oriente aujourd’hui les politiques migratoires, notamment à l’ « externalisation » de l’asile et des contrôles aux frontières, à la criminalisation des migrations ainsi qu’à toute loi raciste, xénophobe ou discriminatoire ;
- La refondation des politiques migratoires sur la base du respect des droits humains, d’une réelle égalité des droits des personnes vivant sur un même territoire et, dans l’immédiat, de la régularisation de tous les migrants sans papiers,
- La dépénalisation du délit de séjour irrégulière et de l’aide aux personnes contraintes à ce type de séjour,
- L’abolition de toutes les mesures faisant obstacle aux possibilités de regroupement familial,
- L’application complète et sincère de tous les instruments de protection internationale afin de ne pas réduire le droit d’asile à une simple fiction,
- L’octroi systématique à tous les réfugiés statutaires d’une complète liberté de circulation et d’installation et d’une protection à travers le monde,
- La refondation financière et juridique du HCR de manière à ce qu’il protège effectivement les demandeurs d’asile et réfugiés et non pas les intérêts des gouvernements qui le financent,
- La ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, son intégration dans les lois nationales, la ratification des conventions de l’Organisation internationale du Travail, et notamment les conventions 143 et 97 ainsi que leur mise en œuvre.

Nous demandons d’autre part instamment, et nous annonçons une vigilance sans faille à ce propos, que les droits des quatre responsables du Conseil des Migrants ainsi que de tout autre militant pour la défense des droits des migrants et des réfugiés, soient intégralement respectés, et que les menaces et représailles contre eux, parce qu’ils s’expriment et se défendent pacifiquement et avec des outils démocratiques, soient immédiatement interrompues.
Bruxelles, Rabat, septembre 2006

Premières signatures :
Conseil des Migrants subsahariens du Maroc, Coordination SOS Migrants Bruxelles, Association Marocaine pour la Défense des droits Humains, ATTAC Maroc, Aide aux Familles et Victimes des Migrations clandestines Cameroun, Khouya Mhamed – UMT Maroc, Mohamed Elwafi – syndicaliste Casablanca Maroc, Abdelhamid Haimeur – Association des Amis du Monde Diplomatique Maroc, Réseau associatif Chabaka Maroc, Association Marocaine des Droits humains (AMDH) Tanger, Forum méditerranéen des droits de l’Homme Maroc, Las Pateras de la Vida Maroc, Rachid Barghouti - responsable associatif Bruxelles, Association «Interpôle – Le Chant des Rues » Bruxelles, Aziz Mkichri - responsable associatif Bruxelles, François Harray - écrivain, Patrick Lowie- écrivain et Hassan Charach – graphiste - Editions Biliki Bruxelles, Union pour la DEfense des sans Papiers Belgique, Coordination nationale des Sans papiers de France, Associacion de Trabaradores Immigrantes en España, Nadia El Yousfi, députée PS Bruxelles, Souhail Chichah – chercheur en économie à l’ULB Bruxelles, Joëlle Baumerder – Maison du Livre Bruxelles, Mehdi Lahlou - enseignant et chercheur - membre du bureau du PSU Maroc, Sylvie Terschueren - Comité de préparation de la Conférence non gouvernementale euro-africaine Belgique, Abdou Mekkaoui – animateur culturel – Musika Mad in Brussels, Mohamed Belmaïzi – écrivain et militant des droits de l’homme Bruxelles, Coordination des Migrants de Malaga Espagne, Indymédia Estrecho Espagne, Monica Toledo Martin Séville Espagne, Eduardo Serrano Muñoz Espagne, Collectif zapatiste de Séville Espagne, David Giannoni – responsable « Espaces de Parole Sans-Abri » Bruxelles, Editions Maelström Bruxelles, Association « Aïcha » – tutorat et encadrement socioculturel des migrants mineurs non accompagnés Bruxelles, Céline Delforge – députée Ecolo Bruxelles, Compagnie théâtrale « Les Voyageurs sans bagages » Bruxelles, Collectif zapatiste de Séville Espagne, Amanda Romero Morillo – avocate Espagne, Collectif bolivarien de Cordoba Espagne, Conseil général des Africains de Belgique – MOJA, Coordination contre les Rafles et les Expulsions Belgique, Juan Manuel Nuñez Contreras Espagne, Luis M. Escobar Pozuelo Espagne, Mustapha Bentaleb – responsable associatif Bruxelles, Association Jeunesse Maghrébine Belgique, Auxiliadora Jiménez León Grenade Espagne, Angel Luis Garcia – Secrétaire permanent du Comité fédéral de la CGT Espagne, Fransisco Pérez Sānchez Cadix Espagne, Juana Moreno Nieto Espagne, Association culturelle « Joseph Jacquemotte » Belgique, Myriem Khrouz Rabat Maroc, Alain Morice – chercheur France, Placide Nzeza – Association des Migrants Africains Suède, Mehdi Alioua – doctorant en sociologie Université de Toulouse France, Nicole Mayer – sociologue ULB Bruxelles, Caroline Laurent – Fami-Home, , Patricia Corral Moirān Espagne Cadix Espagne, Bea Diallo – député PS Bruxelles, , Luc Malghem – auteur – membre du Mouvement contre le Racisme l’Antisémitisme et la Xénophobie Belgique, Association de Défense des Droits de l’Homme Maroc, GISTI France, CIMADE France, Reporters Sans Limites Maroc, Association générale des Recherches et des Etudes Stratégiques et Informatiques sur l’Observatoire Sociétaire et l’Intervention Humanitaire – membre Mouvement Baraka Maroc, Association Convergence des Causes Maroc, Jamal Ryane – président de la Plate Forme Intercontinentale des MRE Amsterdam Pays Bas, Mustapha Elouizi Maroc, Mohamed El Baki – syndicaliste et responsable associatif Maroc, Brahim Derawi-Journaliste-Nieuwgein-Hollande …

Contact :
Serge Noël - 0032 486 85 73 81 - serge_noel1@hotmail.com

28 septembre 2006

Le Drame de Lahsen Oulad Elhaj


Un Marocain, malade, allongé dans un lit d'hôpital en Papouasie Nouvelle Guinée depuis 8 ans, et toutes les tentatives et les contacts faits par la direction de l'hôpital avec le consulat Marocain en Australie pour le rapatrier ont été vaines. Malgré les nombreux contacts avec des membres du gouvernement il n'y a pas eu de réaction sérieuse de la part des autorités Marocaines.

25 septembre 2006

Mélange détonnant

Fatima Jenn, présidente du centre culturel du monde arabe
Fatima Jenn, 40 ans, née au Maroc, établie en Alsace, aime les mélanges. Elle s'engage, dans sa vie professionnelle et ses activités associatives, en faveur de la diversité, productrice de richesse et de paix sociale. Le communautarisme la fait hurler. Une personnalité étonnante et détonnante.

La maison alsacienne paraît quelque peu perdue dans un environnement essentiellement constitué de collectifs. Dans le salon, sous les poutres apparentes, une confortable banquette garnie de coussins brodés occupe trois murs. Le thé à la menthe est accompagné d'un assortiment de gâteaux - ah les divines cornes de gazelle ! - rapportées de Casablanca. Le mélange commence là, dans ce décor mi alsacien, mi marocain. Il se poursuit dans le patronyme de notre interlocutrice. Fatima, la Marocaine, a épousé un Alsacien. Son mari et le père de ses deux enfants de 17 et 12 ans, travaille à la SBB, les chemins de fer suisses, à Bâle.Fatima est née dans une famille « très conservatrice », propriétaire depuis des générations d'une exploitation agricole dans les environs de Casablanca. Son père, aujourd'hui âgé de 82 ans, était un militant, engagé dans la politique. Il a présidé pendant des années une organisation agricole et fut conseiller municipal et maire d'un village. La famille cependant réside en ville et c'est à Casablanca que Fatima poursuit ses études, en français, jusqu'au bac. Elle écrit alors à plusieurs universités françaises. Celle de Haute-Alsace accepte son inscription en physique-chimie, dans le droit fil de ses études secondaires.

Le commerce international avec un diplôme de physique-chimie

« Ce n'était pas la branche que je préférais, mais au Maroc, j'étais sur des rails. Impossible d'en sortir. Si j'avais eu le choix, j'aurais fait des études en commerce international », dit Fatima. Elle persévère néanmoins en physique-chimie, mais dès l'obtention de son diplôme, elle entreprend des formations en gestion d'entreprise et en informatique, au Gifop, l'organisme de formation de la CCI de Mulhouse, et par l'enseignement à distance. Fatima ne connaissait personne lorsqu'elle a débarqué à Mulhouse en 1983. Mais elle n'est pas du genre à rester longtemps isolée. Expansive et extravertie, elle constitue son réseau, ou plutôt ses réseaux puisqu'ils s'étendent de part et d'autre de la Méditerranée.Fatima Jenn crée avec six partenaires marocains la société « Espace formation découverte ' tourisme » dont le siège est à Casablanca et qu'elle dirige à partir de Mulhouse. EFDT propose des prestations de service économiques et culturelles à des entreprises françaises souhaitant se développer au Maroc. Elle travaille avec deux centres régionaux d'investissement au Maroc, créés récemment, et compte monter un guichet unique pour les investisseurs. « Mon ambition, dit-elle, est de faire venir, en sens inverse, des investisseurs marocains en Alsace ou du moins de provoquer des partenariats. » La dimension culturelle de sa société vise à faire découvrir un Maroc différent de celui des circuits touristiques traditionnels. « J'organise des voyages découverte pour des chefs d'entreprise, des associations, voire des particuliers qui veulent sortir des sentiers battus. J'aime donner du sens à ce que je fais. Mon but est d'aider deux mondes, deux cultures, à se rapprocher ».

On rencontre un pays en partageant la vie de ses habitants

Si les gens le souhaitent absolument, elle réserve des chambres au prestigieux Royal Mansour à Casablanca, mais elle préfère les emmener chez l'habitant. « On rencontre vraiment un pays lorsqu'on partage la vie quotidienne des gens et leurs traditions. Contrairement au tourisme de masse, ce tourisme là est non seulement culturel, mais aussi solidaire. Il pousse les hôtes à mettre en valeur leur habitat, en construisant du neuf ou en rénovant l'ancien, et contribue au développement de régions pauvres du Maroc. »Fatima a ainsi le sentiment de rendre aux deux régions auxquelles elle tient le plus un peu de ce qu'elles lui ont offert. « Je me sens redevable au Maroc qui m'a donné la vie, mais aussi à l'Alsace qui m'a accueillie et m'a permis de me développer. Elle n'a pas mauvaise conscience d'avoir quitté le Maroc - contrairement à ses quatre frères et soeurs restés au pays - pour une vie sans doute plus confortable en France. « Mon objectif, c'est d'apporter du positif aux deux régions. Être née au Maroc est une richesse dont je peux faire profiter mes concitoyens alsaciens. Lorsque j'accompagne une délégation alsacienne au Maroc, je me considère comme un pont entre les deux pays. » Fatima rêve de « réconciliation » entre deux cultures, deux tempéraments, deux personnalités. « Les Marocains sont un peuple tolérant, hospitalier malgré la pauvreté. Très croyant aussi. C'est bien, parce que leur foi les aide à supporter la misère. Mais par ailleurs, il ne font rien pour en sortir et attendent qu'Allah les aide. Les Français, eux, sont d'éternels râleurs. Ils ne se rendent pas compte qu'ils vivent dans le plus beau pays du monde. Ils connaissent actuellement quelques difficultés, dues à la mondialisation ? Et alors ? C'est difficile partout. Il faut s'adapter. »Fatima travaille, dit-elle, au « melange » des deux mentalités. La jeune chef d'entreprise mulhousienne serait heureuse de pouvoir enfoncer quelques coins dans le fatalisme marocain - ne serait-ce qu'en inculquant aux salariés quelques notions du temps - et dans les rigidités sociales françaises. « J'espère que mon action, positive, sera un jour contagieuse », dit-elle.

Il y a urgence à faire connaître le vrai visage du monde arabe

Pour permettre aux Mulhousiens de « rencontrer l'autre et de s'enrichir grâce à la découverte de pratiques et de regards différents », Fatima Jenn a créé en janvier 2002 le Centre culturel du monde arabe. Elle y songeait depuis longtemps. Le 11 septembre a accéléré le mouvement. « Il y avait urgence à faire connaître le vrai visage du monde arabe, loin du terrorisme et du fanatisme. »Le Centre, qui a suscité quelques réactions de suspicion au départ, s'est imposé par la qualité des expositions, débats, concerts organisés pour montrer les spécificités de chaque pays arabe, le Maroc, la Tunisie, la Syrie, l'Égypte. Le colloque sur la question migratoire dans les relations euro-maghrébines a réuni en novembre à Mulhouse entre autres Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale, et l'écrivain Tahar Ben Jelloun.

J'en veux aux immigrés qui retournent au pays en donnant l'impression de rouler sur l'or

Fatima a une opinion très nuancée sur l'immigration. « Je comprends que de nombreux Africains veuillent venir en France pour changer leur situation. Mais l'immigration doit respecter des règles, se faire dans l'humanisme, pas dans l'anarchie. J'en veux aux immigrés qui, avant de retourner au pays, s'achètent des belles voitures, des fringues, des cadeaux, des symboles de richesse qui donnent l'impression qu'ils roulent sur l'or en France. Les autres se disent, pourquoi pas moi ? Le co-développement des pays africains est une meilleure solution et j'essaie d'y contribuer à mon niveau en participant au Maroc au développement de régions qui engendrent l'immigration. » Musulmane mais pas pratiquante - « l'islam que je connais est modéré et libéral, une histoire entre Dieu et l'homme, personne n'a à s'en mêler » - Fatima estime qu'elle est la mieux placée pour dire un certain nombre de vérités et éviter à ses concitoyens de tomber dans le piège des extrêmes. « Je ne permettrai pas qu'on falsifie ma religion ou ma culture, mais je suis avant tout républicaine et contre toute forme de communautarisme. Les gens sont communautaristes par ignorance, par peur de l'autre. Si on veut une France multiculturelle, il faut commencer par recréer des quartiers mélangés. Mulhouse est riche de sa diversité, mais celle-ci n'est pas suffisamment exploitée. »


18 septembre 2006

Ce que veulent les jeunes marocains

Nadia Lamlili

A la demande du Haut commissariat au plan, un millier de jeunes bacheliers se sont projetés en 2030. Ils rêvent d'un Maroc édénique où règnent les nouvelles technologies, d'une Palestine libérée et d'une Amérique anéantie. Dans “le plus beau pays du monde”, les jeunes perpétuent les illusions de leurs pères.En 2030, nos jeunes rêvent d'un poste d'emploi supérieur, d'un Maroc high tech, branché Internet et ne souffrant d'aucun mal social. Les grandes tendances de l'enquête de prospective réalisée par le Haut commissariat au plan paraissent à priori très optimistes pour l'avenir d'une jeunesse à qui on attribue des tendances rétrogrades. Mais attention à ne pas s'emballer ! Le travail du HCP reste partiel dans le sens où il n'a pas consulté toutes les catégories de jeunes. L'échantillon a porté sur 1271 élèves en deuxième année du baccalauréat dans des lycées se trouvant dans les chefs-lieux de province, ce qui renvoie à leur catégorie sociale, plus ou moins favorisée. Les ruraux ne sont pas concernés. Sans eux, une grosse part de la vérité est absente. Les résultats de l'enquête du département de Lahlimi sont donc à prendre avec beaucoup de précautions. “Attention à ne pas faire trop de croisements au risque de déformer les projections ! C'est une enquête d'opinion. Chacun peut l'interpréter comme il veut”, tiennent à préciser les responsables de ce travail. Mais alors, si tout le monde peut faire son interprétation, à quoi sert une enquête ? Il est clair que le souci du HCP est beaucoup plus symbolique (voire même politique) pour montrer que malgré tout, nos jeunes sont confiants dans leur pays et rêvent d'un avenir meilleur. A la veille des élections et après deux grandes enquêtes sociologiques (celle diligentée par l'Economiste et celle sur les valeurs) ayant établi un retour inquiétant au conservatisme, le HCP cherche à véhiculer le message suivant : ces jeunes aiment leur pays ! Leur confiance se manifeste à travers trois questions-clés :
1- Quel métier exerceriez-vous en 2030 ?
Les réponses sont révélatrices. 73,9% des enquêtés se voient cadres supérieurs et 23,2% cadres moyens. Filles et garçons partagent cette aspiration sans distinction de sexe. Les jeunes ne rêvent plus uniquement de la fonction publique. Le point saillant de cette question, et c'est peut-être la vraie révélation, est l'intérêt croissant pour les nouveaux métiers dans le secteur privé. Les responsables de l'étude n'ont pas établi leurs statistiques par nature de métier (ce qui est fort dommage !), mais, à voir les réponses, il y a franchement un changement dans les schémas traditionnels. Avant, les jeunes rêvaient de devenir profs, médecins, pilotes… Actuellement, ils veulent devenir patrons de boîte de nuit, gérants de restaurant, entrepreneurs, psychiatres, ingénieurs dans le secteur de l'agro-industrie (appréciez la précision !), traducteurs, guides touristiques, femmes- flics, une panoplie de jobs new wave, tendance probablement liée au développement des mentalités et à l'essor économique des secteurs touristique et social. “Les métiers sont une histoire de représentations et d'idéaux. Avant, on idéalisait les métiers d'enseignant et de banquier, ensuite ceux d'ingénieur et de médecin, parce qu'ils étaient synonymes de stabilité sociale. Les nouvelles générations sont confrontées à de nouveaux idéaux, représentés par exemple par les cadres d'entreprise qui gagnent bien leur vie et qui savent le montrer”, analyse HichamTyal, psychiatre. L'attrait pour tel ou tel métier est lié, selon cette approche, au pouvoir de l'argent et de la réussite sociale, ce qui est plausible si on prend en considération le niveau de vie des interviewés : 85,8% de l'échantillon interrogé ont un père déjà cadre supérieur ou assimilé. Il est donc tout à fait normal que leurs rêves soient inspirés par leur contexte personnel. La tendance vers “les carrières brillantes” et “la recherche de l'argent” a d'ailleurs déjà été soulignée par l'enquête de l'Economiste.Fouad Abdelmoumni de l'association de micro-crédit Al Amana pense que cet intérêt pour les métiers supérieurs vient aussi du fait que les jeunes sont des bacheliers, ouverts aux perspectives d'avenir, contrairement aux universitaires par exemple qui sont beaucoup plus sceptiques quant à leur insertion dans le marché de l'emploi. “En plus, quand on leur propose une échéance qui tient de la calende grecque (ndlr : 2030), Il est tout à fait normal qu'ils pensent au meilleur, au rêve. Le chômage des cadres sera conçu comme une étape difficile, appelée à être dépassée”, explique Abdelmoumni.
2- Où voudriez-vous résider ?
À tort ou à raison, le HCP fait de la réponse à cette question une raison de fierté. 63,2% des enquêtés projettent de vivre au Maroc contre 38,5% à l'étranger. Bon, il est vrai que tout le monde s'attendait à une prééminence du quota de candidats à l'émigration, vu le débat mondial et la prolifération des réseaux de clandestins. Mais, il faut toujours garder à l'esprit la nature de l'échantillon de l'enquête : de futurs bacheliers ouverts sur l'avenir. Le rêve, encore le rêve ! “Ce n'est pas forcément l'amour du pays qui dicte cette réponse. On se rend compte, grâce notamment aux médias, que la vie en Europe devient de plus en plus difficile”, explique Tyal.Et malgré tout, un tiers d'entre eux veut aller vivre ailleurs, ce qui est loin d'être négligeable. A ce niveau, l'étude ne peut pas renseigner sur l'ampleur du phénomène car elle a concerné uniquement les bacheliers citadins. Or, d'après Khalil Jemmah de l'Association des familles de victimes de l'émigration clandestine, les catégories les plus vulnérables se trouvent dans les campagnes. “L'étude a exclu les candidats potentiels à l'émigration que sont les jeunes ayant abandonné l'école très tôt, les universitaires et les chômeurs diplômés”, argumente Jemmah. Ces trois catégories ont été établies à l'issue d'une enquête effectuée par l'AFVIC en 2001, où l'association a démontré la prédominance d'une psychologie de migrants qui se développe dès l'enfance. Le “tiers” candidat à l'émigration requiert toute son importance du fait qu'il souligne un état d'esprit réel. Il est intéressant à cet égard de souligner les formules stéréotypées dans lesquelles les interviewés ont exprimé leur envie de partir : Moukim Fi Addiar Al Faranssia (résidant en France). Rappelez-vous ! C'est cette expression en arabe qui est utilisée dans les campagnes de communication au profit des MRE. “La façon avec laquelle les institutions officielles communiquent sur le retour des MRE nous porte à chaque fois préjudice. On les présente comme des stars. Bercés par le rêve, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à vouloir partir coûte que coûte”, se désole l'AFVIC. Au risque de froisser le HCP, le défi sera encore plus important pour une jeunesse qui, malgré le durcissement migratoire, cherchera à partir par tous les moyens. “Il y a une contradiction flagrante entre cette recherche d'un avenir brillant et l' envie de partir avec tous les risques de l'exil”, remarque de son côté le professeur Driss Moussaoui, membre du collectif Modernité et démocratie.
3- Quels titres dans la presse ?
À elle toute seule, cette question est une mine d'informations pour les sociologues. Sans surprise, les jeunes perpétuent les préoccupations de leurs aînés : résolution du conflit du Sahara, libération de la Palestine, destruction de l'Etat d'Israël et cette envie très revancharde d'assister à la chute des Etats-Unis. Les titres imaginés soulignent encore une fois la radicalisation de nos jeunes et leur manque de créativité. Quand il s'agit de politique ou d'union arabe, ils réfléchissent comme des vieux. “C'est normal puisque ces problèmes ne s'arrangent pas, matraquage médiatique aidant. La question est la suivante : un Etat peut-il avancer sans éradiquer ces goulets ?”, s'interroge le psychiatre Tyal. Pour les experts du HCP, l'intérêt des jeunes pour l'union de l'UMA et des pays arabes traduit “leur intégration dans l'esprit de la mondialisation”. Trop forts ces experts ! Et pourquoi ne pas dire qu'ils subissent les séquelles du panarabisme hérité de leurs pères et perpétué par les médias du Golfe?Même pour l'actualité nationale, les jeunes restent prisonniers de leur contexte. 29,3% ont pensé à des titres liés au développement humain comme l'éradication de l'analphabétisme, du chômage et de l'habitat insalubre. Notez le mot “éradication”. A priori, les jeunes manifestent de l'intérêt aux questions sociales. Mais sans plus. “C'est une génération extrêmement pauvre intellectuellement . Savent-ils que l'éradication de l'analphabétisme est programmée pour bien avant 2030, pour 2010 ? Les jeunes transposent le matraquage des médias sans Ijtihad, sans intelligence”, se révolte Abdelmoumni. Même quand il leur arrive d'être créatifs, ils imaginent des solutions-miracles pour résoudre les problèmes du pays comme la découverte du pétrole ou l'intégration du Maroc dans l'Union européenne.Le même constat s'applique aux titres politiques choisis par 23,4% des interviewés. Ces titres ont été faits dans des formules soit stéréotypées: “Libération du Sahara”, “Fin du conflit entre le Maroc et l'Algérie” ; soit farfelues : “Invasion du Maroc par le Congo” ; ou encore surréalistes : “Le Maroc fabrique sa première bombe atomique”.Il n'en demeure pas moins que les jeunes connaissent les problèmes socio-économiques du Maroc et arrivent à les formuler clairement. Ce qui n'est pas le cas de l'actualité internationale, assez compliquée. On passe des titres-catastrophes comme l'assassinat de Bush, tsunami, peste, séisme aux Etats-Unis, à des titres “peace and love” comme la fin des guerres dans le monde et la destruction des armes nucléaires. Décidément, ils sont insaisissables ces jeunes !
Médias. Internet, le beau, le magnifique !
C’est peut-être le seul résultat incontestable de l'étude du HCP. À la question “Quel média consulteriez-vous en 2030 ?”, 71,4% des jeunes répondent “Internet”, contre 13,4% “la télévision”, 8,7% “un autre support à créer”, 5,6% le journal et 0,9% la radio. Ce changement pour les NTIC que tout le monde voit venir ne concerne pas uniquement le Maroc. “Et il n'a rien de surprenant”, lâche un futurologue. Savez-vous que les dernières statistiques de Maroc Telecom indiquent que le parc ADSL a réalisé une croissance de +141% par rapport à juin 2005 ? Au-delà de cette euphorie technologique, il y a une réalité sociale intéressante à relever : les jeunes sont conditionnés par leur contexte et ne font pas preuve d'imagination. “Ils ne lisent pas la presse maintenant, comment voulez-vous qu'ils la lisent demain ?”, s'indigne Abdelmoumni. Internet, c'est la liberté, l'interactivité, le manque de censure… Rien de nouveau dans cette préférence : les choix sont dictés par le matraquage publicitaire.

14 septembre 2006

الحركات الإسلامية المشاركة في المؤسسات السياسية في البلاد العربية وتركيا

- من مواليد قرية بني عمار زرهون, المغرب، بتاريخ 28-06-1974 - حاصل على الدكتوراه في القانون العام، تخصص العلاقات الدولية من جامعة محمد الخامس بالرباط - أستاذ باحث في كلية الحقوق، جامعة القاضي عياض - مراكش - اشتغل لعدة سنوات كأستاذ زائر بكلية الحقوق، جامعة المولى إسماعيل- مكناس - نشرت له مجموعة من الدراسات والمقالات في العديد من المجلات العربية المتخصصة (المستقبل العربي، شؤون عربية، التاريخ العربي، الوفاق العربي، القسطاس...) والجرائد العربية والمغربية (القدس العربي, الصباح, الأحداث المغربية, الاتحاد الاشتراكي، الطريق, البيضاوي, العلم، الأنوار، الصحيفة، الميثاق الوطني، دفاتر سياسية...). - أسهم بدراسة إلى جانب نخبة من الباحثين والمفكرين العرب ضمن كتاب صادر عن مركز دراسات الوحدة العربية ببيروت, سنة 2002, تحت عنوان : العرب والعالم بعد 11 أيلول / سبتمبر. - وكتاب مشترك آخر صادر عن نفس المركز سنة 2004 تحت عنوان: العولمة والنظام العالمي الجديد. له كتاب تحت عنوان: من غزو أفغانسات إلى احتلال العراق, التداعيات الدولية الكبرى لأحداث 11 شتنبر، صدر سنة 2005. - رئيس تحرير مجلة الدولية - عضو بمجموعة من مراكز الأبحاث العلمية وناشط جمعوي - شارك في عدة ندوات وطنية ودولية
عرفت المنطقة العربية في السنوات الأخيرة نقاشات فكرية وسياسية حادة ومكثفة بصدد علاقة بالدين والسياسة، تأرجحت في مجملها بين
اتجاه يرى بإمكانية الدمج بينهما واتجاه آخر يرفض هذه المزاوجة، فيما نجد مجموعة من الدساتير العربية تحذر من تأسيس أحزاب على أساس ديني.
وإذا كانت بعض الدول العربية قد فضلت التعايش مع الحركات الإسلامية؛ مما مكن هذه الأخيرة من الوصول إلى البرلمان وتقلد مناصب حكومية..، فإن دولا أخرى اختارت منطق التضييق والإقصاء في مواجهتها.
وإسهاما منه في رصد تجارب مختلف هذه الحركات- سواء تلك التي اعتمدت المشاركة كخيار لها وأتيحت لها الفرصة في ذلك، أو تلك التي أبدت الاستعداد وتبذل جهودا من أجل هذه المشاركة- ضمن المشهد السياسي والدستوري في المنطقة العربية وتركيا؛ بغية الوصول إلى فهم تصورها إزاء العمل السياسي؛ ومنظورها لمختلف الفاعلين واستخلاص بعض النتائج منها.. نظم مركز الدراسات الدستورية والسياسية بمراكش ندوة دولية في موضوع: الحركات الإسلامية المشاركة في المؤسسات السياسية في البلاد العربية وتركيا، وذلك يومي 16 و 17 يونيو/ حزيران 2006 عرفت مشاركة مجموعة من الباحثين من مختلف الأقطار العربية وتركيا.
الجلسة الأولى: تجربة دول المغرب العربي: ليبيا، تونس، الجزائر، المغرب
ترأس الجلسة د.عبد الإله بلقزيز(جامعة الحسن الثاني، الدار البيضاء، المغرب) الذي أشار في مستهل كلمته إلى أن أهمية موضوع الندوة تنبعث من حجم الأسئلة الكبرى التي تطرحها مشاركة هذه الحركات في المؤسسات السياسية، وما تخلفه من نتائج وتداعيات، وانعكاساتها على تشكيل المجال السياسي العربي، وما يصاحب ذلك من تساؤلات تثار بصدد حدود صدقية الخيار الديموقراطي الذي رست عليه حركات إسلامية عديدة في الدول العربية بعد مراوحات بين السياسة والعنف.
وعن التجربة الليبية في هذا الخصوص، وضمن مداخلة عنوانها: الحركات الإسلامية والسلطة في ليبيا، بين ماض مقبول وحاضر مرفوض. أكد د. مصطفى عمر التير(جامعة الفاتح - طرابلس) على أنه خلال القرن التاسع عشر، ظهرت حركة دينية مسلحة واجهت الاحتلال الأجنبي، وهي الحركة السنوسية التي تشبه الحركة المهدوية في السودان والحركة الوهابية في السعودية..، قبل أن تحقق انتشارا واسعا وتشكل قوة عسكرية مهمة في مواجهة كل من الاحتلالين الفرنسي والإيطالي.
وكانت ليبيا من بين الدول العربية التي حرم فيها عمل أحزاب الحركات الإسلامية الحديثة منذ عهد الملكية، علما أن برامج الإخوان المسلمين وصلت إلى ليبيا منذ سنوات الأربعينيات من القرن الماضي بفضل بعض الأشخاص الوافدين من مصر.
وعندما قامت ثورة القذافي في أواخر الستينيات من القرن المنصرم، تم رفع شعار: من تحزب خان، وعلى الرغم من ذلك، لم تتخذ الدولة إجراءات زجرية وعقابية ضد الإخوان المسلمين، بل عمل رجال الثورة على ألا يتولى هؤلاء مناصب حساسة تسمح لهم بنشر أفكارهم، قبل أن تمارس الدولة الطرد والعقاب في حقهم، بعدما أخذت هذه الحركات تتسرب من بلدان عربية أخرى وتنتظم في شكل جماعات صغيرة وخلايا سرية تحمل أسماء خارجية، ولعل هذا ما يفسر وجود أعضاء عديدين من تنظيمات إسلامية ليبية يقبعون في السجون: مجموعة الجهاد، التكفير والهجرة، الجماعة الإسلامية المقاتلة، التجمع وسرايا المقاتلين…
ويلاحظ أنه وعلى الرغم من تعزيز ليبيا لإجراءاتها الأمنية والسياسية لمواجهة هذه الحركات، إلا أن هذه الأخيرة تحاول من حين لآخر نشر أفكارها وتصوراتها في أوساط المجتمع الليبي.
وعلاقة بالتجربة المغربية، وفي محاولة منه لقراءة مسار حزب العدالة والتنمية، اعتبر ذ.عبد السلام الطويل (باحث من المغرب) أن هناك معيارين لقياس الأصول التاريخية للحزب، المعيار الأول: شكلي؛ ويربطها بحزب الحركة الشعبية باعتبار الحزب(العدالة والتنمية) استمرارا لها وذلك اعتمادا على تقارب المرجعيات.
والمعيار الثاني: موضوعي؛ يعتبر الحزب امتدادا لحركة الجماعة الإسلامية المنبثقة عن الشبيبة الإسلامية المتفككة، وبخاصة عقب تورطها في عدة اغتيالات وأعمال عنف وتفرعها إلى مجموعة من الاتجاهات والتيارات.
لقد كان هناك حوار متواصل مع دوائر السلطة منذ سنوات الثمانينيات انصب على مشاركة الحركة- التي أفضت إلى قيام الحزب- في الحياة السياسية، حيث قدمت عبر مجموعة من السلوكات والبيانات(كالتصويت بنعم خلال مجموعة من الاستفتاءات) مؤشرات تعطي انطباعا يوحي باعتدالها، كما حرصت على تقديم طلب لتأسيس حزب سياسي، فيما كانت السلطة تنتظر الوقت المناسب لكي تتبلور شروط هذه المشاركة، قبل أن يتحقق ذلك بشكل تدريجي ومدروس.
إن حزب العدالة والتنمية يقدم وظيفة جيدة للملكية تتجلى في خلق نوع من التوازن الذي يخدم استراتيجية الدولة مع أكبر حركة إسلامية خارج اللعبة السياسية: العدل ولإحسان التي لازالت تشتغل خارج قواعد اللعبة السياسية. وأمام وجود حركات مناوئة علمانية وإسلامية، يظل السؤال مطروحا: هل سيستمر الحزب في القيام بهذه الوظيفة؟ أم أنه سيتوجه نحو تأسيس تحالفات جديدة أخرى بعيدا عن مصالح الدولة؟
وبعد سنوات من دخوله معترك المشاركة في المؤسسة البرلمانية، أضحى حزب العدالة والتنمية يثير مجموعة من الملاحظات والتساؤلات: فهو لا زال يجمع بين النشاط الحزبي من جهة والعمل الحركي من جهة ثانية، وذلك بالمقارنة مع مكونات سياسية أخرى، كما أنه وفي ظل الأزمة التي يعيشها إعلامه المكتوب والتي لا تنسجم مع متطلبات العصر والمرحلة، يثار السؤال حول أية إمكانية ناجحة يمكن توقعها فيما يخص تحمله للمسؤوليات الحكومية في المستقبل؟
إن المغرب بلد إسلامي، والدستور المغربي يؤكد على ذلك، فبأي مبرر يستمر الحزب في تركيزه على المرجعية الإسلامية مادامت هذه مرجعية الدولة بأسرها.
وبغض النظر عن هذه الملاحظات، يظل حزب العدالة والتنمية من أكثر الأحزاب المغربية المؤهلة لإخراج المغرب من أزماته، والقيام بأدوار مهمة وطلائعية على مستوى تدبير الشأن الحكومي، وبخاصة إذا ما توافرت بعض الشروط، فهناك ديموقراطية داخلية حقيقية لا يمكن إنكارها، وترشيحات للبرلمان من داخل الإطار، وتناوب داخلي حقيقي وأداء جيد داخل البرلمان وحضور مستمر لجلساته…
وفي مقاربة أخرى ترتبط بنفس الحزب، انطلق د.محمد الطوزي (كلية الحقوق، جامعة الحسن الثاني، الدار البيضاء، المغرب) من طرح سؤال: ما هي شروط وظروف وملابسات مرور حزب العدالة والتنمية من حركة دعوية لها مرجعية نظرية، إلى حركة سياسية لها مقومات أخرى؟
إن المسار التاريخي يعطي بعض المفاتيح الكفيلة بفهم خصوصية الحركة الإسلامية في المغرب، فالفضاء المغربي له خصوصيات أتاحت إمكانية بروز حركة إسلامية قطرية، كانت علاقتها مع مثيلاتها في العالم العربي ضعيفة، وبخاصة وأن البلد عرف نوعا من النفور من المد الناصري في الستينيات من القرن الماضي، وذلك بالنظر لموقف جمال عبد الناصر من الصراع المغربي- الجزائري.. وهذا ما يفسر كون العلاقة بالإخوان - الذين جاؤوا للمغرب بمحافظ ناصرية - كانت جد ضعيفة، على الرغم من وجود مرجعية الإخوان كأفق معرفي وإيديولوجي لدى الحركة الإسلامية في المغرب.
عرف الحقل الديني المغربي حركات معتدلة كالإصلاح والتجديد مع وجود حركة شاذة هي العدل والإحسان التي توازي بين مرجعيتين: صوفية وإسلامية من حيث وتكوينها وتأطيرها وفكرها، وهي تعتمد على مرجعية إسلامية تقليدية محافظة على مستوى شرعنة الحكم.
وهناك مرتكزات عديدة اعتمدت عليها الحركة للمرور من حركة دعوية:
1- اختيار البراغماتية كمرجعية أساسية.
2 - القطيعة المبكرة مع أدبيات المحنة(سيد قطب).
ولعل هذا ما مكن من بروز فكر نقدي داخل الحركة نفسها؛ وهو ما تبلورمن خلال مجموعة من الكتابات.
جاءت المشاركة الأولية في بداية التسعينيات من خلال الحركة الديموقراطية الشعبية الدستورية من أجل طلب التميز، ويمكن القول أن هذا التدرج ساعد الحركة على تجاوز مجموعة من العراقيل.
وفيما يتعلق بمخلفات وعواقب المرور من حركة دعوية إلى حزب سياسي:
فعلى المستوى العقائدي: اضطرت الحركة إلى التخلي عن المهارات الدعوية والاعتراف بالازدواجية بين الحركة والحزب.
وعلى المستوى التنظيمي: تمت إعادة هيكلة الحزب، وأصبح للنخبة البرلمانية سلطة مهمة داخله؛ على عكس الدعاة المحليين الذين لم تعد لهم نفس القوة التأطيرية والتعبوية.
وحول تجربة حركة حماس الجزائرية، انطلق د.احميدة النيفر (جامعة الزيتونة - تونس) من مجموعة من الأسئلة التي اعتبرها أساسية من أجل فهم الحركة: لماذا هذا التخوف الشديد من الحركات الإسلامية في المشهد السياسي العربي؟ وهل هذا التخوف مبالغ فيه؟ أم أن هناك أسبابا موضوعية تبرر هذا الرعب؟
إن هناك مجموعة من المؤشرات التي تثير نوعا من الرعب إزاء هذه الحركات، من قبيل الإطلاقية التي تعبر عنها بصدد امتلاك الحقائق، وادعاء النقاوة الإيديولوجية بالإضافة إلى التداخل الهيكلي والتنظيمي بين صفتها كحركات للتنشئة والتأطير والتربية والدعوة وصفتها كحزب سياسي يبتغي إدارة الشأن العام.
تستمد حركة حماس الجزائرية مبررات معركتها من واجهتين: الأولى أجنبية خارجية، وبخاصة بعد انهيار المعسكر الشرقي وما تلاه من فرض الهيمنة الأمريكية، والثانية مرتبطة بمأزق داخلي، حيث تعتبر أن الإسلام هو الحل لجميع المشاكل السياسية والاقتصادية والاجتماعية التي تتخبط في البلاد.
وترفض الحركة - التي تحاول أن تعتمد خطابا إسلاميا عقلانيا- كل مظاهر العولمة، وإذا كانت في منطلقاتها إخوانية، فهي في العمق حركة جزائرية وليست مشرقية؛ كما أنها لا تأخذ بالشعارات العامة، حيث حرصت على الارتباط بالتراث الجزائري ومشاكل الجزائر. ومنذ بدايات ظهورها، اعتمدت في أساليبها على نصيحة أولي الأمر، والأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، فيما تلافت إطلاق أي مواقف تكفر الدولة.
وما بين سنتي 1978 و1988 حدثت تحولات كبيرة؛ وبرزت مجموعة من المشاكل الاجتماعية بالجزائر بعد وفاة الرئيس بومدين، وهنا أسهمت الحركة بشكل واضح في التضييق على خيار العنف بالشكل الذي انعكس على المصالحة الوطنية نظرا لعقليتها الوفاقية بين الإسلاميين والعلمانيين، وقد وافقت السلطات على مشاركتها السياسية على عكس بعض الدول العربية.
إن تقييم تجربة حماس في السلطة بعد الفترة الدموية التي شهدتها الجزائر في بداية التسعينيات، يبرز أن مشاركتها بدت وكأنها غاية في حد ذاتها – تأهيل كوادرها لتسيير دواليب الدولة-، كما أن الحركة لازالت تتأرجح بين كونها حزبا سياسيا حديثا وحركة شعبوية تحشد الناس تحت شعارات كبرى لأغراض انتخابية.
وضمن نفس السياق، وارتباطا بالتجربة الجزائرية أيضا، جاءت مداخلة د.عروس الزبير (جامعة الجزائر)، التي أشار في مستهلها إلى أن الجزائر عرفت بعد سنة 1989 تأسيس حوالي ستين (60) حزبا سبعة وخمسون (57) منها معتمد وخمسة (5) منها ذات توجهات إسلامية: حزب التجديد، الجزائر المعاصر، الجبهة الإسلامية للإنقاذ، حركة حماس وحركة النهضة اللتان سيتم التركيز عليهما.
إن أول حزب جزائري اعتمد المرجعية الإسلامية تأسس سنة 1947 وفقا للقوانين الفرنسية، - وهو أيضا أول حزب إسلامي ظهر في المنطقة العربية- وكان يعرف باسم حزب الوحدة، وهذا معطى مهم سيوفر أرضية لبلورة مواقف سياسية لكل من حزبي النهضة وحماس الذي يمثل الاتجاه العالمي لحركة الإخوان المسلمين وهما – للإشارة- بدأتا كحركتين جمعويتين.
فحركة النهضة دخلت النشاط السياسي ونهجت المعارضة الصريحة بعد توقيف الانتخابات واستقطابها لأعضاء من جبهة الإنقاذ من دون أن تشارك في الحكم، على عكس حركة حماس التي بدأت مشاركتها بطريقة غير شرعية سنة 1992 بعد توقيف المسار الانتخابي بدخولها المجلس الوطني الانتقالي وهو ما اعتبر- من قبل البعض - في حينه موقفا خطيرا.
دخلت حركة النهضة المجلس التشريعي بقوة في انتخابات 1997، لتنقسم بعد ذلك إلى تيار معتدل وآخر معارض.
أما حركة حماس التي تأسست سنة 1990 فقد كان هدفها الأول هو مواجهة خطر العنف في الجزائر، وبدورها شاركت في المؤسسات الدستورية، كما شاركت أيضا في تسيير شؤون الحكم، حيث شغلت وظائف حكومية، ولم تتح لها إمكانية تسيير بعض الحقائب الحكومية وبخاصة تلك المتعلقة منها بشؤون الثقافة والتربية والتعليم، الأمر الذي يعبر عن نوع من علاقة عدم الثقة مع النظام رغم أنها اعتمدت مواقف منسجمة إلى حد التماهي مع مواقف مؤسسة رئاسة الدولة.
ومن جانبه حاول د. اعلية العلاني (الجامعة التونسية) أن يرصد تجربة تونس في هذا الإطار من خلال التركيز على حركة النهضة التي كان لها دور كبير في منطقة المغرب العربي، وهي حركة وإن لم تكن تهدف إلى المشاركة السياسية؛ فقد كانت ترغب في أسلمة السلطة، حيث نهجت سبيل العمل السري، وفي سنة 1980 اكتشفها الأمن وطالبها بالعمل العلني.
اتخذت الحركة ضمن وسائلها المسجد كفضاء للتأطير ونشر أفكارها (معاداة الغرب، التهجم على اللائكية…) التي اعتبرت نقيضا لدولة الحداثة، وهكذا ستأتي محاكمات سنة 1981، مما سيدفع الحركة إلى الدخول في ردة الفعل وهو ما سينتج عنه أحداث كبرى أسهمت بقدر كبير في تقوية هذه الحركة، بالشكل الذي أضحت معه رقما أساسيا داخل تونس.
لم تكن حركة النهضة حركة تونسية المنشأ، فقد كان ولاؤها كبيرا للإخوان المسلمين في مصر، مما يفسر طبيعة أدبياتها التي كانت في مجملها إخوانية، كما أنها كانت توجه انتقادات للحركات الإصلاحية التي ظهرت في القرن التاسع عشر (19) وبخاصة تلك التي قادها كل من محمد عبده، الكواكبي والأفغاني… واتهمتها بأنها لا تمثل الإسلام الصحيح.
وعرفت الحركة في مسارها مخاضا بين المشاركة والمواجهة، علما أن المواجهة – التي كانت مسؤولة عنها في غالب الأحيان - كانت أكثر حضورا ضمن سلوكها (للإشارة فمنذ بداية التسعينيات وإلى حدود الآن، تعيش الحركة مرحلة المواجهة). وقد ارتكبت الحركة أخطاء كثيرة، وتبين في مرات عديدة أنها لا تتحكم في خطاباتها، ففي سنوات الثمانينيات وقعت الحركة في خطأ كبير حيث راهنت على الوصول للسلطة سلميا و إلا بالعنف.
وبعد سنة 1987 برز نظام جديد بتونس قبل بمبدأ مشاركة سياسية محدودة عبر عنها بمجموعة من المؤشرات: خلق مجلس الميثاق الوطني والمجلس الإسلامي الأعلى، وتنظيم الانتخابات البرلمانية لسنة 1989..
أمام هذه المعطيات برز نداء من داخل الحركة يدعو إلى ضرورة إعادة تقييم أدائها ومراجعة ذاتها في تعاملها مع السلطة ومع الجماهير. وهكذا تبلورت لديها مواقف جديدة بصدد قضايا ومواضيع حيوية عدة(مواقفها مثلا من: حقوق الإنسان، ومن الغرب، والتخلي عن المسجد كفضاء للتأطير والشحن..)، وفي خطوة شاذة منها دخلت الحركة في تحالفات جديدة مع اليسار الراديكالي ومع قوى وسطية.
وفي ظل هذه المراجعة لتكتيكها السياسي، يظل السؤال مطروحا حول إمكانية إعادة النظر في مرجعيتها النظرية؟ وبخاصة وأنها لازالت تقسم الناس بين مؤمنين وملحدين، ووجود تصريحات داخل الحركة تتحدث على أن هذه الأخيرة هي حركة ربانية. وهي المعطيات التي دفعت ببعض الباحثين إلى مطالبتها بضرورة توضيح مجموعة من مواقفها المبهمة قبل إقحامها في أية مشاركة سياسية.
الجلسة الثانية: التجربتان: السودانية والمصرية
تحفل كل من التجربتين السودانية والمصرية بمعطيات مهمة ضمن هذا السياق، وذلك بالنظر إلى تراكمهما التاريخي وانخراط هذه الحركات في مشاركة متباينة في أهدافها وأشكالها وأبعادها، بالشكل الذي يجعل منها مختبرا غنيا بالنسبة للباحثين والخبراء في هذا الشأن. وتضمنت هذه الجلسة التي ترأسها د.مصطفى عمر التير(جامعة الفاتح - طرابلس) ثلاث مداخلات غنية، ففي الموضوع الأول الذي حمل عنوان: الحركة الإسلامية السودانية والمشاركة السياسية؛ التي تلاها أحد الباحثين نيابة عن د. حيدر إبراهيم (مركز الدراسات السياسية- الخرطوم) أكد هذا الأخير على أن الحركة الإسلامية في السودان تختلف عن مثيلاتها في الدول العربية؛ لارتباطها بحركة التحرر في البلاد. فقد ظهرت منذ منتصف الأربعينيات من القرن المنصرم، ولم يتم اضطهادها كما هو الحال بالنسبة لمعظم الدول العربية، غير أنها اعتمدت بعد ذلك أسلوب الانقلاب كوسيلة من أجل الوصول إلى الحكم.
وبخصوص الحركة الإسلامية السودانية التي تزعمها الترابي فقد واجهت الشيوعيين ورفعت شعارات عديدة تمحورت حول المناداة باعتماد دستور إسلامي وبتطبيق الشريعة الإسلامية، مما أكسبها الكثير من المؤيدين، وبخاصة وقد كان شعار تطبيق الشريعة أكثر جاذبية من الاشتراكية، مما سيتيح لها فيما بعد إمكانية عقد تحالف مع النميري الذي طبق الشريعة الإسلامية، وهو ما اعتبرته الحركة في حينه إنجازا كبيرا وانتصارا لها، وقد منحت هذه الإمكانية سلطة دينية مطلقة مستبدة للنظام، حيث اعتبرت كل معارضة له بمثابة معارضة للشريعة الإسلامية ذاتها.
وبعيدا عن الشعارات والخطابات، كشفت الحركة عن موقفها الحقيقي من الديموقراطية بعد وصولها إلى الحكم؛ بحيث لم تستطع تكريس ممارسات ديموقراطية حقيقية ضمن سلوكها، لتكتفي بالدخول في جدل عقيم حول الشورى، وعجزت عن تطبيق الشورى والديموقراطية وهي على رأس السلطة، وتبنت الرؤية الأحادية ومنعت الاختلاف والتعدد، ووقعت في ارتباك بين خيارين: الانتماء للوطن أم للأمة، ولم تعلن بذلك موقفا واضحا تجاه الوطنية والقومية، غير أن سلوكها كان يعطي الانطباع بميلها للأمة الإسلامية.
وفيما يخص العلاقة مع غير المسلمين، فالحركة تؤمن بمقولة أهل الذمة وتسقط حقوق غير المسلمين وتقر بعدم التكافؤ في تقلد المناصب، على الرغم من وجود مواطنين سودانيين غير مسلمين، كما أنها كانت تعتبر الحرب في الجنوب السوداني جهادا (أي مؤمنين ضد كفار).
أما د. نبيل عبد الفتاح( باحث بمركز الدراسات السياسية والاستراتيجية، القاهرة) وفي سياق حديثه عن التجربة المصرية في هذا الصدد، حاول في مداخلته تقييم حصيلة الإخوان المسلمين في الانتخابات التشريعية المصرية الأخيرة (سنة 2005).
حيث لا حظ في البداية أن هناك توجها جديدا لدى الجماعة - التي اعتادت العمل في الدعوى وليس في السياسة - نحو تلافي البعد الانقلابي كنمط وخيار للوصول إلى السلطة.
لقد برز صراع تاريخي بين الإسلاميين والسلطة (رجال الثورة) أفرز معه محطات عديدة من الاضطراب والتوتر، وبخاصة وأن السلطة كانت تعتبر أن احتكار الدين من حقها فقط.
ومعلوم أنه في عهد السادات؛ اعتبرت الشريعة الإسلامية مصدرا رئيسيا للتشريع كسبيل لقطع الطريق على الإسلاميين. وأمام هذه التضييقات أجرت الحركة بدورها أجرت تحالفات مع عدة أحزاب، قبل أن يدخل أعضاؤها بشكل مستقل في الانتخابات البرلمانية (2000 و 2005) التي حصلوا فيها على نتائج مهمة.
وقد سمحت لهم السلطات المصرية بالمشاركة في هذه الانتخابات كمستقلين، لعدة اعتبارات:
1- تمييزهم عن بعض الحركات الراديكالية؛
2- فتح مجال للتهدئة معهم (الإخوان المسلمون) في انتظار الحسم مع الحركات الراديكالية الأخرى؛
3- فتح هذه الإمكانية(نمط من الدمج الجزئي) استجابة لضغوط داخلية وأخرى خارجية.
أما بخصوص أداء الإخوان داخل البرلمان، فقد تميز إجمالا بالطابع الديني الأخلاقي؛ الأمر الذي ميزهم عن حليفهم الوفد، ومعلوم أن معظم مواقفهم تركزت على بعض المسائل السياسية من قبيل: طرح مسألة استمرار فرض حالة الطوارئ، مع توجيه النقد لبعض أمور الفن والتركيز على قضايا دينية أخرى..
وخلال الانتخابات الأخيرة حصل الإخوان على حوالي عشرين (20) بالمائة من مقاعد البرلمان، مما أثار حفيظة وقلق البعض. ولقد جاء هذا الفوز في ظل ظروف محلية ودولية متميزة، فعلى المستوى الداخلي، تنامت المشاكل الاجتماعية والاقتصادية وتصاعد الحراك السياسي المطالب بالتغيير (مظاهرات حركة كفاية على سبيل المثال..)، فيما تزايدت الضغوطات الخارجية على مصر بصدد المطالبة بتبني إصلاحات ديموقراطية أكثر فاعلية.
وفي نفس سياق الحديث عن تجربة مصر، تندرج أيضا مداخلة د.حسام تمام (أستاذ باحث، القاهرة) المعنونة ب: مقاربة سوسيولوجية لتحولات الإخوان المسلمين ومواقفهم وممارساتهم السياسية.
وقد توخى الباحث من خلالها الكشف عن أن الحركة تعيش في السنوات الأخيرة تحولات سماتها:
1- الدخول في العمل السياسي والعمل العام.
2- صيرورة اللاوعي دون تنظير فكري مسبق.
3- وجود فجوة بين التنظير والممارسة.
من الناحية النظرية، لم يحدث أن توقفت الجماعة عن الحديث عن الخلافة الإسلامية، غير أنه في العشر سنوات الأخيرة تبين أن هناك غيابا لهذا المعطى في خطابها، وفي مقابل ذلك طغى فكر محلي عبرت عنه من خلال التركيز على دولة مصر عوض دولة إسلامية كبرى، كما أنه في الانتخابات الأخيرة لم يرفع هذا الشعار(الخلافة الإسلامية)، ومن جانب آخر، تم أيضا الحديث عن إمكانية قبول حزب مسيحي أو رئيس مسيحي منتخب، وهذه تصورات جريئة لا يستطيع حتى الحزب الحاكم طرحها وتعبر في مجملها عن تحول جوهري ملحوظ في المرجعية الفكرية للجماعة.
وفي نفس إطار هذا التحول، فالرؤية الإخوانية للعالم انتقلت من القطيعة إلى التعايش، فلم يعد هناك ترديد لمقولة مواجهة العالم، بل أضحى التركيز على التعايش أكثر منه على الصراع والصدام. وبذلك تلاشت من قاموس خطاباتها مفردات من قبيل: الحروب الصليبية، الشيوعية العالمية.. وأكدت في المقابل على مشروعية مجلس الأمن مثلا…
الجلسة الثالثة: تجارب: سوريا، لبنان، الأردن وفلسطين.
افتتحت هذه الجلسة التي ترأسها د. محمد خيري قيرباش أوغلو (جامعة أنقرة، تركيا) بورقة د.عدنان السيد(الجامعة اللبنانية) تناول من خلالها موضوع: الحركات الإسلامية والمشاركة السياسية في لبنان، حيث انطلق من ملاحظة أولية أشار فيها إلى أن لبنان يعرف تعددا طائفيا، الأمر الذي يتم التعبير عنه عادة بالديموقراطية التوافقية. ففي سنة 1943 تم تأسيس الجمهورية اللبنانية وتم توزيع الوظائف العامة للدولة بشكل طائفي على أساس من المساواة والعدل، وهذا أمر خطير بقي حاضرا حتى بعد انتهاء الحرب الأهلية (1989). وقد فشل الإعلام بدوره في تثبيت فكرة المواطنة. فأين هي الحركات الإسلامية من كل هذه المعطيات؟
في سنوات الخمسينيات من القرن المنصرم كان نشاط الحركات الإسلامية التي اتخذت شكل جمعيات يقتصر على الثقافة والفن والرياضة، قبل أن يتعزز تواجدها ونفوذها في الحقل السياسي، وهناك ثلاثة أسباب رئيسية عززت هذا النفوذ في لبنان(كما في باقي الدول العربية الأخرى أيضا):
1- هزيمة سنة 1967؛
2- الحرب الأهلية اللبنانية(1975- 1989)؛
3- انتصار الثورة الإيرانية سنة 1979 (وهذا سبب أساسي).
وقد بدأت هذه الحركات في السنوات الأخيرة تشارك في المؤسستين: التشريعية والتنفيذية(الحكومية)، ونذكر هنا حركتان أساسيتان شاركتا في الحياة التشريعية (1992- 2000 و 2000- 2002 ): حزب الله الذي يحتضن في صفوفه مسلمين شيعة ويتبنى المقاومة ضد الاحتلال الإسرائيلي، والجماعة الإسلامية التي تكونت- في البداية- كجمعية رياضية في الستينيات وكانت لها علاقة مع تيار الإخوان المسلمين.
وإذا كان حزب الله الذي حظي بحلفاء في البرلمان مع نواب سنة ومسيحيين على حد سواء، هو أكثر انتشارا من الجماعة الإسلامية على المستوى الجغرافي، فإن هناك مجموعة من أوجه التشابه ونقط الالتقاء تجمع بين التنظيمين: فما بين سنة 1985 وسنة 1988 كانت هناك مقاومة مشتركة بينهما في الجنوب اللبناني، وناديا معا بإلغاء الطائفية السياسية(مع العلم أنهما معا يكرسانها من خلال التمييز بين السنة والشيعة)، وعبرا غير ما مرة في خطاباتهما عن رفض العلمانية، كما يشتركان أيضا في المطالبة بالعدالة الاجتماعية (مواجهة الفقر..مثلا)، ويتمركزان معا في المؤسسات الجامعية، ولهما تأثير كبير داخل مختلف النقابات المهنية ..
أما بخصوص أدائهما السياسي، ففي بداية ظهورهما جربا معا طرح فكرة الدولة الإسلامية، قبل أن يعدلا عنها، وتجاوزا فكرة الإسلام هو الحل إلى صياغة برنامج سياسي محدد المعالم.
وخلال السنوات القليلة الأخيرة، تبين أن ثمة معاناة وتضييقات يعيشها التنظيمان معا في سياق ما يعرف بالحملة الأمريكية لمكافحة الإرهاب “الدولي”، وبخاصة بعد أحداث 11 شتنبر واغتيال الحريري.
فبعد أحداث 11 شتنبر أضحى حزب الله في موقع الدفاع عن نفسه فكريا وثقافيا في مواجهة الاتهامات الموجهة إليه بصدد الانتماء للائحة الحركات الإرهابية بفعل علاقته مع المنظمات الفلسطينية ومقاومته للاحتلال الإسرائيلي في الجنوب اللبناني، فيما عرفت الجماعة الإسلامية تراجعا، وانكفأت على نفسها في ظل هذه العوامل والمعطيات.
ويظل حزب الله هو الحزب الأول في لبنان على مستوى أداء الخدمات السياسية والاجتماعية على الرغم من عمره القصير مقارنة مع قوى لبنانية أخرى، كما أنه تمكن في السنوات الأخيرة من المشاركة في الحكومة كتجربة فريدة في لبنان حيث رفع تحديا لمكافحة الفساد.
وعلى العموم، يمكن القول أن هناك اقتراب من فهم الدولة عند الحركات الإسلامية اللبنانية، في حين نجد غيابا لمفهوم المواطنة كما هو الشأن في معظم البلدان العربية.
وعبر مداخلته المعنونة ب: تحولات الإخوان المسلمين في سوريا والمشاركة في الحراك الاجتماعي المعارض، حاول د.عمر كوش (باحث من سوريا) أن يرصد تجربة الحركات الإسلامية في سوريا، حيث أوضح في بداية هذه المداخلة أن النظام السوري حرص على طرد كل القوى الحية منذ بداية السبعينيات من القرن المنصرم، نتيجة لمقولة الحزب الواحد والفكر الواحد، بالشكل الذي انتفى معه العمل السياسي، وفي ضوء هذه الشروط، يظل السؤال المطروح هو: كيف يمكن للقوى الإسلامية وهي غير موجودة أصلا في سوريا منذ حوالي أربعين سنة أن تشارك في المؤسسات السياسية والدستورية في ظل نظام الحزب الواحد، وفي ظل حالة الطوارئ المفروضة منذ سنوات الستينيات من القرن الماضي؟
بدأت مشاركة الإسلاميين في الحكم بسوريا منذ سنوات الأربعينيات من القرن المنصرم، ففي سنة 1947 شارك هؤلاء في الانتخابات التشريعية، غير أنه مع مجيء الحزب الواحد ألغيت التعددية، فاعتبر حزب البعث بحسب الدستور السوري قائدا للدولة والمجتمع، مما أثر سلبا على مستوى دور المجتمع المدني وحرية الرأي وحقوق الإنسان…
نتيجة لهذه الظروف، وبعد مواجهة مع النظام السوري، انكفأ الإخوان المسلمون على أنفسهم وتشتتوا في مختلف العواصم الأوربية وبخاصة ببريطانيا وألمانيا، قبل أن يحاولوا بعد ذلك الانفتاح على السلطة؛ غير أنهم لم ينجحوا في كسب تجاوبها وعطفها.
ومع انهيار المعسكر الشرقي، انتعشت المعارضة السورية التي اعتقدت أن الأمور ستتغير باتجاه إصلاح الأوضاع بسوريا نحو الديموقراطية، غير أن الأمور ظلت على حالها.
وأمام هذه المتغيرات الدولية – انهيار المعسكر الشرقي-، حاول الإخوان المسلمون صياغة مجموعة من المطالب المرنة (التي اعتبرت ديموقراطية، لبيرالية، إسلامية..)، بحيث لم يشترطوا قيام الدولة الإسلامية، وأقروا بحق الاختلاف.. وفي الآونة الأخيرة التحق هؤلاء بمختلف فعاليات المعارضة السورية من أجل الضغط على النظام السوري في ظل تزايد المشاكل الداخلية وتنامي الضغوط الإصلاحية الخارجية.
وتظل المشاركة السياسية والممارسة هي الكفيلة بكشف صدقية أو عدم صدقية هذه التوجهات الجديدة التي عبر عنها الإسلاميون في هذا البلد العربي.
أما فيما يخص التجربة الأردنية فقد نبه د.خالد سليمان (الجامعة الأردنية) في مداخلته أن اغتيال زعيم القاعدة في العراق الأردني الأصل (أبو مصعب الزرقاوي) أثر بشكل ملحوظ في مسار مشاركة الإسلاميين في الحياة السياسية الأردنية(وبخاصة بعد حدوث اعتقالات وتضييقات واسعة في صفوف أعضاء إسلاميين في البرلمان، إثر زيارة قام بها البعض منهم لبيت عزاء الزرقاوي في الأردن..). الأمر الذي يعطي انطباعا لدى البعض بإمكانية استثمار النظام الأردني لهذه الأحداث من أجل الإطاحة بالحركة الإسلامية أوتحجيم أدوارها.
قامت حركة الإخوان المسلمين في الأردن كجمعية خيرية سنة 1946 وتبنت بعض مقولات وشعارات الحركة الأم في مصر، وشاركت في انتخابات 1956 و1963، وتأرجحت مواقف السلطات التنفيذية إزاءها بين القبول والموافقة تارة والرفض والتضييق في حالات كثيرة، مع العلم أن هذه الحركة نسجت في بدايات ظهورها الأولى علاقات طيبة مع القصر(على عهد عبد الله الأول) واستمرت على هذا التوافق، قبل أن تتدهور العلاقة سنة 1994 مع توقيع اتفاقية وادي عربة مع إسرائيل، حيث رفضت الحركة التطبيع مع إسرائيل واعترضت على الانسجام القائم بين مواقف النظام الأردني ومواقف الولايات المتحدة وإسرائيل إزاء مختلف القضايا الحيوية دوليا، عربيا وإسلاميا (نذكر على سبيل المثال، قضايا: العراق، فلسطين، أفغانستان، مكافحة الإرهاب..).
وفي بداية التسعينيات من القرن المنصرم شارك الإسلاميون في الحكومة الأردنية بحقائب وزارية غير مهمة لحوالي خمسة أشهر.. ومع ذلك تظل هناك مجموعة من المعوقات التي تحول دون تمكينهم من المشاركة بصفة فعالة في السلطة، فعلى الرغم من أن الحركة – وبناء على دراسات أجراها الباحث نفسه- تعتمد ديموقراطية داخلية مذهلة، وتتبنى خطابا متطورا ومرنا بصدد العديد من القضايا والأمور، إلا أن السلطة لا زالت تتعامل معها بنوع من الشك وعدم الثقة بفعل تزايد الضغوط الأمريكية عليها وبخاصة في ظل ما يسمى بالحملات المرتبطة بمكافحة الإرهاب والتطرف، فالحركة من وجهة نظر النظام الأردني لا زالت بحاجة إلى مزيد من التغيير والمرونة حتى تصبح مقبولة لديها.
وارتباطا بالتجربة الفلسطينية في علاقتها بحركة حماس وضمن مداخلة تلاها أحد الباحثين نيابة عن د.إبراهيم أبراش (جامعة الأزهر، غزة)، جاء فيها أن دخول حركة حماس إلى الانتخابات التشريعية الفلسطينية الأخيرة أحدث تحولا عميقا في النظام السياسي الفلسطيني وطرح مجموعة من التحديات؛ إذ أن هناك مجموعة من التساؤلات التي تطرح بصدد قدرة هذه الحركة في الدفع بتغيير النظام السياسي الفلسطيني؛ وبخاصة في ظل التحديات التي أضحى يفرضها الداخل الفلسطيني والمحيط الخارجي.
إن كونية المبادئ الديموقراطية لا تمنع من وجود خصوصيات محلية يقرها الجميع، ومن هذا المنطق فالديموقراطية في فلسطين تطرح مسألة التوفيق بين شرعيات متناقضة: شرعية منظمة التحرير وشرعية حماس.
والحالة الفلسطينية هي حالة خاصة في الأقطار العربية وتتطلب الأخذ بعين الاعتبار كون فلسطين ليست دولة مستقلة بالمفهوم المتداول والمعروف(غياب سيادة)، مع وجودها تحت الاحتلال، وكون الشعب الفلسطيني يمر بحركة تحرر تؤجل معها الممارسة الديموقراطية باعتبارالمقاومة أولوية ملحة.
لقد ظهرت حركة حماس خارج منظمة فتح، ورفضت الاتفاقيات المبرمة ودعت إلى مقاومة الاحتلال. كما حاولت هذه الحركة التي تعتبر نفسها امتدادا للإخوان المسلمين، أن تتكيف مع مواقف الحركة الأم من جهة ومع الضغوط الدولية من جهة ثانية، قبل أن توافق على دخول الانتخابات التشريعية وتحمل مسؤولية تدبير الشأن العام الفلسطيني.
وإذا كان الفلسطينيون قد راهنوا على هذه الانتخابات باعتبارها مدخلا لترتيب البيت الداخلي الفلسطيني، وتحقيق الوحدة والمصالحة الوطنيتين، فإن إسرائيل والولايات المتحدة كانتا تتوخيان منها إلهاء الفلسطينيين بالتنافس الانتخابي وضمان دخول حماس للحكم..
وتظل هناك مجموعة من التحديات والمعيقات التي تواجه مشاركة حماس في المؤسسات السياسية: فالاختلاف والتباعد في المواقف بين بينها بين حركة فتح لازال قائما، كما يظل السؤال مطروحا حول: كيف يمكن لهذه الحركة أن تدير الحكومة انطلاقا من مواقفها المرتبطة بالمقاومة وعدم الاعتراف بالكيان الإسرائيلي والضغوط الدولية المتزايدة عليها؟
الجلسة الرابعة: التجربة التركية
راكم إسلاميو تركيا حصيلة مهمة على مستوى المشاركة في المؤسسات السياسية، وتنطوي هذه التجارب على أهمية كبرى، وذلك بالنظر إلى اشتغال الحركات الإسلامية التركية في ظروف وشروط صعبة يفرضها النظام العلماني داخليا والمحيط الإقليمي(أوربا) الذي يتطير من كل حركة إسلامية. وضمن هذا السياق تركزت المداخلات التي حملتها الجلسة التي ترأسها د.عدنان السيد(الجامعة اللبنانية).
فمن جهته حاول د. محمد خيري قيرباش أوغلو (جامعة أنقرة، تركيا) تقييم حصيلة حزب العدالة والتنمية بتركيا، مذكرا في بداية مداخلته - التي حملت مجموعة من الانتقادات التي اعتبرها بناءة - من فكرتين أساسيتين، الأولى: أن الحركات الإسلامية التركية عموما هي ردة فعل على النظام القائم الذي حاول خلق شعب معاصر وتقدمي بناء على اعتبارات علمانية لا على أساس هوية إسلامية، والثانية: أن الهامش المتاح للأحزاب السياسية في مجال صناعة القرار السياسي داخل الدولة ضعيف جدا؛ وذلك بالمقارنة مع مؤسسات سياسية ودستورية أخرى.
لم يسبق للحركة التي حصلت على نسبة مهمة من مقاعد البرلمان في انتخابات سنة 1997 أن ادعت بأنها حزب سياسي ولم تطالب قط بقيام دولة إسلامية، كما أنها تبنت هوية إسلامية محافظة.
وعلى امتداد أكثر من ثلاثين (30) سنة على ظهور هذه الحركة، وعلى الرغم من انتقاداتها المتواصلة للنظام التركي، إلا أنها لم تستعمل أي شكل من أشكال العنف في مواجهته من أجل الوصول إلى السلطة، كما أنها لم ترفض النظام العلماني ولم تقترح دستورا جديدا..
ومن خلال رصد تطور مسارها التاريخي، يتبين أنها تعتمد على الخطاب والمظاهر أكثر منهما على العمل، فخطابها السياسي الداخلي يوحي برغبتها في إعادة بناء الدولة عل أساس الفكر الوطني، غير أن الواقع يبرز بأنها يوتوبية وغير علمية، كما لم تبد حماسا تجاه فعاليات المجتمع المدني (اعتمادها على السياسة الاقتصادية الحكومية وتهميشها في المقابل لفعاليات المجتمع المدني)، ولم تلتفت لأهمية وسائل الإعلام.. وعلى مستوى آخر، لم تتمكن الحركة من تحليل الأوضاع المجتمعية سياسيا ودستوريا، وكذا بالنسبة للقضايا الخارجية الحيوية، ولم تدرك أهمية إعادة النظر في مرجعياتها وتجديد فكرها، فهي ظلت في منأى عن الانفتاح على مختلف الدراسات التي تجسد الفكر الإسلامي المعاصر.
وعلى مستوى تدبير الشؤون الداخلية للحركة، يلاحظ غياب الشورى والممارسة الديموقراطية، أما نظرتها للمرأة فيغلب عليها طابع الاستعلاء، بحيث لا تتاح لها إمكانية تقلد منصب في الحزب أو الحكم.
وبخصوص الموقف من القضية الفلسطينية، فيبدو أن هناك نوعا من التناقض والاضطراب، فما تحمله شعاراتها بصدد دعم القضية الفلسطينية؛ يقابله في نفس الوقت تأييد للسياسة الأمريكية بخصوص مشروع الشرق الأوسط الكبير.. والإقبال على نسج علاقات في مختلف المجالات والميادين مع الكيان الإسرائيلي.
ونظرا لوجود حالات من التوتر في علاقتها مع السلطة التي مارست ضغوطا كبرى في مواجهتها، فإن الحركة لا تزال في موضع الشك والارتياب من حيث ولائها للنظام والمؤسسات.
لقد كانت تجربة الحركة بزعامة أربكان ناجحة على المستوى الاقتصادي وفي مجال محاربة الرشوة مقارنة مع فترة أردوغان. ومع تجربة حزب السعادة تبين أن هناك مجموعة من الانحرافات على المستوى الاقتصادي والاجتماعي والديني، بالشكل الذي أسهم في تراجع الحركة، وفي المقابل حققت هذه الأخيرة نجاحا كبيرا على مستوى تسيير الجماعات المحلية.
أما د.محمد العادل (مركز الدراسات الاستراتيجية، أنقرة – تركيا) وفي سياق رصده للتجربة التركية ضمن تصور آخر، لاحظ أن هناك خصوصية تميز الحركة الإسلامية في تركيا، فواقع هذه الأخيرة لم يأت صدفة، بل هو نتاج تضحيات أجداد هذه الحركة منذ 1920، فقد كانت هناك حركات منذ فترات تاريخية مبكرة ولكن تمت إبادتها وقتل شيوخها في بداية الثورة الكمالية. مع العلم أن هذه الحركات كانت مستقلة، ولم تتأثر بالتيارات الإخوانية الخارجية، فهي بذلك تيارات تركية أصيلة، ونذكر من بينها: الحركة النقشبندية التي هي حركة عريقة ثم الحركة النورسية(نسبة لسعيد النورسي)…
أما فيما يخص علاقة هذه الحركات بالنظام العلماني، فلم يكن للثورة الكمالية عداء نحو التدين بقدر ما كان عداؤها ينصب على ربط الدين بالسياسة، وأكثر من ذلك، فقد كان لهذا النظام الفضل الكبير في تهييء الأجواء الديموقراطية التي تسمح لهذه الحركات بالعمل شريطة عدم تهديد بنيان نظام الدولة. وفي المقابل، لم تدع هذه الحركات إلى تطبيق الشريعة الإسلامية واكتفت بالدعوة إلى أسلمة المجتمع.
أما مشاركة هذه الحركات في المؤسسات السياسية فلم تتخذ الطابع المباشر دائما، بل كانت هناك أحزاب تتفاوض مع الطرق والحركات لدعمها، الأمر الذي سمح بوجود أفراد من هذه الحركات منذ سنوات الخمسينيات من القرن المنصرم بالبرلمان، هذا بالإضافة إلى ترشيح أعضاء بصفة مستقلة.
إن هذه مجمل هذه الخصوصيات تنطوي على أهمية كبرى، لأنها تساعد على فهم تركيبة الإسلاميين في تركيا.
وهناك مراحل تاريخية تجسد تطور الحركات الإسلامية في تركيا ينبغي استحضارها: فمرحلة حكم أتارتورك 1920- 1938 ومرحلة 1938 – 1950 عرفتا بروز مجموعة من الأحزاب، كما تميزتا أيضا بمواجهة بين الحركات الإسلامية والتيارات القومية وغلب فيهما طابع الحزب الواحد على المشهد السياسي. وعرفت الفترة الممتدة ما بين سنتي 1950 و1960 العودة بالآذان إلى اللغة العربية وإعادة الاعتبار للتعليم الديني، وخلال مرحلة 1965- 1980 ظهر حزب النظام الوطني (نجم الدين أربكان) وهو خليط من الإسلاميين المتأثرين بحركة الإخوان وجماعة النور وجماعة النقشبندية، كنتاج لبروز ثقافة التحالفات في ممارسة هذه الحركات. أما مرحلة 1983-1993 التي عرفت بفترة توركت أوزال الذهبية، فقد شهدت تأسيس حزب الوطن الأم الذي حصل على أغلبية مقاعد البرلمان وأسهم بشكل كبير في إعادة الاعتبار إلى التعليم الديني. وخلال هذه الفترة تنبهت الحركة لأهمية الاقتصاد وتحولت إلى قوة اقتصادية، حيث ظهرت شركات مهمة تابعة للإسلاميين، مما منح الإسلاميين طابع الاستقرار.
لقد استفاد حزب العدالة والتنمية (الذي لا يصنف في تركيا كحزب إسلامي) من المراحل التي مرت بها الحركة الإسلامية تاريخيا ومن أخطاء حكومة حزب الرفاه ومن الأجواء الديموقراطية المتاحة في تركيا، مما سمح له بالنمو والتطور.
وتحت عنوان: الإسلام والحداثة السياسية في التجربة التركية من خلال تجربة حزب العدالة والتنمية، قدم د.عبد الله تركماني (الجامعة التونسية) مداخلة قيمة؛ اعتبر فيها أن الحزب(العدالة والتنمية) يشكل نموذجا يستحق التأمل في العالم العربي، وبخاصة من قبل تلك الأحزاب التي تبحث عن المزاوجة بين الإسلام والحداثة.
فهذا النموذج يقدم مثالا حيا حول إمكانية الجمع بين الإسلام والحداثة، ويرد على كل من يرفض أو ينكر هذه الإمكانية وبقدرتها على تدبير الشؤون الداخلية أو الخارجية.
إن نقطة الضعف في تجربة هذا الحزب كانت هي المؤسسة العسكرية، فكيف نفسر صعود نجم هذا الحزب رغم الإكراهات التي كانت تفرضها هذه المؤسسة؟
إن أسباب هذا الصعود متعددة وتتنوع بين عوامل مباشرة وأخرى غير مباشرة:
فقد وصل الشعب التركي إلى مرحلة كشف فيها “ضلال” النخبة العلمانية، وتزامن صعود حزب العدالة والتنمية مع تنامي توحش العولمة وانخراط الشعب التركي في البحث عن ثقافته وهويته التي يشكل الإسلام جزءا مهما منها، وبخاصة وأن العلمنة التركية ومنذ سنة 1923 لم تأت في سياق جدل داخلي ولكنها عبارة عن “قشرة” ألصقت بالمجتمع التركي بعدما مورس العنف لفرضها.
ومن جانبه استطاع حزب العدالة والتنمية أن يوظف مختلف التحولات السياسية والاجتماعية في تصوراته وبرامجه، فهناك انتقاد ذاتي داخل الحركة، ونزوح عن الكارزمية والزعامات، والإيمان بالعمل الجماعي، مع الاهتمام بالشؤون الاقتصادية والاجتماعية والابتعاد عن المماحكات(كتلك المرتبطة بمشكل الحجاب..) والتأكيد على عدم تهديد النظام العلماني والقبول بإمكانية الانضمام للاتحاد الأوربي.
وداخل هذه التحولات عبر الحزب (العدالة والتنمية) الذي لا يدعو إلى تبني دستور إسلامي؛ على أن هويته علمانية مؤمنة، تتمحور بالأساس حول احترام حرية كل شخص.
إن أهم الدروس التي يمكن استخلاصها من هذه التجربة في الفضاء التركي تتلخص في كون النظام الديموقراطي السلمي هو القادر وحده على إحداث التغيير، فيما يظل الاعتقاد بامتلاك الحقيقة أمرا سلبيا وعائقا ضد كل حراك ديموقراطي.
ولعل هذه التجربة الناجحة تقدم للعرب درسا قوامه: ضرورة توفير فضاء ديموقراطي كفيل بخلق مناخ سياسي يتيح تنافسا سلميا بين مختلف الفاعلين بتوجهاتهم المتباينة.
الجلسة الختامية: خلاصات وتوصيات
توجت الندوة بتقرير ختامي قدمه د.امحمد مالكي (مدير مركز الدراسات الدستورية والسياسية، مراكش) تضمن مجموعة من الخلاصات والتوصيات التي تمحضت عنها أشغال هذه الندوة.
لقد مكنت هذه الأخيرة من الاطلاع على العديد من التجارب المرتبطة بمشاركة القوى والحركات الإسلامية في المؤسسات الدستورية بمختلف الأقطار العربية وتركيا والكلفة السياسية لذلك..، كما أتاحت إمكانية طرح أسئلة عميقة ترتبط بعلاقة الدين بالسياسة، والانتقال من الخطاب الدعوي إلى الممارسة السياسية، ومدى حقيقة التخوف من مشاركة الحركات الإسلامية في الحياة والمؤسسات السياسيتين، وعلاقة هذه الحركات مع القوى والأحزاب السياسية الأخرى، بالإضافة إلى حقيقة الازدواجية في خطاب الحركات الإسلامية (أي الظاهر منها والخفي)، والتكتيك والاستراتيجية في خطاباتها وممارساتها، وإشكالية الوضوح النظري والفكري لديها من قضايا مهمة: الديموقراطية، المواطنة، المشاركة، المحيط الدولي، الاقتصاد.. مع الوقوف على التجربة التركية وما يحيط بها من إشكالات.
وعلى مستوى التوصيات التي خلصت إليها الندوة، فقد تركزت في ضرورة تبيئة هذه الحركات وتهيئتها للدخول في غمار تجربة ديموقراطية كباقي الفاعلين، مع الإشارة إلى ضرورة تخلي بعضها عن أسلوب التكفير والإلغاء والإقصاء في مواجهة مخالفيها في الرأي، واعتماد تجديد الفكر الإسلامي، وبخاصة وأن الفقه الإسلامي هو جد ضعيف مقارنة مع حجم المشاركة السياسية، وكذا الانفتاح على كتابات بعض الإصلاحيين التاريخيين.
وعموما، يمكن القول أنه وعلى الرغم من وجود نوع من الإيمان والإقرار بالأسس الديموقراطية من قبل بعض القوى الإسلامية، يظل استيعاب تحديات المحيط الدولي وبلورة تصور واضح ومحدد حول الإسلام، أحد أكبر المشاكل التي تواجه هذه الحركات.
::. د.إدريس لكريني (أستاذ باحث، كلية الحقوق، مراكش)مراكش: 16 و 17 يونيو/ حزيران 2006